‹ Le conclave et le papeChapitre 13 sur 17 · TITRES HONORIFIQUES · texte numérisé non relu

TITRES HONORIFIQUES

publique. La formule servus servorum Dei date seulement du pontificat de saint Grégoire le Grand.

Le pape porte les titres de Vicaire de Jésus-Christ, de successeur du prince dts Apôtres, de Souverain Pontife de l'Église universelle, de patriarche d’ Occident, de primat d’Italie, de métropolitain de la province de Rome, et de souverain des possessions temporelles de la sainte Église romaine.

Rp ee Ge em SE em

Le pape, suivant les circonstances, admet trois sortes d’équipages et d’escorte.

- Train de promenade.

. Le train ordinaire de promenade, dit trattata, défile dans cet ordre : | |

Un courrier, battistrada,.en uniforme et à cheval, annonçant l’arrivée du pape et faisant débarrasser les rues,

Deux gardes-nobles à cheval, l'épée au poing, se suivant l’un après l’autre.

Le carrosse du pape, doré, avec ses armoiries aux portières. L'intérieur est tapissé de damas rouge, et

RS RE he ee LS PE

un Saint-Esprit est brodé au plafond. Le pape, assis sur un fauteuil, a devant lui les deux camériers secrets de semaine, en soutane et mantellone de couleur violette, tête nue, dont le premier porte sur ses genoux le chapeau du Saint-Père. Un postillon monté en avant et le cocher conduisent les quatre chevaux

attachés deux à deux. Derrière se tiennent debout

deux palefreniers, dont un avec l’ombrellino, et plus bas, deux garçons d’écurie. La livrée est en drap noir, avec doublures, boutons et boutonnières rouges. À la portière droite se tient l’officier exempt de la garde-noble, qui a le rang de colonel, et, à la portière gauche, le sous-officier cadet, qui a le grade de lieutenant-colonel. |

Quatre gardes-nobles à cheval, l’épée au poing.

Une voiture de suite, du genre de celles nommées .

frullone, traînée par quatre chevaux et conduite par un cocher et un postillon. Dans l’intérieur sont assis le valet de chambre du pape et un scopatore secret, en violet, ainsi que le doyen des domestiques, en habit noir : ils ont la garde des chapeaux des camériers. Derrière la voiture sont debout les domestiques, en livrée, des camériers secrets et, plus bas, un garçon d'écurie.

L’ordonnance de l’exempt de la garde-noble à cheval. |

Si le pape veut descendre, l'exempt ouvre et ferme la portière. C’est lui aussi qui recoit directe-

Le ne ee mt Du D RS RSR ne —

mnt

Er s — PS Lie ee nt mm TS ae + MU NT cn TT

ment les ordres du pape et les transmet au courrier. Les gardes-nobles restent à cheval, excepté les deux qui se tenaient aux portières, lesquels, si le pape entrait dans une église, le précédéraient l'épée au poing. Le Saint-Père marche entre ses deux camtriers, l’exempt étant à sa droite et sa maison suivant par derrière.

Train de ville.

Ce train est réservé aux chapelles que le pape tient en dehors du palais, aux visites aux souverains et aux églises et aux enterrements des cardinaux. Il est indiqué par du sable jaune répandu sur tout le parcours des rues et se compose ainsi :

. Le préfet des cérémonies apostoliques précède quelque peu le pape dans un frullone, voiture à caisse rouge, afin d’être prêt à recevoir Sa Sainteté.

Deux dragons à la suite l’un de lautre, pour empêcher que la rue ne soit encombrée.

Un jrullone ou voiture de la cour traîné par deux chevaux et contenant Mgr Sacriste, avec un asper-

soir doré dans un étui, pour présenter l’eau bénite

au pape, s’il y a lieu ; le porte-croix, avec lu croix papale démontée et un officier de la foreria (fourrière) par derrière, le domestique du sacriste en

livrée et un employé de la floreria, avec la livrée du palais.

