INDUSTRIES MANUELLES
Les industries manuelles sont assez nombreuses quoique peu développées. Certaines tribus se spécialisent et vendent les produits de leur fabrication aux tribus voisines. Bien qu'obtenus
(i) Voir Géologie^ page i3.
par des procédés rudimentaires, les produits de rindustrie indigène atteignent parfois un fini remarquable.
Industrie méiallurgique.
L'industrie métallurgique est la plus remarquable ; elle s'étend au fer et au cuivre.
Le fer est généralement acheté à l'état brut à d'autres tribus. Il sert à faire des armes, fers de lances, pointes de flèches acérées, des couteaux, des rasoirs, des houes, des harpons, etc.
Le cuivre sert surtout à embellir les armes et à faire des ornements de toilette, etc. Tous ces instruments sont très bien travaillés et leurs formes révèlent parfois un goût réel.
Parmi les meilleures tribus de forgerons citons les ZapO'Zap qui depuis longtemps déjà travaillent pour les Européens, les Bakuba, les Mongo de l'Equateur, les habitants du haut Aruzvimi, les Bondjo, les Beni-Marungu, les Tumba, les Samba, les Mangbetu, les Abarambo, etc.
Industrie céramique.
L'industrie céramique est très pratiquée. Les poteries se font généralement à la main et parfois, chez certaines tribus, au tour; toutefois, ce dernier est encore très rudimentaire.
Les marmites, pots à bière, assiettes, vases, etc., sont agrémentés de dessins gravés ou en saillie
qui ne sont pas dépourvus de valeur artistique. Les poteries les plus remarquables sont celles de la région maritime, du Bas-Congo, des Baieke, des Babuma, de VÉquateur, des Bangala, du hatU Ubangi, de VAruwimi, de VUele, du Kasai et du Kwango.
Vannerie.
La vannerie a atteint une véritable perfection et souffre la comparaison avec les meilleures vanneries européennes. Cette industrie a pris au Congo une grande extension depuis son utilisation dans le commerce des gommes.
Un grand nombre d'indigènes confectionnent régulièrement des paniers destinés à l'emballage du caoutchouc; une compagnie en achète à elle seule plus de 5o,ooo chaque année.
Tissage.
L'industrie du tissage utilise les fibres de nombreux palmiers ainsi que le coton et le chanvre. A l'aide d'un métier analogue aux anciens métiers européens, les nègres confectionnent des étoffes très serrées, résistantes et d'une grande variété de dessins.
Conclusions.
Les richesses agricoles du Congo offrent au colon un champ d'action vaste et rémunérateur. Si l'industrie ne peut pas, à l'heure actuelle, entrer
en ligne de compte dans la situation économique du pays y les importants gisements miniers découverts dans le cours de ces dernières années assurent aux industries extractives, dans un avenir peu éloigné, un rôle considérable.
Les industries menacées par l'importation des produits européens supportent malaisément la concurrence avec ces derniers et, comme conséquence de cet état de choses, certaines d'entre elles se modifient, d'autres disparaissent même complètement.
Par contre, il est hors de doute que la nouvelle situation économique créée par l'arrivée des blancs provoquera l'éclosion, parmi les indigènes, d'industries nouvelles.