‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 186 sur 329 · ADMISSION D OFFICIERS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

ADMISSION D OFFICIERS ÉTRANGERS

l*admission au service belge d'officiers supérieurs étrangers jusqu'à la paix. Le but de ce décret était non de forcer le gouvernement à prendre un général en chef étranger, mais seulement de l'autoriser à choisir une ou plusieurs illustrations militaires, si rintérét du pays le commandait. M. Van de Weyer rappela que la révolution belge de 1790 avait été trahie par un générai étranger, le prussien Schcenfeld ; il soutint ensuite que le projet était inconstitutionnel, c'est-à-dire en opposition avec l'art. 6 de la Constitution, qui ne peut s'appliquer qu'à des cas individuels. D'autres membres soutinrent, au contraire, que, par les mots cas particuliers employés dans la Constitution, il ne faut pas entendre des cas individuels, mais bien des circonstances particulières. « Ne nous montrons pas si difficiles, » dit M. Lebeau, « sachons nous plier aux circonstances. Lorsque les » Américains combattaient pour leur liberté, ont-ils » repoussé de leurs rangs l'illustre la Fayette ? Ont- » ils repoussé les Rochambeau, les Ségur et tant » d'autres noms illustres? Lorsque Byron, lorsque i> Fabvier se sont présentés aux Grecs, le Sénat de la » Grèce, pour une susceptibilité nationale ridicule, » a-t-il refusé le secours de leurs bras ? Tous les amis » de la liberté sont nos frères. Accueillons-les quand » ils viennent verser leur sang pour la plus noble des » causes. » — « Du sein de la guerre, » répondit M. Van de Weyer, « surgiront des talents : les grandes » gloires de l'empire français sortirent des derniers D rangs de l'armée. La Belgique n'est pas stérile en

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» valeur, en capacité et en courage. L'amour de » l'indépendance et de la patrie donnera une noble » émulation à tous nos braves... Dans notre armée, » telle qu elle est comjiosée actuellement, nous avons » pu distinguer des chefs habiles et dignes en tout de » se mettre à la hauteur de la cause que nous défen- » dons ; de même que, dans cette assemblée, des » talents nouveaux et jusqu'ici inconnus ont trouvé » l'occasion de briller. Laissons aux hasards de la » guerre le soin de nous désigner ceux qui seront » dignes de conduire nos phalanges à la victoire. »

Plusieurs députés, même parmi les plus influents, partageaient les doutes de M. Van de Weyer sur la constitutionnalité du décret. Aussi la section centrale jugea-t-elle nécessaire de le modifier : pour rester dans les termes de la Constitution, elle fixa le nombre et détermina l'emploi des officiers étrangers à appeler dans l'arniée belge. Le gouvernement devait être autorisé à employer jusqu'à la paix : un général en chef et trois officiers supérieurs ; dans l'artillerie : un colonel, trois chefs de bataillon, douze capitaines et vingt lieutenants et sous-lieutenants. Ces officiers pourraient, à la paix, demeurer au service de la Belgique, s'ils obtenaient, à raison de leurs services, des lettres de naturalisation. L'article 124 de la Constitution était rendu applicable aux étrangers qui tenaient du gouvernement provisoire les grades qu'ils occupaient dans l'armée ; ils étaient maintenus et admissibles à des grades supérieurs de la même manière que les Belges.

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