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LA SAISON CHAUDE OU DES PLUIES

La saison chaude ou des pluies, qui serait plus exactement appelée saison des orages, est la mauvaise saison du Congo.

Elle est caractérisée :

i^ Par une chaleur constante ;

20 Par un haut degré d'hygrométrie ;

3® Par une faible pression barométrique;

40 Par une forte dose d'électricité.

Température. — Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la température de la zone équatoriale est moindre que celle de la zone tropicale, surtout du nord, par suite de la plus grande humidité de l'air et surtout de la présence de l'anneau de nuages qui tamise les rayons du soleil pendant le jour et modère le rayonnement nocturne.

Les observations faites sur toute l'étendue du Congo, mais dont la durée ne permet pas encore de déduire des données certaines, ofirent les résultats suivants :

MAXUiA JftBNSUBLS MAZIMA ABSOLUS

1 Banana Avr. 27^7 (1890) Nov. 87®

Région côtière ] Maiadi Mare 3o°6 (iSgS) Avr. 38^ (iSgS)

( LéopoldvilU . . Avr. aô^'g Avr. 36% (1886)

iBolobo ...... Oct. 26^9 Avr. 36^2 (1895) Êquateurville. Avr. 26% Avr. 34^5 (1892) Janv.J Nouv.'Anvers. Fév. 27^3 (1891) Mai (38® (1891)

Juin )

Région super. . Lofoi Sept. 40° (1895)

Le maximum absolu observé dans l'État l'a été à Lofoi : 40** le 1 3 septembre iSgS.

Ces températures ne sont accablantes que vers le milieu du jour, de 11 à 3 heures. Ce sont des heures pendant lesquelles il est bon de se soustraire à l'influence dangereuse du soleil et de prendre un repos indispensable dans un endroit

rafraîchi par la brise. La dififérence entre le jour et la nuit est en moyenne de 8^5 (d'après sept stations de l'État) (i), les nuits conservant une température moyenne de 20® à 24®. Toutefois, même à cette température, elles sont reposantes.

Hygrométrie. — La tension de vapeur ou quantité absolue de vapeur contenue dans l'atmosphère, se développant par l'excès d'humidité de l'air, atteint son maximum pendant la saison des pluies.

Cette tension est plus forte sur la côte qu'à l'intérieur; elle augmente du sud au nord sur la côte, et à l'intérieur elle diminue avec l'altitude.

La plus forte tension se produit généralement en avril et la plus faible en août (Bas-Congo et Moyen-Congo). A Vivi elle varie pendant les six mois de fortes pluies de i6°^™6 à 20«^4 (2).

En ce qui concerne l'humidité de l'air, il y a lieu de faire remarquer tout d'abord qu'alors que dans nos climats la saison de moindre humidité relative est la saison chaude, au Congo c'est la saison froide que l'on a judicieusement dénommée saison sèche^

L'humidité relative de l'air pendant cette saison varie à Vivi de 70.7 à 82 ®/o. Ce maximum est atteint en avril (3).

Pression barométrique. — La pression baromé^ trique est d'autant plus faible que la tension de

(i) A Bruxelles, elle n'est que de j^,

(2) Les conclusions tirées des observations faites à Vivi peuvent s'appliquer à toute la région du Bas-Congo et du Moyen-Congo.

(3) A Bruxelles 79.7, mais au Congo cette moyenne correspond à una

vapeur est plus grande, puisque cette dernière se substitue à l'air sec et est plus dense que lui. La hauteur moyenne au Congo est de 760"^"^ environ.

La moyenne de la pression barométrique pendant les dix mois de chaleur et d'humidité varie de 75 1"^ à 746"^"^5 (minimum absolu d'avril i883).

Orages et pluies. — C'est une erreur de croire que pendant la saison des pluies il pleut continuellement. Il n'en est rien : il y a, deux ou trois fois par semaine, de formidables orages appelés « tornades », accompagnés de pluies diluviennes, il est vrai, mais qui ne durent que deux ou trois heures, après quoi le ciel, devient serein. L'air est, pendant la saison des pluies, chargé d'électricité, surtout en mars et en avril, et presque tous les soirs des éclairs sillonnent l'atmosphère dans diverses directions. Les tornades sont parfois accompagnées de grêle.

Le pluviomètre a donné comme chute d'eau :

NOMBRB

MAXIMAMBN8UE18 «^J^e •*;»&?* "u '"^^vlS""

saison des pluies.

Banana Avr. 24o"^(i89i) 80(1893/94) 59 (1890/9S)

LéopoldvUle . . Avr. 262.8(1886) 127(1886/87) 112 (1886/87)

Bolobo Nov. 411.7(1895) 75(1895)... 38? (1894)

ÉquaieurvUU, Nov 129 (1892). . . 112 (1891/92)

Tanganika, . . Avr. 265 (1882) io3 36 (1881/82)

Kaianga i5o (1891/92) 1 19 (1891)

température de 270 et en Belgique à une température de io<» seulement. L'état hygrométrique de Tair a ^ur enet d'altérer sa teneur en oxygène et de modifier ainsi la respiration, qui, normalement, exige une certaine pression de ce dernier gaz.

Le régime des pluies est très variable. On peut cependant déduire des observations faites que dans la région tropicale il pleut pendant huit mois de Tannée et que pendant les quatre autres mois il ne tombe aucune quantité mensurable d'eau.

La fréquence des pluies paraît augmenter de la côte vers l'intérieur.

Ce fait, plus nettement marqué vers le sud que vers le nord, « s'explique par le passage des nuages venant généralement du continent, c'est-àdire de l'est, sur les régions montagneuses qu'ils rencontrent avant d'arriver à la côte occidentale » (i).

Enfin n'oublions pas l'influence de la présence de la grande forêt sur le régime des saisons dans le nord, l'est et le centre du Congo : l'humidité évaporée par la surface y est précipitée avant d'être emportée au loin.

En huit mois, la chute d'eau en Belgique est de 487,3°^"^.

Pendant le même laps de temps elle atteint au Congo 1122,09*^^, soit plus du double.

Les mois les plus mauvais de la saison des pluies, dans l'hémisphère austral, sont ceux de mars et d'avril.

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