Le courrier, en uniforme et à cheval.

Un autre frullone, contenant l’aumônier de Sa Sainteté, en rochet et mantelet ; le fourrier majeur et le grand écuyer, en habit de cour, avec leurs trois domestiques par derrière.

Deux gardes-nobles à cheval, de front et D au poing.

Le carrosse du pape, traîné par six chevaux, conduits par un postillon et un cocher. Vis-à-vis le Saint-Père sont assis les deux premiers. prélats de la cour, le maître de chambre à la droite du majordome. Par derrière se tiennent debout deux domestiques et deux garçons d’écurie. La portière droite est gardée par l’exempt, et la portière gauche par le cadet.

Peloton de gardes-nobles à cheval, l'épée au : poing.

Carrosse traîné par six chevaux, conduits par un postillon et un cocher. À l’intérieur, les deux camériers secrets participants de semaine et le caudataire du pape, tous les trois en mantellone.

Par derrière, les deux domestiques des camériers et un garçon d’écurie.

Peloton de dragons commandé par un officier.

Carrosse du majordome, traîné par quatre chevaux, dont deux du palais et les deux autres du prélat, avec des guides et des panaches de couleur

violette. Le postillon porte un chapeau à haute forme, et au bras une plaque en argent aux armes de son maître. Sa livrée, comme celle du cocher, est aux couleurs du prélat. A l’intérieur, le valet de chambre du pape en violet et le secrétaire du majordome ; derrière, ses deux domestiques en livrée.

Frullone, traîné par quatre chevaux, dont deux au maître de chambre. Le postillon porte la livrée de son maître, ainsi que les autres domestiques, avec un chapeau à haute forme et un brassard armorié. A l'intérieur, l'écuyer tranchant de Sa Sainteté et le secrétaire du maître de chambre. Par derrière, deux domestiques avec sa livrée. |

Frullone à deux chevaux, dans lequel prennent place le fourrier et deux scopatori secrets, et, par derrière, un ou deux domestiques de la cour.

Autre frullone à deux chevaux, avec le maître d'hôtel, le doyen et un aide de chambre, tenant dans une boîte rouge tout ce qui peut servir au pape en cas de besoin: chemise, bouillon, vin, remèdes, etc. |

Deux dragons ferment la marche.

Train de gala.

Ce train senomme aussi semi-publie , par oppo-

ÉQUIPAGES ET ESCORTE DU PAPE. 147 sition au train public, qui n’existe plus depuis queles cavalcades ont été supprimées.

Le pape, quatre fois l’an, se rend à Sainte-Mariesur-Minerve, Sainte-Marie in Vallicélla,Sainte-Mariedu-Peuple et Saint-Charles , au Corso, , avec le cortége suivant : |

Quatre dragons à cheval , commandés par un sous—offcier. |

Frullone à deux chevaux , contenant le sacriste, le porte-croix et un officier de la fforeria.

Quatre gendarmes, précédés d’un sous-officier.

Frullone avec l’aumônier, le fourrier majeur et le grand écuyer.

Le courrier, ou battistrada, à cheval et en uniforme de gala : culotte blanche, bottes molles, chapeau à plumes.

Quatre gardes-nobles et un cadet, dans leur costume de demi-gala. |

Le porte-croix,en soutane et mantellone violets, monté sur une mule blanche, recouverte d’une housse noire et tenant de la main droite la croix papale, de l’autre les rênes noires. Un valet dirige la mule par la bride.

Huit palefreniers du palais, vêtus de rouge-avec le manteau, à pied et tête nue. Les deux premiers | portent un coussin et l’ombrellino. |

Carrosse du pape traîné par six chevaux noirs.

Le cocher et le postillon portent des perruques

148 CHAPITRE XVI. | poudrées, avec catogan, et sont montés sur les chevaux.

Le pape, en rochet, mozette et étole, est au fond eta devant lui deux cardinaux,en rochet, mantelet et mozette, qui tiennent leur barrette à la main.

