PRÉFECTURE DE LA COTE-D OR
reproches et je suis bien convaincu que je n'aurai jamais occasion de vous en faire... »
M. Mole avait été nommé à Dijon à la place d'un sieur Riouffe, ancien révolutionnaire, qui déplaisait à Napoléon. Riouffe é' .it nommé <à Poitiers, ce qu'il considéra comme une disgrâce et refusa, en demandant un autre poste qui ne lui fut pas accordé.
Dans un département de cette importance, l'administration de M. Mole se montra ferme, sans les tracasseries qui avaient marqué celle de son prédécesseur. Il rendit en plus un certain éclat à la Préfecture de la Cùte-d'Or, où l'ancienne société dijonnaise avait brillé avant la Révolution. Il rouvrit un salon, aidé de M"'" Mole qui l'avait suivi, et ses réceptions intimes ou officielles laissèrent un souvenir qui subsista longtemps encore après son départ. M. Joubert, dont l'amitié suivait M. Mole, appelle en plaisantant, dans une de ses lettres, ce salon la Cour de Dijon, la cour de ce nouveau duc de Bourgogne.
Pendant son séjour à Dijon, M. Mole eut l'occasion de rendre à Stendhal un service dont celui-ci exprime sa reconnaissance dans plusieurs de ses lettres. Au cours de fouilles qu'il exécutait aux environs de Rome, il avait trouvé un buste de Tibère*. Il voulait laisser dans son testament ce buste à M. Mole, qu'il désigne sous le nom de M. Dijon... « Ce serait peut-être le moment, écrit-il longtemps après, de lui offrir le Tibère que je brûle de lui transférer. Je suis vraiment heureux d'avoir trouvé, dans le cruel empereur, un moyen non de m'acquitter, mais de témoigner ma reconnaissance. On vient chez moi trois ou quatre fois par mois,