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VI. - DIRECTION DE LA FORCE PUBLIQUE

L'organisation d'une armée coloniale doit, comme l'organisation de toute armée d'ailleurs, être en rapport avec les forces qu'elle est appelée à combattre et avec la nature du sol et le climat du pays que celles-ci occupent.

Destiné sans doute à rester un État ou une colonie militairement faible, n'étant habité que par des peuples très courageux parfois, mais que n'unit aucun lien religieux ni politique, l'État du Congo n'a pas dû, comme les Hollandais et les Anglais aux Indes, comme les Français en Algérie, se créer une puissante et coûteuse armée.

Une seule arme est possible dans ce pays forestier et broussailleux, aux communications terrestres des plus rudimentaires : c'est une bonne infanterie avec quelques canons.

D'autre part, le Congo étant situé dans la région des pluies équatoriales, les hommes doivent, pour résister facilement au climat, être recrutés dans les régions tropicales humides.

Donc, pas de troupes européennes, pas de rassemblements importants de forces, à moins qu'il ne faille, d'un vigoureux effort, briser une forte résistance, mais de petits groupes de soldats noirs, ayant reçu une solide instruction militaire dans les camps disséminés sur toute Tétendue de la colonie, sous les ordres de chefs européens; des recrues s'instruisant dans les camps permanents et formant une réserve prête à fournir des renforts : tels sont les principes d'organisation de la force publique congolaise.

But. — La force publique est chargée d'assurer l'exécution des lois et la sécurité dans les parties de l'État où l'autorité de ce dernier est complètement assise, d'appuyer l'action administrative à mesure que s'étend l'occupation du territoire et de ramener au respect des lois les populations qui viendraient à les méconnaître.

C'est donc en somme une force de police intérieure.

Force publique. Recrutement. — Elle se recrute par des levées annuelles et par des engagements volontaires.

Toutes les parties de l'État participent à ces levées annuelles. A cet effet, les chefs territoriaux divisent les territoires effectivement administrés par eux en régions de recrutement et fixent le nombre de miliciens à fournir annuellement par chacune d'elles.

Les levées se font, autant que possible, par voie de tirage au sort, entre les hommes de 14 à 3o ans.

Le chiffre du contingent est de i,6oo hommes pour 1908.

Le terme de service est de sept ans dans l'armée active. Les miliciens passent alors administrativement au corps de réserve pour cinq ans et rentrent dans leurs foyers, à moins qu'ils ne préfèrent signer un rengagement.

Dans le premier cas, ils sont soumis à des revues annuelles.

Les volontaires contractent soit un engagement de moins de quatre ans, et reçoivent alors leur instruction dans leur district d'origine, soit un engagement de quatre ans et plus, et sont dirigés dans ce cas sur les camps d'instruction.

EflFectif. — La force publique atteignait en 1907 le chiffre de 1 3.736 soldats, non compris les cadres européens qui sont recrutés en grande partie dans l'armée belge.

Forces militaires comparées.

Afrique orientale anglaise : 3, 800 hommes et 56 officiers. » » allemande : 2,5io hommes et 275 blancs.

Angola : 4,73 1 hommes.

Congo français : 1,680 hommes dont 1,478 natifs. Uganda : 2,56o hommes (1904).

Nyasaland : 879 hommes.

Organisation. — Le gouverneur général est le commandant suprême de la force publique.

Celle-ci se compose d'un état-major, de vingt et une compagnies actives, d'une compagnie d'artillerie et du génie, d'une compagnie auxiliaire des

chemins de fer du Congo supérieur, de trois corps de police, d'un corps de réserve, de trois camps d'instruction, d'une école des candidats sergentscomptables et d'une école d'armuriers noirs.

Uétat-major réside à Boma et comprend : le commandant de la force publique, des capitaines-corn* mandants adjoints à l'état-major et surtout chargés de missions d'inspection, des officiers adjoints et des souS'Officiers archivistes.

Chaque compagnie est commandée par un officier commandant et comprend plusieurs pelotons placés sous les ordres à'offi^iers, d^agents militaires, de premiers sous-officiers ou de sous-officiers.

Le cadre européen comporte encore des chefs comptables militaires chargés de l'administration.

Le cadre indigène comprend des caporaux, des sergents, sergents-majors, sergents-comptables, un caporal clairon et des clairons.

Les compagnies sont réparties comme suit : Vingt et une compagnies actives :

Quartier principal

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