Le carrosse du pape a été commencé sous le pontificat de Léon XII et terminé sous celui de Grégoire XVI. Il a coûté plus de cent mille francs. L'intérieur est garni de velours rouge, avec un fauteuil au fond. Le plafond , également en velours rouge, est orné de la colombe divine planant au milieu d’une auréole brodée en or. La partie supérieure a pour ornement une galerie et des panaches en métal doré. La caisse à l'extérieur est recouverte de velours rouge, rehanssé d’appliques de métal qui représentent des vertuset des allégories. A larrière, figure un aigle, par allusion aux armoiries de Léon XII. En avant, deux anges supportent les insignes de la papauté, la tiare et les clefs, et, de chaque côté, se dressent deux branches d’olivier, symbole de paix.

Tout le harnachement est en velours rouge brodé d’or. Les crinières des chevaux sont tressées et entre-mêlées de focchi. Sur leur tête se dressent des pompons pourpre et or. |

Le carrosse est entouré de tous les domestiques à pied, le doyen en habit noir se tenant à la portière droite etle sous-doyen à la gauche ; puis des suisses, avec la hallebarde sur l'épaule, précédés de deux

sergents et escortés du lieutenant et du sous-lieutenant de la garde-noble, qui ont le rang de brigadier et de général.

Peloton de gardes-nobles, commandé par l’exempt.

Carrosse à six chevaux, entouré de deux domestiques de la cour,et des domestiques des prélats à pied. A l’intérieur, le majordome, le maître de chambre et les deux camériers secrets participants de semaine.

Ordonnances des gardes-nobles. |

Deux pelotons de gendarmes, avec un officier.

Deux pelotons de dragôns, un officier en tête.

Voiture de gala du plus ancien des cardinaux qui se trouvent avec le pape, entourée de ses domestiques à pied, et le doyen en habit noir à la portière droite. À l’intérieur, valet de chambre du pape, gentilhomme et maître de chambre du cardinal.

Voiture de gala de l’autre cardinal, avec ses domestiques à pied. À l’intérieur , l’écuyer tran- : chant de Sa Sainteté:, le gentilhomme et le maître de chambre du cardinal.

Voiture du majordome, traînée par deux chevaux à panaches violets et accompagnée de ses domestiques à pied. À l'intérieur , scopatore secret et secrétaire du majordome.

Voiture du maître de chambre, traînée par deux chevaux et entourée de ses domestiques à pied. À l'intérieur , scopatore secret et secrétaire du maître de chambre. .

Voiture de suite du premier cardinal, avee son

caudataire et son valet de chambre ; deux domestiques à la portière. nu «

Voiture de suite du deuxième cardinal, comme la précédente.

Frullone, où prennent place le maître d’hôtel du palais et deux aïdes de chambre ; domestiques en livrée à la portière.

Deux gendarmes et deux dragons Étant la marche.

Le maître d’écurie précède toujours quelque peu le train de gala et parcourt, dans une voiture découverte, les rues sablées que doit suivre le cortége.

Si le pape n’est pas surpris par la mort et qu’il puisses’y préparer, il fait venir son confesseur, qui l'entend debout et l’absout, omettant dans la formule d’absolution le passage qui indique la rémission des peines canoniques. Il réunit ensuite autour de lui les prélats de sa maison, et les principaux officiers de la famille pontificale. Pour mourir véritablement en chrétien, il fait lui-même sa profession de foi publique et solennelle , suivant la formule. prescrite par Pie IV, accorde une dernière grâce à ceux qu'il affectionne et se recommande à leurs prières. Après avoir reçu le saint Viatique, qui lui est apporté par Mgr le sacriste du palais apostolique ‘, le cardinal

