‹ Le Congrès national de Belgique, 1830-1831Chapitre 76 sur 329 · SOULÈVEMENT DE VARSOVIE · texte numérisé non relu

SOULÈVEMENT DE VARSOVIE

à peser sur l'Occident; le gouveraemeat prussien dut surveiller le graoJ-duché de Posen, et songer même à sa propre sûreté. Des sentiments, longtemps comprimés, venaient de se faire jour. L'opinion publique se déclarait hautement en faveur des Polonais ; des idées de liberté, de constitution, de représentation nationale, étouffées depuis 1815, suivissaient de nouveau. La Prusse, mûre aussi pour une révolution, l'aurait peut-être essayée dès lors sans l'affection personnelle qu'elle portait à Frédéric- Guillaume III. On entendait des Prussiens influents déclarer froidement qu'ils ajournaient leur liberté au décès du roi : « Tant qu'il vivra, disaient-ils, nous voulons bien nous passer de charte ; mais, après lui, nous voulons un gouvernement constitutionnel. » De pareils discours, tenus publiquement, devaient nécessairement réagir sur les dispositions de la cour. La France craignait-elle la reconstitution de la Sainte- Alliance ? « La France ne permettra point, » disait M. LafBtteà la tribune de la Chambre des députés, le 1*^*^ décembre, « que le principe de non-interven- » tion soit violé ; mais elle s'efforcera aussi d'empê- » cher que l'on compromette une paix qui aurait pu » être conservée. Nous continuerons donc à négocier, » et tout nous fait espérer que ces négociations » seront heureuses. Mais en négociant, nous arme- » rons. Sous très peu de temps, nous aurons, outre » nos places fortes, approvisionnées et défendues, » cinq cent mille hommes en bataille, bien armés, » bien organisés, bien commandés. Un million de

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o gardes nationaux les appuieront, et le roi, s*il en » était besoin, se mettrait à la tête de la nation... Si » les tempêtes éclataient à la vue des trois couleurs » et se faisaient nos auxiliaires, nous n'en serions » pas comptables à l'univers. »

Après la discussion relative au Sénat, MM. Van de Weyer et Alex. Gendebien avaient été chargés d'une nouvelle mission à Paris. Ils y arrivèrent pendant le procès des ministres de Charles X. Ils trouvèrent les ministres de Louis-Philippe inquiets, et le général Sébastiani, chargé des affaires étrangères, plus inquiet, plus agité que ses collègues ; ses réponses étaient en général froides et dilatoires. De nouveau, il se montra hostile à la candidature du prince Léopold de Saxc-Cobourg, même allié à la maison d'Orléans. Il déclara toutefois que la séparation de la Belgique d'avec la Hollande, et son indépendance comme État séparé, étaient établies en principe par les cinq puissances. Cette grande nouvelle fut confirmée, le 28 décembre, à la tribune de la Chambre des députés par M. LaOStte. « Les cinq » puissances, » dit-il, « viennent de reconnaître et ont » signé en commun l'indépendance de la Belgique. » Cette grande question de la Belgique, de laquelle » on pouvait craindre une occasion de guerre, la » voilà donc résolue dans son point essentiel. »

En effet, le 31 décembre, après la séance du Congrès, qui s'était prolongée jusqu'à minuit, les commissaires de la conférence de Londres, M. Bresson et lord Ponsonby, successeur de M. Cartwright, firent parvenir au comité diplomatique un protocole qui

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prononçait la dissolution du royaume-uni des Pays- Bas. Cet acte mémorable portait la date du 20 décembre : il déclarait détruite l'union de la Belgique et de la Hollande, mais n'affranchissait pas la Belgique de la part des devoirs européens qu elle avait eu à remplir pendant qu'elle faisait partie intégrante du royaume des Pays-Bas. La conférence s'occuperait de discuter et de concerter les nouveaux arrangements les plus propres à combiner l'indépendance future de la Belgique avec les stipulations des traités de 1814 et 1815, avec les intérêts de la sécurité des autres puissances, et avec la conservation de V équilibre européen, « A cet effet, disait le protocole, la conférence, » tout en continuant ses négociations avec le pléni- » potentiaire de S. M. le roi des Pays-Bas, engagera » le gouvernement provisoire de la Belgique à » envoyer à Londres, le plus tôt possible, des com- » missaires munis d'instructions et de pouvoirs assez » amples pour être consultés et entendus sur tout ce » qui pourra faciliter l'adoption définitive des arran- » gements dont il a été fait mention plus haut. Ces » arrangements ne pourront affecter en rien les droits » que le roi des Pays-Bas et la Confédération germa- » nique exercent sur le grand-duché de Luxem- » bourg. »

Les commissaires, réclamés par la conférence, avaient déjà été choisis ; MM. Van de Weyer et H. Vilain XIIIl venaient de s'embarquer pour Londres. M. Gendebien, resté à Paris, devait défendre les droits des Belges sur le Luxembourg, et recueillir

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