LIVRE III
juration du connétable n'avait, en somme, rien donné. La France qui, à l'automne, devait être partout envahie, se trouvait, à la fin de cette même année 1523, délivrée. Charles-Quint en était réduit à abandonner son projet en se promettant, comme consolation, une revanche dans le Milanais, revanche qu'il allait devoir, après un premier échec, au connétable '.
De Plaisance, Bourbon gagna Gênes avec l'intention de s'y embarquer pour l'Espagne. Il y attendit cinq semaines un vent favorable en même temps que le retour de Lurcy qu'il avait envoyé vers l'empereur dès son entrée en Allemagne. Lurcy, tardant par trop, Bourbon allait s'embarquer quand il arriva enfin en compagnie de du Reux ; ils étaient chargés d'otTrir au connétable d'aller, comme il le projetait, en Espagne, ou bien de rester en Italie avec l'armée. « Sur lesquelles offres, il conclut de demourerau duché de Milan pour veoir à quelle fin tourneroient ces deux grosses armées du roi et de l'empereur, attendu mesmes que desjà nostre armée tout l'hyver s'estoit ruinée devant Milan; et sur ladite résolution, alla trouver le vice-roi de Naples et l'armée impériale à Binasq '. » C'est là sans doute que vint le retrouver l'évêque dAutun, mis bientôt en liberté par le roi. Il l'avertit de ce qui se passait en France et que toutes les places de ses Etats étaient entre les mains de François P"", à commencer par le château de Cliantelle qu'aimait particulièrement le connétable et qui « renfermait les plus beaux meubles qui fussent en maison de prince de la chrestienté'' ».
L'armée du roi de France était très forte pour le temps; elle comprenait 1.500 hommes d'armes et