‹ Le comte de SaintGermain pièce en trois actes mêlée de chantsChapitre 18 sur 57 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

HENRIETTE, CONTI, il arriva en se

frottant les yeux , il a un énorme missel

sous le bras.

CONTI. Que le ciel confonde celui qui a inventé les vêpres!

HENRIETTE. Ah!., monseigneur, quel blasphème!

CONTI. J’ai cru que j’allais tomber en léthargie.

HENRIETTE. Oh!., ne parlez pas ainsi, cela porte malhenr...

CONTI. Il faut que je vousaime bien, Henriette... pour m’exposer à de pareils dangers...

HENRIETTE. Mais aussi, qui vous forçait de venir avec nous?...

CONTI J’cxcrce ici l’emploi d’un père, d’un patriarche, il fallait donner l'exemple, et me mettre à la merci de mesdames les chanoinesses... aussi elles en ont usé... Avez-vous vu, ma toute belle... comme elles m’avaient fait envelopper par un bataillon de doyennes du chapitre?., impossible de lever les yeux sans frémir... des figures de pandours... c’est au point que j’ai été près de m’écrier : « A moi Conti, voilà l’ennemi !.. »

Henriette. Je vous en prie, parlons d’autre chose...

CONTI, arec intention. Ou d’autres personnes.. .je le veux bien ..ma charmante...

. HENRIETTE, d part. Il va me parler de lui... %

CONTI. C’est égal , je leur en veux à ces dames; regardez un peu ce gros bouquin dont elles m*ont chargé... autant valait me mettre sur le dos le livre du lutrin... d’autant plus que la nature lui avait préparé un pupitre...

HENRIETTE. Ne parlez donc pas de cela, monsieur le prince... sans vos plaisanteries à ce sujet, on ne s’en douterait

Air : V audevitle de la Famille de l’ apothicaire.

Vous vous tenez si bien , si droit ,

THéATKAL.

Que sans vous flatter, je roui jure,

Au premier jibord on ne voit Rien à dire & votre tournure...

M;iis comme le proverbe a dit :

« Que tout bossu si gentiment devise.»

C’est seulement à votre esprit ,

Qu’on s’aperçoit de la méprise.

CONTI, lui tapant sur la joue. Ah! petite flatteuse !.. on s’aperçoit au moins que je vous ai promis un mari.

HENRIETTE, d part. Je savais bien que je le forcerais à m’en parler...

CONTI. Vous voilà comme Langeac, un de mes gentilshommes, qui prétend que cela me va très bien... {Henriette fait un mouvement d’impatience.') Mais à propos des gentilshommes de ma maison, je ne vous ai encore rien dit de... de lui...

HENRIETTE, à part et avec joie. Ah!..

enfin...

CONTI. Et cependant c’est le cas ou jamais...

HENRIETTE. Comment cela...

CONTI. Certainement , puisque vous vous mariez ce soir...

HENRIETTE. Ce soir !..

CONTI. Eh bien!., comme la voilà devenue pâle... Henriette, cst-cc que cela vous afflige?..

Henriette. Non, monseigneur... mais ma mère...

CONTI. Votre mère est prévenue...

HENRIETTE. Et a-t-clle consenti?..

CONTI. Pas encore...

Henriette. Et si elle allait s’opposer...

CONTI. Rassurez -vous... je vous donne ma foi «le gentilhomme que tout se passera bien... avant une heure, votre futur sera ici, avec une riche corbeille... et des diamans comme n’en possède pas la reine elle-même...

HENRIETTE. Oh!., que m’importe tout cela , pourvu que ma mère le veuille bien...

CONTI. Je le jure, par ma bosse, ce soir, la chapelle du couvent recevra vos sermons... et comme grand parent , j’embrasserai le premier notre jolie comtesse...

( Regardant au dehors.) Mais, j’aperçois Mde Langeac... {A Langeac qui entre en saluant profondément.) Eh bien! vicomte...

que viens-tu nous annoncer?

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