XLII INTRODUCTION
ils seront vos témoins, ils attesteront à la postérité que la France, à l’heure qu'il est, n’est pas maitresse et sûre d'elle-même .... que la Répub ique a peur, et que la lutte, qui dure depuis cent ans entre la révolution du droit qui est 1789,et la révolution de la haine qui est 1793, malgré tant de sang et de larmes, n'est pas encore terminée. ”?
Toute cette éloquence fut inutile, et la nouveile loi d’exil fut votée le 22 juin 1886. Il y avait juste quinze ans que l’on avait abrogé l’ancienne.
M le comte de Paris et Madame la comtesse de Paris venaient d'arriver de Lisbonne, où leur fille aînée, Madame la princesse Amélie,avait épousé S. À. R. le duc de Bragance, aujourd’hui roi de Portugal. Après les fêtes splendides et prolongées auxquelles cet heureux événement avait donné lieu, c'était uu triste retour au châ-
INTRODUCTION XLIIL
teau d'Eu. Le résultat de la discussion de la Li d’exil était prévu depuis quelques jours,etquelquesamisfidèles avaient voulu se trouver auprès du prince au moment où la triste nouvelle lui arriverait de Paris.
Ce fut après le diner, vers 95 heures du soir, que la dernière dépêche annonçant le vote final fut remise à M.
le comte de Paris. Les princes et les princesses l’entouraient, et parmi les amis se trouvaient le imnarquis de Beauvoir, le général de Charette, M.
Lambert de Sainte-Croix et M. Hervé.
L’émot on de tous était indescriptible. Le prince lut la dépêche, et ajouta : c'est fait, je partirai jeudi.
Un silence prolongé suivit. Tout le
monde s'était levé, indigné et profon lément attristé. Les femmes étouffaient leurs sanglots. Enfin, le silence fut rompu par le duc d’Aumale qui eut cette explosion de colère : “ Mes-