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CHAPITRE VI Les oompagnles commerciales

Un examen rapide de la constitution successive des compagnies belges au Congo est nécessaire pour démontrer l'intérêt que sut provoquer ici, en dépit de l'opposition systématique de certaine presse hostile, TOEuvre royale conduite avec une persévérance et une fermeté admirables; elle est une preuve éclatante de la confiance que cette œuvre sut inspirer dans les classes commerciale et financière, dont la perspicacité était mise en éveil par les révélalions de tous les voyageurs qui avaient depuis plusieurs années parcouru le Congo dans tous les sens.

Depuis Tannée 4887, jusqu'en 1894, huit compagnies se sont fondées, à des capitaux considérables, visant chacune un objet difiërent, et dont Tintelligent concours a apporté un appoint considérale à la réalisation du grand projet humanitaire du Roi.

L'honneur d'avoir créé les compagnies belges qui exploitent les diverses branches du commerce au Congo revient surtout à M. Albert Thys, qui y employa dès le début tout son temps et son intelligence ; homme actif, infatigable, il occupe le poste d'administrateur délégué de toutes les sociétés belges du Congo et il apporte dans ces charges un zèle et une persévérance qui font Fadmiratioa de ceux qu'intéresse l'avenir des compagnies ; M. Thys a fait plusieurs voyages d'inspection au Congo et a acquis une grande expérience en matière coloniale.

D'autres personnes ont coopéré dans une large mesure à la fondation des compagnies; ce sont : MM. Georges Brugman et Jules Urban, à qui leur haute compétence en matière financière a permis de conduire leur œuvre commerciale dans la voie de la fortune; M. Adolphe De Roubaix qui, le premier des Belges, créa dans le Bas-Congo, à Mateba, un établissement modèle, et qui associa les capitalistes anversois aux entreprises financières des diverses com-

pagnies; enfin le général Sanford, qui fonda la Sanford Exploring Expédition, destinée à devenir la Société belge du Haut-Congo.

M. A.-J. Wauters, qui, depuis la fondation de l'Ëtat, a prodigué son talent d'écrivain à populariser l'œuvre du Congo, dans son excellent Mouvement géographique d'abord, et ensuite dans sa belle publication Le Congo illustré, a pris une part toute spéciale à

A.-J, WAUTBBB.

l'extension des compagnies commerciales, dont il est le secrétaire général : d'un dévouement à toute épreuve, d'une activité rare, il dépensa tous ses instants à la vulgarisation de l'œuvre royale, dont il a été certes l'un des plus ardents et des plus intelligents défenseurs.

La place de chacun de ces bommes est marquée dans l'histoire, non seulement du Congo, mais encore de notre pays, car leurini-

tiative a aidé considérablement à la prospérité du commerce national et l'appel qu'ils ont jeté aux capitalistes a ouvert des carrières à un grand nombre de leurs concitoyens.

L — Factoreries et premières maisons de commerce. — De nombreuses* maisons de commerce particulières de toutes nationalités sont venues s'établir successivement sur les rives du Congo» entre Banana et Boma. Dès 1855, une maison française, Régis et G^, fondait une factorerie à Banana ; depuis elle a changé deux fois de propriétaire, et l'ensemble des factoreries établies dans la suile appartint à la maison Daumas, Béraud et O"", société en commandite simple, qui changea bientôt de Qrme et devint maison Daumas et 0^; le siège principal était à Banana; cette maison a remis ses établissements à la Compagnie belge anonyme du Haut-Congo.

Une très ancienne compagnie congolaise est la Nieuwe Afrikaamche Handels Venaotschap, successeur de YAfrikaansche Handels Veroeniging, de Rotterdam, établie à Banana et qui possède de nombreuses factoreries le long du fleuve. Le chiffre annuel des affaires de cette maison est très élevé.

Des sociétés étrangères ont opéré ou opèrent au Congo ; ce sont la Bntish Congo C, fondée en 1888; siège social à Manchester et possédant un représentant établi à Banana ; elle a liquidé depuis et a cédé ses établissements à l'État; la Compagnie portugaise du Zaïre. Il existe des maisons de commerce particulières sur plusieurs points de l'État.

En 1885, M. À. De Roubaix, industriel à Anvers, loua au gouvernement de l'État nie de Mateba, non loin de Boma ; dans la suite, il se fit concéder deux lies voisines, se constituant ainsi 15,000 hectares de terrain sur lesquels l'État lui reconnut des droits de propriété ; il y fonda un établissement colonial de tout premier ordre et y fit d'importantes cultures de tabac, de vanille et de cacao. Il construisit une usine, qu'il dota d'un matériel considérable, pour la fabrication de l'huile de palme. Enfin, il tenta, pour la première fois, l'élevage du bétail : son troupeau, qui, en 1886, se composait de trois bœufs, trois vaches et un taureau, ne comprenait pas moins de 600 tètes de gros bétail à la fin de

l'année i890. Cette iaitiative privée, digne de tous les éloges, devait ûoncoarir plus tard & la création d'une puissante société de commerce : la Compagnie des produits du Congo.

