LE MILIEU NATUREL
I. Position astronomique et situation géographique. — La longitude des territoires du Congo belge correspond à celle de l'Europe centrale en sorte que l'écart entre le temps de Greenwich, qui est le nôtre, officiellement du moins (i), et le temps du Congo ne peut être considérable. Nos horloges marquant 12 heures, il est à Borna exactement 12 h. 52 m. 25 s. (130 6' 10" Long. Est Greenwich — Delporte & Gillis) et aux confins orientaux extrêmes du Congo, sous le 30e méridien Est de Greenwich, il est 14 heures.
Les possessions belges, entièrement comprises entre les latitudes 50 30' nord et 130 30' sud, se trouvent dans la zone équatoriale. Par ce fait, les rayons solaires, peu inclinés sur le plan de l'horizon, dardent lumière et chaleur puissantes. Le jour se voile et s'éteint rapidement en un crépuscule plus court que le nôtre et la durée de la nuit s'écarte peu de la
(1) Pour la facilité des relations internationales, le temps de Greenwich a été adopté par l'administration de nos chemins de fer. Par la force des choses, l'usage général de cette heure s'en est suivi dans tous les rouages de notre vie sociale et privée. Mais en réalité, lorsque nos horloges officielles marquent les 12 heures temps moyen de Greenwich, le soleil est déjà passé à notre mérh dien depuis 0 h. 17 m. 26 s. 9 (Uccle Observatoire 4° 21' 44" Long. Est Greenwich).
durée du jour (i); en un mot, le régime équinoxial règne au Congo comme en Amazonie en raison de très basses latitudes. Les climats de ces contrées sembleraient devoir correspondre si des différences considérables dans les conditions d'alti-
Etendues comparées de la Belgique et de son domaine colonial J a l'échelle de i a 25 000.000
tude et de disposition continentale ne faisaient dévier les effets climatériques de la position astronomique. L'Amazonie
(1) Nous entendons ici comme durée de la nuit l'intervalle de temps qui s'écoule entre le coucher et le lever du soleil. Ainsi donc la durée de la nuit, y compris les deux crépuscules courts du soir et du matin, diffère peu de la durée du jour plein.
Superficies comparées
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est une énorme plaine basse largement ouverte aux effluves océaniques. L'Insulinde est plongée dans les flots d'une mer chaude. Le bassin congolien au contraire est une grande plaine continentale déjà élevée — 300 à 500 mètres
— totalement fermée du côté de l'est à l'influence de l'Océan des Indes par le haut socle tabulaire des grands lacs et dégagée en grande partie à l'occident de l'action atlantique par la disposition en barrières des alignements montueux de l'ouest.
Par sa situation au milieu d'un continent très massif et élevé, par l'étendue considérable de domaines très ramassés
— 2,350,000 kilomètres carrés, 1/13 de l'Afrique, 80 fois la Belgique — le bassin congolien constitue un milieu équatorial original, différent de celui de l'Insulinde ou de l'Amazonie.
IL Le Sol. — Le relief.— Toute l'Afrique équatoriale de l'Océan Indien à l'Océan Atlantique, présente bien le type du relief tabulaire africain : à l'est, haut plateau évidé; à l'ouest, vaste plaine concave située à une altitude de 300 à 500 mètres et s'élevant graduellement dans toutes les directions. Ce vaste bassin intérieur, drainé par un des plus riches réseaux hydrographiques du monde, ne présente qu'une ouverture vers la mer, un goulot que se sont creusé et au travers
lequel se ruent les eaux de toutes les rivières rassemblées en le formidable collecteur central qu'est le fleuve Congo. Dans la zone côtière, ce courant s'assagit et se déverse- à l'Océan en un imposant estuaire bordé au nord et au sud par une petite plaine maritime.
Ainsi nous voyons bien la disposition du bassin du Congo et du plateau oriental de l'Afrique allemande, séparés l'un de l'autre par une zone très tourmentée, marquée de crevasses et d'enfoncements du sol suivant l'alignement des grands lacs Tanganika, Kivou, Albert, Albert-Edouard.
Remontant le Congo et ses affluents, nous parcourons une série de terrasses étagées, séparées les unes des autres par des pentes plus raides ou des rebords abrupts, sur lesquels les eaux se précipitent en rapides ou sautent en chutes.
Point de grandes et longues chaînes de montagnes. Les Plateaux montagneux de l'ouest et les Mitoumba, à l'est et au sud-est sont de puissantes surélévations parcourues par des chaînons plus ou moins courts, de direction souvent parallèles. Ces deux régimes montagneux aident à reconnaître trois parties principales dans le bassin congolien :
i° La région atlantique, peu large (maximum 300 kilomètres), plaine côtière sur laquelle s'évase le lit du fleuve engorgé à la traversée du haut relief occidental;
2° La région du milieu, en amont du confluent Congo-Kasaï, encadrée par les plateaux montagneux de l'ouest, le plateau de Lounda, les Mitoumba, la ceinture des grands lacs et son double ourlet montagneux, enfin les hauteurs tabulaires du nord qui s'abaissent en un seuil de moins de 500 mètres d'altitude et mettent en communication aisée les bassins du Tchad et du Congo. Cette région du milieu est elle-même répartie en deux principales terrasses dont le rebord de séparation est franchi en rapides et en chutes par le Congo et tous ses affluents. Ce rebord s'étend du Kwango, au sud-ouest, à l'Ouellé, au nord-est, sur la zone parcourue par les sinuo-
sites de la courbe de niveau de 500 mètres. Ces zones de rapides délimitent nettement les cours supérieurs des rivières congoliennes de leurs cours moyen ou inférieur. De ces deux
La disposition du relief congouen
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