XVI PRÉFACE
Léopold P"" décréta qu'un monument serait érigé dans la ville de Bruxelles en Thonneur de l'assemblée constituante de la Belgique (1).
Heureux les peuples qui n'oublient pas les jours glorieux où l'indépendance de la patrie fut reconquise, où ses libertés furent affermies 1 Ce souvenir est l'enseignement de la postérité. En perpétuant de grandes et nobles traditions^ il éclaire et encourage les générations nouvelles ; il rectifie les écarts des partis ; il soutient, il féconde le sentiment national,. dans son expression la plus pure, la plus sérieuse, la plus complète.
Mais honorons aussi le Clongrès en continuant son œuvre. Nous arrêter, ce serait déchoir. La politique du pays a sa source dans une constitution libérale, la plus libérale de l'Europe : elle doit donc demeurer active, progressive, sagement prévoyante. Ayons foi dans la Providence, mais comptons aussi sur notre propre labeur.
Rappelons*nous toujours le vœu patriotique du roi Léopold II : « L'édifice dont le Congrès a jeté les fondements peut s'élever et s'élèvera encore. »
Bruxelles, 15 juin 1879.
Th. Juste.
(l)^Le monument dédié au Congrès national cl à la Constitution a été solennellement inauguré le 26 septembi'C 1859.
PRÉFACE XVn
Depuis que M. Nothomb, après avoir pris une grande part aux actes du Congrès, exposa, dans un livre dont le succès fiit européen, les résultats de la révolution belge de 1830, rhlstoire de cette révolution a été écrite sous diverses formes, tant en Belgique qu'en Hollande, en France, en Angleterre. Des collections considérables ont été consacrées aux affaires diplomatiques de l'ancien royaume des Pays-Bas; en 1844, les discussions même du Congrès, jusqu'alors éparpillées dans les journaux de l'époque, ont été impartialement recueillies (1). Mais le grand ouvrage de M. Huyttens n'avait pourtant pas comblé toutes les lacunes ; tous les incidents n'étaient pas éclaircis; sur des questions politiques d'une haute importance, sur les épisodes les plus instructifs et les plus mémorables, on attendait encore des renseignements. Nous espérons satisfaire la curiosité légitime du public. Il nous a été permis de mettre en œuvre, pour la première fois, tous les documents officiels laissés dans les archives de l'État par le comité diplomatique et les deux ministères de la
(1) Discussions du Congrès national de Belgique^ mises eu ordre et publiées par le chevalier Emile Huyttens, greffier de la Chambre des représentants, précédées d*uDe introduction et suivies de plusieurs actes relatifs au gouvernement provisoire et au Congrès, des projets de décrets, des rapports, des documents diplomatiques imprimés par ordre de rassemblée, et de pièces inédiles. Bruxelles, 1844, 5 vol. grand in-8^
XVni PRÉFACE
Bégence. Là ne se sont pas bornées nos investigations. Plusieurs des principaux fondateurs de la monarchie belge ont mis librement à notre disposition, avec les pièces justificatives, des notes qu'ils avaient écrites au fur et à mesure que s'accomplissaient les événements auxquels ils participaient. Il nous a été permis de consulter les papiers laissés par MM. de Potter, A. Gendebien, Sylvain Van de Weyer et Félix deMérode,qui tous les quatre faisaient partie du gouvernement provisoire; les correspondances conservées par le baron Surlet de Chokier, qui fut régent de la Belgique ; les souvenirs manuscrits de Joseph Lebeau ; la correspondance diplomatique de M. Lehon, etc., etc. Nous avons également mis à profit les importantes révélations qui ont été faites récemment en Angleterre et en Allemagne, notamment par Téminent auteur de la Vie de lord Palmerston et l'éditeur des Souvenirs du baron Stockmar.
C'est ainsi que nous avons cherché, en utilisant toutes les informations et en interrogeant toutes les opinions, à présenter dans leur vrai jour les événements qui constituent l'histoire du Congrès National de Belgique.