II. — Là Compagnie dd Cohgo podr lk commerce et l'industrie. — Dès le début de l'entreprise, la nécessité du chemin de fer s'imposait; qn'on relise les lignes écrites en 1877 (1) par Stanley; l'explorateur y parle déjà du chemin de fer ctHnme d'un adjuvant

vu TiLuai A L'msonomnti du koâxoo. ci. *.<■». d. ahot

sans lequel les bénéfices de l'OEuvre seront inévitablement perdus. « Il est incontestable, nous écrivait-on du Haut-Congo en 1889, que la plus grande partie du Congo, et surtout les régions du Haut< fleuve, est favorable à la colonisation et qu'on y parviendra par le travail et la persévérance. Puisque la création du chemin de Ter est décidée, le pays ne peut manquer de prospérer. Ce qui tuait le commerce dans le HautrCongo, c'était le transport des marchandises

(1) Voû dans la première partie, notre chapitre mt le ComiU tCÊtuit» du Baut- Congo.

de Léopoldville à la côte, à dos d'hommes : une charge pèse trente kilogrammes et coûte 30 francs de transport du Pool à Matadi. Puis Textension du portage est limitée, car tu n imagines pas les difficultés du recrutement des porteurs. Très peu de produits avaient assez de valeur par eux-mêmes pour justifler de si grands frais : aussi Tivoire et le caoutchouc étaient à peu près les seuls articles d'exportation. Si tu ajoutes aux frais de transport les déchets des marchandises d'échange provenant, par exemple, du passage des rivières, des pluies, etc., les frais nécessités par la construction des factoreries dans le Haut, par les petits steamers qui doivent desservir ces maisons, par l'entretien très coûteux des agents, — et aussi la perte de temps provenant du portage, lu comprendras que dans de telles conditions le commerce ne pouvait prendre de développement très considérable. Le chemin de fer fera disparaître complètement ces inconvénients ; c'est l'avenir de TËtat et du commerce qui est en jeu. »

Ce sont ces considérations qui amenèrent la fondation de la Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie : le capitaine Thys, officier d'ordonnance du Roi, M. Â.-J. Wauters et tous les explorateurs présents à Bruxelles donnèrent dans les grandes villes des conférences qui eurent pour résultat d'intéresser le pays à cette idée de la construction du chemin de fer, et, assurés dès lors du succès de la nouvelle entreprise, MM. Jules Urban, directeur général au chemin de fer du Grand Central, Â. De Roubaix, industriel à Anvers, et le capitaine Thys fondèrent à Bruxelles, le 27 décembre 1887, une société qui prit le nom de Compagnie du Congo pour le commerce et Hndustrie.

Le but de la Compagnie était ainsi déflni : étude, construction et exploitation d'un chemin de fer et d'autres voies de communication terrestres dans l'État indépendant; étude et amélioration de la navigation sur le fleuve et sur ses affluents ; toutes opérations de commerce, d'industrie et de travaux publics dans l'État. La durée est de trente ans, avec faculté de prolongation ou de réduction.

La société ne tarda pas à être comblée de souscriptions, et en moins de deux mois, elle comptait 300 actionnaires et avait réuni un capital de plus d'un million de francs.

Elle décida aussitôt l'eavoi d'une expédition d'études, dite des ingénieurs, qui, arrivée au Congo en 1887, ne termina ses travaux qu'en 1888 : la première partie du levé, de Matadi à Lukungu, fut faite sous la direction du capitaine Gambier ; l'autre partie, jusqu'à Léopoldville, fut dirigée par M. l'ingénieur Charmanne; MM. les ingénieurs Vauthier, Gilmont et Lambotte Qrent également partie de l'expédition. Cette année constitua une époque de rudes talieurs et d'excessives fatigues pour les courageux savants, qui menèrent à bien l'œuvre dont ils avaient été cbai^és.

TBOIB BTUUSBa HfABItftB A LÉOPOLSTILLB. Cl. ct« top. d, Iticar

Pendanl ce temps, MM. Thys et Delcommune parcoururent, à intervalles différents, tout le réseau fluvial du Haut-Congo, avec mission de réunir les renseignements les plus complets sur la nature du sol, la population, les productions, les articles d'échange, etc. Ils devaient aussi rapporter des échantillons de tous les produits exportables. Nous avons vu l'infatigable M. Delcommune à l'œuvre dans tout le bassin du Congo ; le capitaine Tbys explora spécialement le Kassaï; son voyage fut fécond en découvertes de toute nature, et il dressa avec une rare précisiou une remarquable carte du bassin du Kassaï.

