‹ Le comte de Paris à Québec [microforme]Chapitre 49 sur 94 · L'ARRIVÉE · texte numérisé non relu

L'ARRIVÉE

C'était vraiment un spectacle émouvant qu'offrait la gare du chemin de fer du Pacifique, à Québec, dans l'après-midi du 27 octobre 1890. Une multitude d'hommes y était réunie et attendait avec impatience l’arrivée d’un personnage illustre. Il y avait là des magistrats. des députés, des militaires des négociants, des ouvriers, des rentiers, des

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journalistes, Les plus graves souriaient volonrtiers; d’autres causaient avec animation ; des étudiants riaient, chantaïent et battaient le pavé en cadence. Un sentiment de joie intime se lisait sur toutes les figures.

Le chef de la maison de Bourbon, le descendant de ces rois de France pour qui nos pères combattirent avec tant d’héroïsme et de fidélité, allait venir à nous, dans l’ancienne: capitale du Canada français, pour nous dire une parole depuis longtemps, bien longtemps attendue : Moi aussi ‘“ je me souviens! ”

Le train de l’ouest était en retard de plus d’une heure, Pour abréger les moments de cette attente imprévue, les universitaires et d’autres jeunes gens de la ville chantaïent des chœurs patriotiques avec un maëstria merveilleux. Ce furent d’abord des hymnes na-

tionaux, puis des chansons populaires, puis

enfin cette sublime gasconnade d'avant les Gascons, qui, poétiquement exprimée, a traversé les siècles :

Fils de Brennus, chef des Gaules, Nous ne craignons rien, siron Que le ciel, brisant ses pôles, S’écroule sur notre front !

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