S. D. N. Questions politiques, 1935, VII, 3, p
dance de l'Italie ; tout le territoire de l’Ogaden et tout le territoire des tribus du côté de l’Ogaden resteront sous la dépendance de l’Abyssinie.
En application de ce traité et notamment de l’article 4, la frontière fut tracée parallèlement à la côte et à 180 milles de celle-ci. Le Négus dans un interview qu’il accordait au correspondant du Times en février 1935 pouvait très justement faire remarquer que la frontière ainsi délimitée figurait sur toutes les cartes italiennes. Il en était ainsi en particulier de la carte dressée par le cartographe officiel M. Achille Dardano et éditée par le ministère italien des Colonies. Sur cette carte Oual-Oual se trouve à plus de 150 kilomètres de la frontière, à l’intérieur du territoire éthiopien. De plus la carte établie par la section géographique de l'état-major britannique publiée en 1925 par le War Office sous le n° 2.871 fixe l’endroit où à eu lieu la rencontre de l’escorte éthiopienne avec la troupe italienne et où devait se produire la bataille du 5 décembre 1934, nettement à l’intérieur du territoire éthiopien. A l’aide de l'échelle figurant au bas de la carte officielle anglaise on peut clairement constater que Oual-Oual se trouve à 240 milles de la côte et par suite à 60 milles, soit environ 100 kilomètres, à l’intérieur du territoire éthiopien de la ligne frontière définie par le traité de 1908. La mission mixte anglo-éthiopienne était donc certaine de se trouver en territoire abyssin. Il faut ajouter cependant que le poste fortifié italien qui se trouvait sur une hauteur, à environ 1.400 mètres et au sud de Oual-Oual, n’était pas ignoré de l'Angleterre puisque M. Eden, répondant au travailliste Palong eu cours de la séance de la Chambre des Communes du 22 février 1935, reconnut que «la présence d’une gar-
nison à Oual-Oual était connue du Gouvernement britannique depuis le début de l’année 1931 ».
La commission et l’escorte éthiopienne, qui se montait environ à mille hommes, s’installèrent néanmoins à Oual- Oual à proximité des puits nécessaires à leur ravitaillement. Dans la matinée un sous-officier somali de l’escorte fut fait prisonnier par les Italiens et dans l'après-midi une lettre commune de protestation était adressée par les deux Commissaires éthiopien et britannique au capitaine Cimmaruta « commandante del settore banda ». Voici le texte de cette communication : :
Walwal, le 23 novembre 1934.
Les Commissaires britannique et éthiopien de la Commission de délimitation entre l’Éthiopie et le Somaliland britannique vous présentent leurs compliments.
Ils regrettent de constater qu’un empêchement à main armée à été opposé à leur libre circulation en Éthiopie, par l'autorité italienne dans la région de Walwal. Un sousofficier éthiopien faisant partie de la Commission à même été enlevé de vive force avec son arme. La susdite Commission se trouve dans cette région pour étudier la question de pâturage prévue au deuxième paragraphe de l’annexe 5 au traité anglo-éthipoien du 14 mai 1897, traité qui à été dûment reconnu par l'Italie dans l’article 1er de l'accord signé à Londres le 13 décembre 1906 entre la Grande-Bretagne, la France et l’Italie. Bien que la frontière entre l’Éthiopie et la Somalie italienne ne soit pas encore démarquée, le Commissaire éthiopien attire l’attention de l’autorité italienne sur les termes de la Convention italo-éthiopienne du 16 mai 1908, relative au tracé de cette même frontière.
En conséquence, les Commissaires britannique et éthio-