Un accord intervint le 37 mars 1887 entre le Gouvernement et

la Compagoie; aux termes du décret approuvant cet accord, la Compagnie prenait les engagements suivaDts : âûre l'étude e<Mnplète. dans le délai de 18 mois, prolongé plus tard d'une année, du chemin de fer qui devait relier Uatadi au SUnley-Pool, et remettre ensuite i l'État le tracé, les plans, les projets, et un devis estimatif des dépenses qu'occasionnerait la créatioa du chemin de fer.

Nous verrons au chapitre du cbeuin de fer les concessions faites, en terrains, par l'État à la Compagnie. Ajoutoss ici qu'en compensation des avantages faits par l'État à la Compagnie, et qui sont énumérés au chapitre précité. l'État exigeait : 40 p. c. des hénéQces de l'exploitation après versement de 5 p. c. à la réserve légale et payement de 6 p. c. d'intérêts sur les sommes versées pour les études, la construction et l'outillage.

Le fonds social de la Compagnie est de deux millions de francs. La répartition des bénéBces est Qxée de la façon suivante : 5 p. c. à la réserve légale. Du surplus, 3 p. c. aux sommes versées pour libération anticipée des actions, 5 p. c. dividende sur le capital appelé. Le jeste, le cas échéant, est distribué ainsi : 10 p. c. aux administrateurs et commissaires, 10 p. c. aux actions représentant le capital nominal (2 millions) et 80 p. c. aux actioQs i créer dans la suite.

C'est la Compagnie pour le commerce et l'industrie qui donna lieu à la fondation des autres sociétés congolaises ; aussi est-elte appelée familièrement par les initiés : « la Douairière ».

III. — S0Cl£Tt ARONTIIK BELGK POUR LE COHHEACE Dt HiHT-CoHOO.

— Cette compagnie eut pour point de départ la Sanford expi^ ring expadilicn, qui avait été constituée à Bruxelles par le gênérai américain Sanford; les directeurs en Afrique furent le lieutenant Taunt et le major Parminter. La Sanford s'entendit avec la Compagnie pour le commerce et l'indostrie pour la fondation, en commun, d'une société dont le but principal serait le commerce de l'ivoire, pour le présent, puis, plus tard, l'exportation des autres produits indigènes ; d'une fa^on plus générale, la Société anonyme belge pour le commerce du Haut-Congo a pour ot:yet

toutes opérations cotumerciales, industrielles et ânancières dans les limites les plus étendues.

Cette compagnie a prospéré d'une Taçon exceptionnellemenl brillante; elle a déjà tenu k Anvers de nombreux marcbés d'ivoire, où le moalaot de la vente s'est élevé à plusieurs millions; l'année 1892 a rapporté ft la Société près de 125 tonnes d'ivoire.

[. aUULLE DELCOUMUHE.

Le capital social a déjà subi plusieurs augmentations : il était primitivement de 1,200,000 francs, représenté par 2,400 actions privilégiées de 500 francs chacune, plus 4,800 actions ordinaires sans détermination de valeur. Ces 4,800 actions ordinaires étaient réparties ainsi : une accordée à chaque action privilégiée, soit 2,400; 500 accordées à la Compagnie-mère, et 1,900 accordées aux actionnaires de l'ancienne Santord exploring expédition.

Le 30 janvier 1890, le capital fut porté à 3,000,000 de francs, représenté par 6,000 actions privilégiées accompagnées chacune d*une action ordinaire, plus 2,400 actions ordinaires distribuées aux fondateurs, soit en tout 6,000 actions privilégiées et 8,400 actions ordinaires. Le conseil d'administration livra ceUe année-là 600,000 francs de ces actions à la souscription publique.

Enfin, le 19 mars 1892, la Société conclut avec la maison française Daumas et C'*, une convention portant les clauses suivantes : MM.Daumas et G*"" cèdent à la Société leurs établissementsdu Haut- Congo et de la région des cataractes, y compris Je matériel, etc., évalués à 200,000 francs; le matériel naval du Haut-Congo comprenant deux steamers, trois embarcations à vapeur, un dock flottant, etc., évalués à 600,000 francs; enfin les vivres, marchandises d'échange, etc., présents au moment de la reprise, évalués à 250,000 francs, soit en tout une valeur de 1,050,000 francs que la Société acquitte de la façon ci-après : 800,000 francs en espèces et 500 actions privilégiées de la Société.

Cette convention, dont Timportance n*échappera à personne, attendu que, tout en alliant dorénavant les intérêts français aux nôtres, elle permet à la Société belge de faire du commerce et des affaires dans la colonie française du Congo, immédiatement voisine de la nôtre dans tout louest de TËtat, eut pour résultat de faire porter le capital social à 5,000,000 de francs et de donner lieu à une nouvelle émission publique de 3,600 actions privilégiées et de 3,600 actions ordinaires.

Le capital social est donc représenté par 10,033 actions privilégiées (67 d'entre elles sont amorties) et H, 000 actions ordinaires.

