‹ Le Congrès des religions à Chicago en 1893 [microform]Chapitre 22 sur 195 · Barrows. I · texte numérisé non relu

Barrows. I

l'homme. 63

spirituel fut introduit dans le taoïsme, vers Tannée 420, par les commentaires des disciples. Le Wu-Chin-Pieu, un do nos livres orthodoxes, ne fait que discuter sur l'importance de ce germe immortel. On érigea en pratique l'art d' c aspirer le souffle de vie », et le caractère fondamental du taoïsme subit un changement. On chercha le secret de ce germe vital et l'art de l'épurer : de là une nouvelle transformation du taoïsme. Enfin Chang-Lou (385-482) recourut à des procédés magiques dans son enseignement et recommanda les jeûnes, les prières et les incantations, pour obtenir les faveurs du ciel et détourner les calamités. Alors les doctrines fondamentales du taoïsme eurent disparu. >

Ainsi le taoïsme, en dépit de son mélange avec la magie, aboutit à des conceptions spiritualistes sur l'homme et sa destinée future. A ce point de vue, cette religion dépasse la doctrine de Confucius. Elle se préoccupe des besoins de l'âme et indique, en termes mystiques, les moyens de développer en nous ce germe d'immortalité.

« Ceux-là seulement qui accomplissent la volonté du ciel, dit l'Essai sur le taoïsme^, sont capables de remplir leurs devoirs envers les hommes. Ceux qui s'appliquent réellement à la religion, cultivent leur nature spirituelle, conservent leurs âmes, rassemblent les forces spirituelles et surveillent leurs cœurs. Ils croient que, si la nature spirituelle n'est pas cultivée, elle dépérit ; que si l'âme n'est pas conservée, elle meurt tous les jours.... Pratiquez la vertu dans le calme et pour longtemps. Faites paraître quelque chose de l'invisible et ensuite que cela retourne à l'invisible ! Recueillez vos forces, jusqu'à ce que vous ayez des germes de vie. Voilà ce qui s'appelle créer. Semez ces germes, nourrissez-les de votre influence, exercez-les pour maintenir vos esprits et pour les mener du visible à l'invisible. Quand les devoirs de la vie humaine ont été remplis, il n'est pas un atome du germe spirituel éternel qui risque de se perdre ; dans le cas contraire, cette parcelle de lumière divine est inerte (yin); elle est éteinte par les mauvaises influences de cette vie. »

Page 1