‹ Le concile de TurinChapitre 89 sur 120 · REGRETS DBS SUFFRAGANTS D ARLES · texte numérisé non relu

REGRETS DBS SUFFRAGANTS D ARLES

lettres qu'il écrivit ou les déclarations qu'il fit faire ne parurent pas offrir des gages suffisants de son humilité et de son repentir. Il semble bien qu'entre Léon et Hilaire les violences de la lettre Divinae ctiltum rendaient tout accommodement impossible.

Les suffragants d'Arles avaient dû se soumettre avec Hilaire ; mais ils ne s'étaient pas soumis sans tristesse. Ils regrettaient leur métropole, capitale de toute la préfecture des Gaules, et leur province ancienne à laquelle aucune autre» en Gaule, ne pouvait se comparer pour le nombre des diocèses, Tautorité des synodes. la bonne observance de la discipline. Ils faisaient des vœux pour que le siège d'Arles parvint à recouvrer sa juridiction. Ne pouvant, désormais, agir de leur initiative ou recourir à une autre autorité que le siège de Rome, ils attendirent du pape lui-même la restauration de leur unité provinciale. Peu après la publication du décret,

heatiu es. Nam quid potest in hac eorporea vita e&ié seeundum^ quae cum sit misera, Samen non potest esse perpétua? Locutus sum etiam cum sancio papa Leone. Hoc îoco, credo, aîiquanium snimo perhorrescis ; sed cum propositi tui ienax sis, et sempar aequalts, nulloque comnzotionis felle rapiaris, sicut nullis tx* toîleris iUeccbrii gaudiorum^ ego nec minimum guident factum hentitudinis tuae arrogijnfiae memint eontagione fuscari. Sed impatienter fer unt homines^ si sic ioquamur^quomodo nobis conseil sumus. Aures praeterea Romanorum quadam teneritudine plus trakuntur: in quam si se sanctitas tua demittat^ plurimum tu^ nihil perdituruSy acquires, Da mihi hoc^ et exiguas nuhes parvae fnutationis screnitate composée.

Auxiliaris a'ëtait plus préfet en charge; il Tavait étt^ en Gaule, Cil 435, Voir le« éditeurs de Borghesi, Les Préfets du prétoire ^ P- 7iï et 733.

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MORT D UILAJRH

deux d'entre eux, Nectarius d'Avignon et un second évoque en qui Ton doit probablement reconnaître Constantinus de Carpentras ii), allèrent porter k Léon, avec un message d'Hilaire, les doléances et les supplications de l'ancienne province d'Arles.

On crut savoir, dans la région, que Léon ne se montrait inexorable que pour un temps, et qu'il n'entendait maintenir ses rigueurs que pendant la durée de la vie d'Hilaire (2). Or Hilaire était épuisé par les fatigues et par les jeûnes. Il mourut, n*ayant encore que quarante-huit ans, le 5 mai 449. Une inscription en vers gravée sur sa tombe célébra en lui < la perle des évêques, le maître de son peuple, le docteur de toute la terre (3). > Léon lui-même, dans une lettre de la même année, consentit

(i) Texte ci-de89us. (Pour les sentiments des suffragants d'Arles, V. plus loin.) Ce qui me fait croire que le Constantius du biographe est Constantinus de Carpentras, c'est que le bio^aphe en fait un des chefs de IVpiscopat de la région. Or Constantinus de Carpeo; tras signa le premier la lettre annonçant à Léon la consécration de Ravennius (449] et la supplique de .(So, le premier dc« simples évèques la lettre dogmatique de 451. (Duchesne, Faites^

P-349-JSO-)

(2) On verra qu'au moment de la mort d'Hilaire, ses anciens suffragants eu'ent &Din de prendre Tavis du pape sur l'élection de son successeur, évidemment pour obtenir du pape le rétablissement de leur métropole. Peu après, ils écrivirent à Léon dans la supplique Mtmores quantum : Nec enim j'ustum est ut houortm ejus qutm, ut probavimus, impense tiitigitis, tlla rss minuat, quod pietatem Vfstram alter offendiî.

(j) Vita Hilarité % 24 (Migne, t. L, col, 1259): Abstinendo victu, operi insiîttendo, itinere pedibus conficiendo ita se tenuavit, fatigavit, exhausit, ut vix quadragesimi octavi anni circulum adimpleret. Cf. Duchesoe, Fastes, t. I, p. z^q. Pour l'épitaphc (citée in extenso par Duchesne), cf. Le Blant, Inscr. Chr.^ n* 516, t. Il, p. 253: Gemma sacerdotum^ pUbisquc orbisque magister.

RAVENNIUS, ÉVI^QUE d'aRLES

à rappeler : < Hilaire de sainte mémoire (i). » Un prêtre d'Arles qu'Hilaire avait envoyé à Rome pour tenter de fléchir le pape, s'il n'avait rien obtenu pour son maître, avait réussi du moins à se concilier personnellement la faveur de la cour romaine. Il s'appelait Ravennius. Lorsqu'on eut, à Arles, à élire un nouvel évêque, c'est sur Ravennius, que Ton savait agréable au pape, que se portèrent les suffrages du clergé, des notables (honorait) et du peuple (2). Une imposante assemblée d'évôques, où figuraient les deux métropolitains de Vienne et de Narbonne, lui conféra Tordination épiscopale, et, avant de se séparer, écrivit au pape pour lui rendre compte de l'élection (3).

(1) Ep. Justa et rationabUis [Migne, t. LIV, col. $14, £p, M^rov., p. 15), du 32 aoiU 449.

(3) On voit dans la même lettre, qui est la réponse du pape Léon à la lettre des évéques consécrateura : QuoJ virum eham nodis FKOMATVM /ratrem Ravennium secundum desideria cleriy honora' torum et pUbis unanimiter consecrasiis, bonum frat^rnitatis vestrae opus. Les évéques gallicans, quelques mois plus tard, écrivirent au pape dans la supplique Memorcs quantum (Migne, t. LIV, col. 879. Ep. Mtrow,, p. 18) : Licet nobis ante jam fucrit praedic- SutH sanctum fratrem et coepiscopum nostrum maxime coronae vestrae grattant tnorum suorum mansuetudine et sanctitate meruisse.... Ce dernier texte me fait croire que Léon avait été pressenti à l'avance sur l'élection. Ce qui confirmerait cette hypothèse, c'est que le siège d'Arles resta vacant pendant un temps assez long. La réponse du pape à la lettre qui Tinformait de l'élection est du 26 aoOt ; l'ordination ne peut guère être antérieure à la lia de juillet, Hilaire étant mort le 5 mai. La vacance dura A. peu prés deux mois et demi.

(3) Ep. Memores quaniumf c. 1: Ordinationem... tnissis continua îitteris apoitolaiui vtstro indicaré curavimus. — Cette lettre est perdue, mais on en connaît les douze signataires par la réponse du pape (Ep. Justa) : Constantinus (Carpentras), Âuden-

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