La répartition des bénéfices est faite de la manière suivante : 5 p. c. à la réserve légale; 6 p. c. d'intérêt fixe sont attribués aux actions privilégiées; le surplus est divisé ainsi : 10 p. c, minimum attribué à l'amortissement des actions privilégiées ; 1 p. c. à chaque administrateur; 1/3 p. c. à chaque commissaire; 2 p. c. au direc* leur en Belgique et 2 p. c. au directeur en Afrique (ces dernières sommes peuvent être diminuées, mais pas augmentées); 10 p. c. pour indemnités au personnel d'Afrique ; le reste est le dividende des actions ordinaires.

-rd9-

Oa le voit, la Compagnie du Congo est une société puissante, dont la prospérité ne fera que croître par suite de l'extension que prend l'État vers le nord, extension qui permettra à la Compagnie de pénétrer peu à peu, à la suite de l'État, vers les riches régions du Mbomu, du Mbili et du nord-est de l'État indépendant, ob, l'autorité du gouvernement étant bien consolidée et la contrée tout

i fait soumise à ses lois et à son organisation, le commerce pourra prendre un nouvel essor, d'autant plus favorable qu'il sera protégé par une autorité forte et fermement installée.

Les agents qui ont apporté leurs services à la Société du Haut- Congo sont très nombreux; le premier directeur de la Compagnie en Afrique fut te major Parminter qui occupa ces fonctions jusqu'en novembre 1891; pendant une absence qu'il Qt de juillet 1889 à

mars 1890, il fut remplacé par M. Valcke. A son retour ea Europe, il fut nommé administrateur- délégué de la Société et remplacé au Congo par M. Camille Delcommune, Tun des vétérans du commerce congolais, qui fournit une belle carrière et fut l'un des plus précieux auxiliaires de la Société ; ce dévoué serviteur mourut le 26 décembre 189S; aussitôt ILParminter retourna ;au Congo pour le remplacer et il fit une importante exploration de la Djua, mais, rentré en Europe, il succomba à une maladie de foie contractée au cours de ses séjours au Congo. Le major Parminter était un homme d*élite, qui n*a pas ménagé son concours à TËtat, qu'il servit de 1885 à 1887, ni aux Compagnies, qui lui doivent une grande partie de leur prospérité.

D'autres agents, qui n*ont pas occupé le poste de directeur, ont cependant rendu des services sérieux à la Société; ce sont: M. Hodister, que nos lecteurs connaissent suffisamment par la première partie de ce livre; M. Fernand De Meuse, jeune bomme intelligent, actif, de grande initiative, qui a parcouru presque tout le réseau fluvial et s*est signalé sous plusieurs rapports : photographe distingué, il a recueilli des vues de tous les points du Congo; collectionneur émérite, il a réuni une collection rare et superbe d'objets de toute espèce ; grâce à cet esprit d'initiative, il a facilité la tâche des ethnologues qui entreprendront l'histoire des races congolaises ; les connaissances spéciales de M. De Meuse en matière de sciences naturelles lui ont permis d'enrichir le domaine scientifique ; c'est lui enfin qui a fait la reconnaissance complète du lac Léopold II et remonté la Lukenye jusque près de ses sources. M. Cloetens, jeune homme de grande énergie et expérimenté dans les choses d'Afrique, a créé de nombreux postes commerciaux et dirige avec sagacité les opérations de la Société dans la région du Kassaï.

M. Reginald Ueyn mérite une mention toute spéciale dans l'histoire de la Société du Haut-Congo : ce jeune homme plein d'avenir, après un premier séjour de 1884 à 1891, fut nommé directeur des transports de la Société; il mourut le 2 juin 1892. C'était, dit le Congo illustré, qui lui a consacré une page de sa glorieuse galerie, «(.l'un des agents les plus méritants et les plus estimés. Il s'était

distingué par son travail intelligent, son esprit curieux, ses aptitudes toutes spéciales à apprendre la langue des indigènes et surtout par Thabileté pleine de prudence et d'humanité avec laquelle il avait su, en prenant la direction des transports, entamer et poursuivre les difficiles négociations avec les natifs chargés de transporter les charges dans la région des chutes ».

Les postes commerciaux fondés par la Société du Haut-Congo sont extrêmement nombreux ; il suffit, pour s*en convaincre, de jeter un coup d*œil sur la carte annexée à notre ouvrage, où ils sont indiqués d*une fagon particulière.

Le nombre considérable de steamers que la Société a acquis a puissamment contribué à Textension de l'exportation des produits par la Compagnie : nous avons publié précédemment la liste de ces bateaux .

