‹ Le Congo;Chapitre 35 sur 126 · C. Bantu-Nuba · texte numérisé non relu

C. Bantu-Nuba

Mangbetu, Abarambo.

D. Nuba-Nilotiques :

Makrakra, Abaka, Fadjelu, Kahwa.

E. Indéterminés :

Mabodo.

A. — BANTU-NÊGRILLES

Les Walese et les Bambuba peuplent la lisière de la grande forêt vers la Semliki (Béni),

Ils ont pour voisins les Batwa (nains)i leurs parasites.

Les Wanande occupent le territoire situé au sud des Bambuba et à l'ouest des Bakonjo.

B. - BANTU-NÉGRILLES-NILOTIQUES

Les Lendu occupent le pays qui s'étend à l'ouest de la moitié inférieure du lac Albert. Une partie d'entre eux, établis un peu au nord de l'embouchure du Semliki, portent le nom de Balega.

Assez bien bâtis, quoique bas sur jambes (leur taille varie de i™6o à i^^ôS), les Lendu ont la peau de couleur brun chocolat, les cheveux longs, la

tête ronde, le nez large. Ils se trouent les lèvres pour y passer certains objets, et quelques-uns d'entre eux portent la barbe. Ils pratiquent la circoncision et ne se liment pas les dents.

L'homme porte un petit carré d'écorce en manière de pagne; quant à la femme, elle va complètement nue.

Les Lendu sont de véritables cannibales, tributaires de peuplades de la lisière [Pantdu et Pendolo).

Les huttes, petites, en forme de ruches, sont disséminées par groupes de six à huit.

Elles sont entourées de plantations de maïs, d'éleusine, de patates, de bananes, de sorgho, de colocase, de fèves et d'épi nards.

Les Momvu, disséminés entre les Mangbetu à l'ouest, le haut Uele au nord, les NUotiques à l'est et les Mabodo au sud, sont constitués en une série de tribus indépendantes se coalisant seulement devant un danger commun.

Les principales de ces tribus sont les Atede et les Antedemezi.

A une époque peu éloignée, les Momvu furent envahis par les Mangbele venus du nord. Ce peuple guerrier, inapte au travail, mais très habile à diriger celui des autres, se superposa aux occupants, mais fut bientôt vaincu par eux.

L'homme travaille seul et, fait exceptionnel au Congo, les femmes ne s'occupent que du ménage et de la famille.

Les villages sont nombreux et agréables, en-

tourés de vastes plantations de bananiers, de manioc y etc., parfois de plusieurs lieues d'un seul tenant.

Cette race est très apte aux métiers manuels et d'une bravoure qu'éprouva jadis l'expédition Van Kerckhoven.

a - BANTU-NUBA

Les Mangbetu. — L'origine des Mangbetu est encore fort discutée, et c'est peut-être plutôt comme indéterminés que comme Bantu-Nuba qu'il faudrait les classer.

Ils sont formés en un certain nombre de puissantes tribus établies entre l'Uele et la Nepoko.

C'est vers le xvii« siècle que l'on vit apparaître dans l'Uele la peuplade guerrière des Mangbetu, qui faisait d'ailleurs partie elle-même de la grande migration bantu : cette dernière suivit vraisemblablement une direction générale sud - ouest nord-est.

Les Mangbetu soumirent successivement les Mabodo et les Mayogo^ établis au nord de la Nepoko, puis les Medje et les Mapume^ habitants de la Teli. Les Mangbele et les Abisinga qui peuplaient les territoires limités par l'Uele, le Bomokandi et la Gada vivant en mauvaise intelligence, les premiers commirent la maladresse d'implorer le secours des Mangbetu qui, sous la direction du chef Tucba^ anéantirent les Abisinga et naturellement les Mangbele eux-mêmes. Ceux-ci furent définitive-

ment scindés en deux clans, l'un sur TUele, l'autre sur le haut Bomokandi où ils se trouvent encore.

