‹ Le Congrès de la Baie Saint-PaulChapitre 7 sur 23 · SAINT-AGNÈS · texte numérisé non relu

SAINT-AGNÈS

De tes monts escarpés, Marquis de Sainte Agnèse, Descends, viens nous montrer la race Montagnaise. La paix règne au grand nord ; le sabre est au fourreau ; Des travaux sur l'histoire enrichis ton Bureau !

Le Montagnais, dis-nous, est-il fait comme un homme ? Vit-il de chair humaine, ou de bourgeons de gomme ? Viens, révèle au Congrès ce type original Qui tient un si beau rang dans le règne animal. Les cents peuples du nord auront donc leur histoire : En l'écrivant, Dagnès y trouvera sa gloire.

LIBEETIN

Vive Napoléon ! Vive Laliberté !

On acclamait un membre au Congrès ajouté. Pour le dire en deux mots, je pense qu'à tout prendre On ne saurait noter quel service il sut rendre. En entrant il se range en tête des mutins,

Et de suite est élu le chef des Libertins.

Pour savoir le seul bien auquel il participe,

C'est qu'il fut toujours stable en son mauvais principe.

Il était riche : on sait comment il s'enrichit ;

Notons, pour son honneur, que ce fut sans délit.

Souvent pour les neveux une mort opportune,

En exportant le deuil, importe la fortune !

Il a baissé le ton, ce tribun révolté,

Depuis qu'en d'autres lieux, il est l'autorité.

Le chef des Mascoutins a changé de carrière ;

Il a changé de nom, de tître, de bannière.

Grand maître de sa loge, au château Saint-Michel,

Il n'a qu'un ordre, un mot : pouvoir universel !

Du reste, il l'a juré : Paix avec tout le monde !

Il ne veut qu'un tribut : Révérence profonde !

Sur la rive du sud, en face d'Orléan, Il commande le ciel, la terre et l'océan. Le loup s'est fait agneau. Toujours soumis, il aime,

Adore le pouvoir c'est-à-dire lui-même !

Mais pour bien réussir rien ne vaut le succès. Puisqu'on s'en trouve bien je renonce au procès.

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