IV. — Compagnie des magasins généraux du Congo. — Cette Compagnie fut constituée le 20 octobre 1888 ; elle est destinée à subvenir aux besoins des blancs, si nombreux au Congo et dont la santé exige des précautions multiples et un confort relatif. Elle a installé à Borna un hôtel en fer, qui y a été transporté en 1889 par le steamer Lualaba; cet hôtel, très vaste, comprend une salle de restaurant, des chambres bien aménagées et des magasins où Ton peut se procurer des effets et des objets d*équipement. C'est la Compagnie qui assure l'alimentation des agents de l'État, moyennant un payement mininum de 1S0«000 francs par an. Elle a encore pour objet lexploitation de magasins commerciaux et la création de tramways : un de ces tramways est déjà établi à Boma ; il relie Boma-rive à Boma-plateau. La propriété de ce tram a été cédée le 4 février 1893 à l'État, qui s'est engagé au payement de vingt annuités fixes de 13,352 francs 32 centimes chacune, à dater du 1^ mars 1894.

Le capital social, primitivement de 600,000 francs, a été doublé dès la première année ; il est représenté par 2,400 actions.

La répartition des bénéfices est ainsi faite : 5 p. c. à la réserve légale; du surplus, on paye 3 p. c. aux sommes versées en libération anticipée des actions et 5 p. c< premier dividende sur le capital appelé; de l'excédent, 3 p. c. à chaque administrateur, 1 p. c. à

■AVIH DB U OHIin, ÀO KILOHÊTSI 11300.

chaque commissaire ; SO p. c. pour iademnilés aux agents d'Afrique; le reste aux actionnaires.

V. — CoMPÂGNiis: DRS PRODUITS DU CoNGo. — Cette Compagnie a élé créée le ^9 novembre 1889, dans le but de commencer la culture de certains produits naturels, tels que le tabac, le café, la vanille, le riz. Elle s'occupe aussi de l'élevage et du commerce du bétail, ainsi que du commerce des produits industriels et miniers du Congo. Le capital social primitif était de 300,000 francs, représenté par 600 actions de 500 francs chacune. De plus 100 parts de fondateur furent remises à la Compagnie pour le commerce et Tindustrie et à M. Brugman.

En 1890, la Compagnie des produits eut la chance d'opérer une fusion avec la Société de Mateba ; M. de Roubaix céda Ttle deHaleba, avec rétablissement, toutes les cultures qu'il avait fait prospérer et son troupeau de bétail. Le 8 février 4891, le capital fut élevé à 1,200,000 francs, la nouvelle émission étant réservée aux membres des deux sociétés fusionnées.

La répartition des bénéfices se fait de la manière suivante : 50 p. c. ont été versés sur les 3,400 actions; 5 p. c. à la réserve légale; le surplus pour payer un dividende de 6 p. c. du montant versé des actions. L'excédent est ainsi divisé : 10 p. c. aux administrateurs, commissaires et directeurs; 5 p. c. pour œuvres utiles aux noirs; 15 p. c. aux parts de fondateur; 70 p. c. aux actionnaires.

Les actions de la Compagnie ont été admises à la cote officielle delà Bourse de Bruxelles au mois de février 1894; il en a été adjugé, en vente publique, à 530 francs.

La Compagnie des produits a prospéré d'une fagon exceptionnelle, sous la vigoureuse impulsion donnée à ses établissements par ses agents d'Afrique. M. UlfT a dirigé la Compagnie du 1^ juillet 1889 au l""' mai 1893 et les grands services qu'il a rendus lui ont fait confier la direction de la Compagnie à Bruxelles; il a été remplacé au Congo par M. Hallet, qui y avait fait un premier séjour, de 1889 à 1892, en qualité d'ingénieur agricole; nul mieux que ces deux agents n'a compris la mission spéciale dont ils étaient investis.

Les produits divers envoyés en Europe, qui s'élevaient, en 1890, à 76 tonnes, ont atteint, en 1892, le chiffre de 445 tonnes; le bétail, qui comprenait, en veaux, moutons, chèvres, etc., 996 tètes, en comptait, en 1892, 2,581. Les essais d'acclimatement du cheval et du mulet ont parfaitement abouti : l'exploitation en grand du bétail et l'expédition de celui-ci vers les stations du Haut ne sont plus qu'une question de temps.

VL — Compagnie du chemin de fer du Congo. — C'est à la suite des rapports de MM. Cambier et Charmanne, qui avaient dirigé les expéditions d*études du tracé du chemin de fer, que fut fondée cette nouvelle Compagnie. Elle a pour but la construction et Texploitation de la voie ferrée qui unira Matadi à Léopoldville, et la conitruclion éventuelle d'autres voies ferrées dans l'État.