Les Abarambo furent également rejetés vers le nord jusqu'au moment où, comme nous l'avons vu (i), le chef azande Déni les mit en fuite (i84o),

L'Etat politique des Mangbetu, puissamment organisé, groupe les villages en provinces dirigées par des membres de la famille du sultan. C'est ainsi que l'autorité de ce dernier est bien assise.

Les Mangbetu ne ressemblent à aucun de leurs voisins du nord. De taille un peu au-dessus de la moyenne, ils ont la démarche pleine d'assurance, le torse vigoureux, le regard doux, la chevelure abondante et laineuse, la voix claire.

Les chefs, qui seuls peuvent porter la barbe, la tordent parfois en tresses et relèvent leur coiffure en forme de casque. Les femmes sont de taille moyenne et fort avenantes avec leurs reins fortement cambrés et leurs longs cheveux arrangés avec beaucoup de goût. On rencontre parfois quelques albinos aux cheveux blonds et aux yeux bleus.

Les Mangbetu l'emportent surtout sur les autres nègres par leur morale relativement élevée. Ils ont le respect de la parole donnée et le sentiment de la solidarité nationale. /

La femme a presque autant de droits que le mari et elle a parfois une grande influence sur lui.

Le pays des Mangbetu est si peuplé et si bien

(z) Voir Ri»mêam Subûn.

cultivé que les terrains incultes y sont relativement rares. Ce ne sont partout que champs de patates, de manioc et de millet.

Leur industrie est très développée et ils sont sans rivaux dans la région comme forgerons, potiers, sculpteurs et constructeurs de pirogues. Aussi cette race compte-t-elle parmi les plus prospères de l'État et est-elle appelée au plus brillant avenir.

Les Abarambo sont établis sur la rive gauche de rUele depuis Mai-Munza jusqu'au rapide de Panga. Vers le sud, ils ne dépassent pas le Bomokandi. On rencontre aussi quelques tribus sur la rive droite de la rivière.

Ils se rattachent aux Mangbetu, dont ils semblent être une branche, mais ont été vaincus par les Azande. La population est très dense, très divisée et forme une foule de petites tribus indépendantes, continuellement en guerre Tune contre l'autre.

L'Abarambo est vigoureux et bien musclé et la femme bien faite. Le teint est clair et le tatouage relativement rare, mais ces indigènes s'enlèvent la conque de l'oreille, les cils et les sourcils, et se percent le nez.

Les Abarambo sont bien doués au point de vue intellectuel et paraissent capables de progresser. Seul leur état politique s'y est opposé jusqu'ici.

La population n'est pas groupée en villages, mais disséminée dans des métairies d'importances diverses.

Ce sont des chasseurs et des cultivateurs, dont

les champs de manioc, de patates douces et d'éleusine couvrent de vastes espaces; ils sont très industrieux et l'art du forgeron est tenu par eux en haute estime.

Les huttes sont cylindriques, construites en pisé et surmontées d'un toit en herbe de forme conique.

Leurs armes sont l'arc, la flèche et la sagaie.

Les Abarambo établis sur l'Uele, entre le mont Mandiando et le sommet septentrional du coude que dessine cette rivière entre Amadis et Bambili, sont appelés Bakango.

D. - NUBA-NILOTIQUES

Les Makrakra, établis au nord de la ligne de faîte Congo-Nil vers le 3o« méridien, ainsi qu'aux environs de Faradje, sont des nègres au teint noir à reflets rougeâtres, à l'air plus intelligent que les autres Nigritiens. Ils ont le nez moins épaté et les cheveux plus longs que ces derniers.

Excellents cultivateurs, ils vivent largement des produits de la terre. Ce sont des hommes très courageux, prêts à repousser tout envahisseur.

Les Abaka occupent le pays situé au sud-ouest des Makrakra, entre ces derniers et les Momvu.

Les Fadjelu occupent la région qui entoure Loka.

Ce sont des agriculteurs chez lesquels la polygamie est d'usage courant.

Les Kakwa, agriculteurs également, vivent dans les environs de Ye.

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