INTRODUCTION VIT
Paris repassa un jour à Kehl, et il voulut revoir cette plantation qui lui rapp-lait tant de souvenirs. Quel bonheur ! L'œuvre de son enfance avait été féconde, et la terre de France avait si bien nourri son jeune plant qu’il était devenu un bel arbre chargé de fruits. *
Monseigneur le comte de Paris a dû éprouver un bonheur du même genre en visitant notre pays.
Le Canada est aussi un plant de France, jeté sur une terre restée bien française, et qui, bien faible à son origine, est devenu un bel arbre déjà chargé de fruits ; et le comte de Paris a pu dire en l’admirant: “ce sont mes pères qui ont fait cette planta-
* Cette anecdote est racontée par M. le marquis de Flers dans son beau livre intitulé : Le comte de Paris”. C’est dans le même ouvrage que nous avons puisé tous les principaux éléments de notre travail.
VIIT INTRODUCTION
tion, et je suis heureux de voir combien leur œuvre a été féconde. Le premier nom français qui fut écrit sur cette'terre d'Amérique fut celui d'un de mes aïeux les plus illustres, François I ; inscrit sur une croix de bois il'y a plus de trois siècles, je le retrouve gravé dans une croix de
fer.
‘ La première ville fondée sur les rives du St-Laurent l’a été par mon glorieux ancêtre, Henri IV, et j'y reconnais l'empreinte de sa main puissante et créatrice. ”
Et, poursuivant ainsi la visite de nos monuments et de nos endroits historiques, le comte de Paris lisait les pages les plus belles et les moins connues de l'histoire de sa famille, et il admirait les développements et la stabilité de l’œuvre de ses pères.
En conversant avec les vivants il