La Société a été constituée au capital de 25,000,000 de francs, susceptible d'augmentation ou de diminution, réparti en actions de 500 francs chacune. Le gouvernement belge a souscrit 10 millions de francs de ce capital ; le reste du capital est partagé en 30,000 actions de 500 francs, intégralement souscrites. Il a été créé en outre 4,800 parts de fondateur, sans désignation de valeur, remises à la Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie.

c< II a été versé 300 francs par action; les 2/3 restants auraient dû être versés le l*"" mars 1892 et le 1'''' mars 1893, mais une assemblée générale du 20 janvier 1892 a décidé que ces versements seraient ajournés à une date ultérieure, à fixer par le conseil d'administration. Le bilan arrêté au 30 juin 1891 porte à 13,317,300 fr. la somme restant due pour libération complète des actions, c'està-dire la somme versée par les actionnaires.

y> La répartition des bénéfices est faite de la fagon suivante : 5 p. c. à la réserve légale, jusqu'à concurrence de 10 p. c. du capital. Il est payé : 1"" 3 1/2 p. c. des actions du capital et des actions ordinaires; 2<^ un second dividende de 3 1/2 p. c. des actions ordinaires ; ces deux dividendes à concurrence des versements opérés ; 3** on prélèvera la somme nécessaire pour amortir en 99 ans, à partir de l'année qui suit la mise en exploitation, les actions de capital à 500 francs et les actions ordinaires

à 1,000 francs. Les actions ordinaires remboursées sont converties €n actions de jouissance.

)> L'insuffisance éventuelle des bénéfices pour ces trois postes sera reporté sur l'exercice suivant avec intérêts composés à 3 1/2 pour l'État, 7 p. c. pour les actions ordinaires. S*il y a un excédent, 50 p. c. en seront répartis aux actions ordinaires non remboursées, et aux actions de jouissance remplaçant les actions ordinaires remboursées; 10 p. c. au conseil d'administration et 40 p. c. aux 4,800 parts de fondateurs. Les bénéfices provenant de la réalisation des terres doivent être afiïsctés à l'amortissement des actions et des obligations, si Ton en crée.

» Pendant la période de construction, les intérêts à 3 i/2 et 7 p. c. sont distribués à charge du compte de premier établissement. La répartition des bénéfices ainsi fixée est hnmuable; l'assemblée générale elle-même ne pourrait la modifier.

)> Une convention de l'État indépendant avec la Compagnie du chemin de fer, du 9 novembre i889, a remplacé la partie de la convention passée le 26 mars 1887 avec la Compagnie du Congo pour le commerce et l'industrie qui concerne la construction de la voie ferrée.

» La Compagnie du chemin de fer s'est engagée à construire et exploiter à ses frais un chemin de fer de jonction entre Matadi et Stanley-Pool.

» La durée de la concession est de 99 ans, à l'expiration desquels l'État sera subrogé à tous les droits de concessionnaire.

» L'État abandonne à la Société les mêmes terrains que dans la première convention de 1887 (1).

.» La convention détermine également les conditions d'une reprise éventuelle de la ligne par l'État.

» Pendant 25 ans, l'État n'accordera aucune concession pour voie ferrée aboutissant à la mer ou au fleuve et servant à réunir le Bas et le Haut-Congo.

» La ligne devant être ouverte au plus tard le 31 décembre i 894 (2),

(1) Voir plus loin le chapitre spécial concernant le chemin de fer.

(2) La Compagnie a obtenu de TÉtat nn non^ean délai de 2 ans pour TachèTement de la voie.

il est fixé une pénalité de i, 000 francs par jour de retard, sauf dans le cas de force majeure. Après 6 mois de retard, l'État pourra achever et exploiter lui-même, aux risques de la Société, ou prononcer la déchéance de cette concession, sauf à reprendre, à dire d*e;çperts, les travaux déjà exécutés. Interruption de service non justifiée ; 1,000 francs par semaine; après 6 semaines, décl^éance (1). »

l<a Compagnie du chemin de fer compte une foule d'agents qui se sont dévoués, à des titres divers, à cette grande entreprise; nous avons vu que MM. Gambier et Charmanne avaient dirigé la difficile étvde du tracé de la voie ferrée; ils conduisirent leurs travaux avec cette sûreté de vues que démontrent à toute évidence les progrès, réalisés à la fin de 1893 dans la construction de la voie; leur nom restera attaché à l'œuvre du chemin de fer. Plusieurs ingénieurs^ concourent au succès de la construction du rail Matadi-Pool ; ce sont : M. Goffin qui, après un premier séjour, du 1^' japvier i890 au 18 décembre 1891, est retourné le 6 mai 1892; M. Bergier, qui fut attaché au service des études, du 5 juin 1887 au 12 janvier 1889, chef de. la brigade d'études du 9 novembre 1889 au 10 novembre 1891 et est reparti une troisième fois le 6 mai 1892 ; M. Paulissen, chef de section du 1'''' janvier 1890 au 27 septembre 1891, reparti le 6 mai 1892; M. Lambotte, qui fut attaché au service des études du 1^'mai 1887 jau 12 janvier 1889, ingénieur de la construcUon et directeur du 25 février 1890 au 10 juillet 1892 et qui est reparti le 8 février 1893; MM.. Glaeseneer, Magery, etc.