1. Le sacriste du pape appartient à l’ordre de Saint-Augustin et est en conséquence toujours vêtu de noir, n’ayant à son cos-

graud pénitencier lui applique l’indulgence plénière à l’article de la mort, et les généraux d’ordres les indulgences spéciales qu’ils ont le privilége de communiquer, |

Si le temps et l’état du malade le permettent, le pape, avant de mourir, convoque une dernière fois le sacré-collége, renouvelle en sa présence sa profession de foi et appelle son attention sur lessoins qu’il doit donner à l’Eglise qui lui est confiée, à l'élection de son successeur et à la bonne administration de l'Etat pontifical. Il dicte son testament, qui est reçu par le notaire du palais, et y fait consigner ses dispositions à l'égard de sa famille, qui est d'ordinaire héritière, et de ses serviteurs, auxquels il assure une pension en témoignage de leur fidélité et de keur dévouement, ainsi que la destination des meubles, livres, objets d’art on autres valeurs mobilières ou immobilièresquisont sa propriété personnelle. Quand il a désigné le lieu de sa sépulture, il congédie les cardinaux en leur donnant sa bénédiction.

Lorsque la mort ne semble pas éloignée, Mgr Sacriste donne au pape l’extrême-onction. À son dé-

tume religieux d’autre signe distinctif qu’un cordon vert à son chapeau et à sa croix pectorale, et un anneau d’or au doigt. IL est évêque du titre de Porphyre in partibus et a sa résidence au palais apostolique du Quirinal. Sa principale fonction est de veiller à la sacristie pontificale, d'assister le pape aux messes basses dites avec une certaine solennité en dehors de la chapelle privée, de l'accompagner aux chapelles et fonctions publiques, et de distribuer les reliques des saints aux fidèles.

faut, ce sacrement lui serait administré par le soussacriste , curé des palais apostoliques, comme il fut fait pour Grégoire XVI, qui mourut presque subitement.

Dès que le danger est imminent, Son Eminence le cardinal-vicaire adresse une circulaire aux basiliques, chapitres et supérieurs ou recteurs des églises, tant séculières que régulières, afin que tous les prètres ajoutent à la messe les oraisons pro pontifice infirmo , dont la récitation ne doit cesser qu’à la mort du pape.

Les prélats dela maison et les camériers secrets ne quittent point le pontife agonisant. Mgr Sacriste récite les prières de la recommandation de l’âme et la Passion du Sauveur. Si la vie se prolongeait encore,les pénitenciers dela basilique de Saint-Pierre ‘ ajouteraient les psaumes de la pénitence.

1. Les pénitenciers attachés au service de la basilique Vaticane sont, depuis Clément XIV, de l’ordre des Mineurs conventuels. Au nombre de dix environ, ils entendent les confessions des fidèles dans les principales langues parlées en Europe, italien, français, allemand, espagnol, hongrois, etc., ainsi que l'indiquent les étiquettes apposées à leurs confessionnaux qui occupent le transsept gauche de la basilique et les chapelles avoisinantes. Ils se tiennent à leur poste toute la matinée, et parfois aussi dans l’après-midi. Le signe de leur juridiction est une longue baguette dont ils frappent la tête de ceux qui s’agenouillent devant eux. Cet acte d’humilité vaut chaque fois une indulgence de vingt jours, tant aux fidèles qu'aux pénitenciers eux-mêmes, comme il résulte du rescrit de Clément XIV, en date du 5 août 1774. |

Les pénitenciers ont rang aux chapelles papales qui se .

Dès que le pape a rendu le dernier soupir, ils commencent l'office des morts, et on lui couvre la figure d’un voile de soie blanche.

Le pape reste sur son lit, s’il y était déjà ; autrement on l’y dépose, et le préfet des cérémonies apostoliques fait prévenir de suite le cardinal camerlingue , qui est chargé de faire la reconnaissance du cadavre.