La direction générale de la Compagnie en Afrique a été occupée par M. Espanet, du 5 juin 1892 au 28 août 1893, puis par M. Gharmanne; après un congé de quelques mois, M. Espanet a repris son poste au Gongo, le 6 avril 1894.

VU. — La Compagnie du Katanga. — La Compagnie du Katanga est l'une des plus importantes, sinon la plus importante, dea sociétés congolaises ; la contrée où elle opérera est sans contredit

(1) Les renseignements qui précèdent sont empruntés au Patriote da H août 1892^ qui a consacré an intéressant article au mécanisme des sociétés et compagnies belges an Congo.

l'une des plus riches du Congo, et lorsque les précieuses mines de cuivre qui y abondent auront été mises en exploitation, il est certain que cette compagnie deviendra l'une des compag:nies coloniales les plus prospères. N'oublions pas qu'il est fort probable que la région du Katanga recèle l'or en assez grande quantité.

La Compagnie du Katanga a été constituée le i^ mars 1891; nous résumons ci-après les clauses de la convention conclue entre la Compagnie et l'État, en faisant remarquer l'importance des concessions accordées par l'État dans le but de protéger l'efflorescence du commerce et de l'industrie.

La Compagnie a pour objet l'exploration du bassin du Haut- Congo en amont de Riba Riba, au point de vue de la colonisation, de l'agriculture, du commerce et de l'exploitation minière; l'étude des voies de communication à établir dans la dite région; la constitution d'entreprises de colonisation ou d'exploitation du sol et du sous-sol ; la création et l'exploitation de services de transports ; enfin toutes opérations d'industrie et de travaux publics, de commerce et de finance dans la région dite du Katanga.

L'État peut demander à la Compagnie de faire dans ce domaine des éludes particulières ou certains travaux, moyennant remboursement des dépenses majorées de 10 p. c.

La Compagnie s'engage à établir, dans un délai de trois ans deux embarcations à vapeur sur les branches supérieures du Haut- Congo ou sur les lacs limitrophes de l'État et à fonder dans le même délai au moins trois postes dans la région concédée. Elle prêtera son concours à la répression de la traite; elle aura une police sufiisante pour assurer la sécurité de ses établissements; cette police pourra être incorporée dans la force publique de l'État, qui, dans ce cas, reprendra à sa charge les contrats signés avec les hommes de cette police. Le Gouvernement pourra charger les agents de la Compagnie d'attributions ressortissant à ses services spéciaux.

En revanche, l'État concède à la Compagnie, en pleine propriété, le tiers des terrains appartenant au domaine de l'État situés dans la région visée, et la concession, pendant 99 ans, de l'exploitation du sous-sol des terrains concédés. II accorde la préférence, pen-

dant 20 ans, à U Compagnie, pour rexploitation des mines qui seraient découvertes dans les parties réservées à TÉtat.

Pour le partage du territoire entre l'État et la Compagnie, le terrain est divisé en blocs comprenant en latitude et en longitude six minutes géographiques de dimension. Aucune cession d*un terrain de surface supérieure à un bloc déterminé ci-dessus ne pourra être faite à des particuliers sans l'assentiment de TÉtat du Congo. L*État pourra reprendre dans chacun de ces blocs vingt hectares pour les besoins de son administration.

Comme suite à la convention que nous venons d'analyser, la Compagnie du Katanga fut constituée au capital social de 3,000,000 de francs représenté par 6,000 actions privilégiées de 500 francs chacune, plus 18,000 actions ordinaires sans désignation de valeur, avec stipulation que jamais d autres actions ordinaires ne pourront être créées.

Des 6,000 actions privilégiées, 600 entièrement libérées, numérotées de 5,401 à 6,000, plus 1,800 actions ordinaires ont été remises à TËtat en rémunération de la convention conclue avec lui et en vertu de l'art. 5 de celte convention ; la Compagnie pour le commerce et rindustrie a reçu 1,080 actions ordinaires, comme rémunération du bénéfice apporté par elle par suite du passage de, l'expédition Â. Delcommune, qui était en cours, au service de la Compagnie du Katanga.

Sur chacune des 5,400 actions privilégiées restantes, souscrites en numéraire, il a été versé au moment de la constitution 175 francs, soit 35 p. c. de l'import de chaque action, c'est-à-dire une somme totale de 945,000 francs.

Les actions ordinaires restantes ont été distribuées de la manière suivante : 2 par action privilégiée souscrite, soit 10,800; les 4,320 autres ont été remises aux fondateurs de la Société (2,880 -1-10,800 -h4,320-18,000).

En cas d'augmentation du capital, 10 p. c. des nouvelles actions seront attribuées à l'État.