Ce haut dignitaire, vêtu dela soutane violette, du rochet, du mantelet et de la mozette, l’un et l’autre violets, est introduit dans l'appartement funèbre par Mgr le Maître de chambre, accompagné des clercs et officiers de la révérende Chainbre apostolique, en costume de deuil qui est le noir. Après avoir prié quelques instants, agenouillé surun coussin violet, il fait découvrir le visage du pape par un aide de la chambre, reconnaît le cadavre et l'appelle trois fois par son nom de baptême !, en frappant chaque fois à la tempe avec un petit marteau d'argent. Il se retourne alors vers les assistants et leur dit : Le pape est réellement mort. Puis il s ’agenouille auprès du lit et récite le Deÿprofundis avec l’oraison.

Ces prières terminées, le Maître de chambre

tiennent à Saint-Pierre, et ils habitent près du Vatican, sur la place Scossacavallo, un couvent qui a été bâti pour eux par Jules II.

1. Le cardinal Riario Sforza dit trois fois à Grégoire XVI : Maur, Maur, Maur; le cardinal Pecci appellera de même Pie IX de son prénom, qui est Jean.

MORT DU PAPK, 156

remet au cardinal camerlingue l’anneau du pêcheur et le sceau gravé avec lequel se font les bulles de plomb à la chancellerie apostolique !. Le notaire ou le secrétaire de la révérende Chambre rédige l’acte du décès et de la re mise de l’anneau, puis le lit à genoux. Tous les assistants sortent ensuite, et il ne reste dans la chambre que les pénitenciers de Saint- Pierre, pour garder le corps et réciter Îles prières des morts. Le cardinal camerlingue, étant dans l’antichambre secrète, ôte, en signe de juridiction, le mantelet qui couvrait le rochet, sur lequel il ne reste plus que la mozette. Il appose alors sa signature au mandat par lequel ordre est donné de notifier au peuple la mort du souverain pontife au son de la grosse cloche du Capitole.

De là il se rend au rez-de-chaussée du palais, dans la salle où se tiennent les congrégations de la révérende Chambre, et il y est conduit par les clercs dela Chambre, escorté de la garde suisse, la hallebarde sur l'épaule pour une moitié, le fusil en main pour l’autre moitié ; dès lors, cette garde d’honneur ne le quitte plus et l'accompagne jusqu’à son entrée

I. Le sceau porte d’un côté les armes du pape, de l’autre les têtes de saint Pierre et de saint Paul.

Quelquefois les bulles ont été faites, non en plomb, mais en or : ainsi, lorsque Léon X, par la constitution Ex supremo, donna à Henri VIII, roi d'Angleterre, le titre de défenseur de la Joi ; et lorsque Clément XI, par la constitution /x supremo, érigea l’archevêché de Lisbonne en patriarcat,

dans le conclave. La séance commence immédiatement, les clercs de la Chambre s'étant rangés autour de lui ; il distribue aussitôt les emplois dont il est chargé pendant la vacance du siége, et qui concernent le mobilier de la chambre du pape, les valets de service des deux palais du Vatican et du Quirinal, les écuries, les jardins, le garde-meuble, le château Saint-Ange, l'arsenal et autres dépendances de ces mêmes palais, comme aussi les employés de la daterie, de la secrétairie des brefs, la révision et l’enrôlement des soldats, la chancellerie et le conclave. Au nom de a Chambre apostolique, il prend possession du palais et en fait dresser l'inventaire par un des clercs de la Chambre. Pendant toute la vacance du siége, les cardinaux formant ensemble le pouvoir souverain ont le privilége, tant chez eux qu'en dehors, de porter le rochet découvert, sans mantelet, avec la simple mozette, et de n’admettre dans leur carrosse à leyr gauche aucune personne, de quelque condition qu'elle soit. En signe de ” deuil, ils nese servent plus que de vêtements violets, soutane, ceinture, manteau, mozette et cappa. Les créatures du pontife défunt se distinguent par les bas violets, des vêtements en laine, des boutons violets à la soutane au lieu de boutons rouges, et un rochet uni sans dentelles. Toute la prélature est également en habits de deuil, soutane et mantelet de laine noire, rochet ni, sans dentelles, à l’exception des auditeurs de Rote qui, aux chapelles, portent

le mantellone et le capuchon violet, et des avocats consistoriaux, qui continuent à faire usage de la chape violette avec son chaperon de forme particulière. |