Les bénéfices sont répartis de la façon suivante :5 p. c. au fonds de réserve légale; du surplus, 6 p. c. sur le montant appelé sur les actions privilégiées et 3 p. c. sur les versements opérés

anticipalivement ; si les bénéfices ne permettent pas ce dividende, il en est tenu compte dans l'exercice suivant. Les actions données à rÉtat ne reçoivent les intérêts que proportionnellement à la somme versée par les actionnaires. L'excédent, après le payement des intérêts ci-dessus, est ainsi partagé : iO p. c. au conseil d'administration et aux commissaires; une somme à fixer par l'assemblée générale pour constituer un fonds d'amortissement des actions privilégiées. Le reste de l'excédent : 35 p. c. aux actions privilégiées, 75 p. C. aux actions ordinaires.

La moitié des administrateurs de la Compagnie doit être' de nationalité belge; le gouvernement de TÊtat du Congo a le droit de nommer, auprès de la Compagnie du Katanga et des sociétés filiales constituées par elle, un commissaire délégué qui jouira des droits attribués aux membres du conseil d'administration, mais avec voix consultative.

Nous avons vu, dans notre premier livre, l'histoire des expéditions organisées par la Compagnie, expéditions qui ont donné de fort beaux résultats et qui permettent d'espérer la mise en exploitatiou prochaine des ressources de toute espèce qu'ofire cette province de notre colonie.

Vin. — Syndicat commercial du Katanga. — Le 21 octobre 1891, la Société anonyme belge du Haut-Congo s'entendit avec la Compagnie du Katanga pour rétablissement d'un compte spécial ou syndicat commercial ayant pour objet de traiter toutes opérations commerciales et notamment de faire le commerce de l'ivoire, du caoutchouc, du café, du riz, de la gomme copale, et, d'une manière générale, de tous les produits africains dans les territoires situés au sud des Slanley-Falls, sur le Congo, et au sud de Yanga, sur le Lomami.

Nous résumons ci-après la convention qui intervint entre les deux sociétés pour la constitution de ce Syndicat : les deux Compagnies s'interdisent de faire, dans le territoire visé, aucune opération concurrente; cette interdiction, en ce qui concerne la Compagnie du Katanga, est limitée à une distance d'un degré géographique des factoreries ou installations du Syndicat, ou des installations

projetées par le Syndicat, installations qui devront être occupées deux ans après la déclaration du projet; de plus, la Compagnie du Katanga conserve le droit de vendre, louer ou exploiter les territoires non occupés par le Syndicat ou sur lesquels il n*aura pas déclaré vouloir s'installer.

Apport des deux sociétés : 1^ la Société du Haut-Congo fait don au Syndicat de deux steamers ; elle transportera annuellement entre Matadi et Kinchassa, au prix de fr. 32.50 par charge, trois mille cinq cents charges de 30 kilogrammes. Cet apport est évalué à 400,000 francs, avec loisir à la Compagnie, au 31 décembre 1894, de faire un nouvel. apport de S00,000 francs; â*" la Compagnie du Katanga apporte 600,000 francs en espèces, dont 200,000 francs à verser immédiatement et le restant successivement à la demande du Syndicat.

Les bénéfices sont partagés entre les deux sociétés, au prorata de leurs apports.

La durée du Syndicat est fixée à vingt ans avec faculté de prorogation.

La première partie de notre ouvrage nous a montré les circonstances cruelles qui ont fait échouer Tintéressante entreprise du Syndicat, qui pourra être créé à nouveau dès que sera complète et définitive la pacification de la riche contrée où il devait opérer et qui avait laissé entrevoir de si légitimes espérances.

IX. — Société anversoise du commerce au Congo. — Cette société a été constituée le 2 février 1893, à Anvers, pour une durée de trente années; elle a pour but de faire, dans les limites les plus étendues, toutes opérations commerciales d^importations et d'exportations, d'exploitations minières, forestières, agricoles et autres, dans le territoire de l'État.

Le fonds social est de 1,250,000 francs, divisé en 2,500 actions privilégiées de 500 francs chacune; ce capital peut être augmenté. La Société a élu domicile à Monguandie.

X. — ânglo-Belgian India Rubber and Exploration Company. — » Cette société, dont le siège est à Anvers, a été constituée à Anvers

le 6 février 1893; elle a pour objet Texploitation et la Tente des produits naturels du Congo et toutes les opérations tendant à la réalisation la plus avantageuse des marchandises, soit à Tétat brut, soit après préparation ; elle pourra établir des usines et des établissements tant au Congo qu'en Europe.

Le fonds social est d'un million de francs, divisé en 2,000 actions de 500 francs; ce capital peut être augmenté.

La Société a fait élection de domicile à Basankussu.

XI. — ASSOCIATION POUR LÀ CULTURE DES TABACS. — Il S*est fondé

à Anvers, le 9 mai 1892, une association en participation ayant pour objet la culture des tabacs et d'autres plantes tropicales.

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