Le cardinal camerlingue, après avoir notifié au sénateur la mort du pape, afin qu’il fasse sonner la cloche du Capitole, en instruit également le cardinal vicaire, qui envoie à toutes les églises de Rome une notification imprimée, pour que, au signal donné par le (‘apitole, toutes les cloches de la ville sonnent en même temps pendant une heure entière. Il leur est également enjoint de sonner pendant qu’on transporte le cadavre du pape, et de célébrer dans chaque église une messe funèbre, comme aussi chaque prêtre est exhorté à célébrer une messe de Requiem pour le repos de l’âme du défunt.

Pendant la vacance du Saint-Siége, le gouvernement spirituel de l’Église, en ce qui ne requiert pas l'autorité pontificale, et le gouvernement temporel de Rome et del’État, sont dévolus au Sacré-Collége, qui est composé de trois ordres, évêques, prêtres et diacres. Or, pour simplifier l’administration et afin que chacun y prenne part pendant la durée de la: vacance du siége, toutes les affaires sont expédiées par une congrégation spéciale, que l’on nomme des. chefs d'ordre, et qui comprend trois cardinaux de chaque ordre, outre le cardinal carerlingue. Aïnsi, le premier jour, la congrégation se compose du cardinal-doyen, du cardinal premier-prêtre et du car-

dinal premier-diacre. La seconde congrégation comprend le cardinal sous-doyen, le second cardinal-prêtre et le second cardinal-diacre ; et ainsi de suite pour toutes les autres congrégations, en obser-. vant l'ordre hiérarchique.

Les fonctions de ces congrégations ne durent pas plus de trois jours, après quoi une autre congrégation lui succède. La première congrégation se tient au palais du cardiual-doyen. En cas d’absence de celui-ci, ce serait, comme pour les autres réunions, dans le palais du plus ancien des cardinaux présents.

Le secrétaire du Sacré-Collége qui, pendant la vacance, remplit les fonctions de secrétaire d’État, est toujours présent aux ‘congrégations tenues par les chefs d’ordre. C’est là que se prennent toutes les résolutions, se donnent les ordres, se décident les décrets, s’expédient les mandements, etc. Tout acte, pour être valable, doit être souscrit par les trois chefs d'ordre, le camerlingue et le secrétaire. Il appartient à ce dernier d’enregistrer ces actes, de les envoyer à destination, d'écrire et d’expédier toutes les lettres que la congrégation est dans la coutume ou la nécessité d'adresser.

Une garde d'honneur est placée à la porte du palais Chigi, les princes de cette maison étant investis depuis longtemps des fonctions de maréchal du conclave.

Le sénäteur de Rome convoque la milice du Capi-

MORT DU PAPE. 159 tole et l'envoie, sous la conduite des présidents des régions, tirer des prisons les condamnés qui y sont détenus pour des délits peu graves, dans la pensée que cet acte de clémence fera bénir la mémoire du pontife défunt et vaudra à son âme des prières dictées par la reconnaissance.

Comme il importe que la tranquillité de Rome soit maintenue, des mesures de sûreté sont prises à cet effet, et des troupes postées aux endroits où leur présence paraît le plus nécessaire. Les gouverneurs : des villes de l’État pontifical recoivent des ordres précis et sévères pour le maintien du bon ordre.

Rome est dans le deuil et la prière : à son exemple, les évêques revêtent immédiatement le costume noir, en signe de tristesse, et ordonnent par toute la chrétienté des prières publiques et un service solennel. | .

Page 1