‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 342 sur 366 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

des ennemis, non moins que des Romains un peu instruits ».

Peu à peu, cependant, Clément Vil parut reprendre de l'assurance et, surtout, s'efforça de persuader au peuple que Rome était imprenable. Renzo da Ceri s'en montrait tellement siir quant à lui qu'il emp(''cha de couper les ponts du Tibre, ce qui, pour un certain temps du moins, eût sauvé la partie la plus importante de la cité. Des présages avaient menao- la Ville Eternelle des plus grands malheurs. Un habitant de Sienne à allures d'apôtre avait prédit la destruction des prêtres et de la cour de Rome, d'une voix lamentable, en parcourant les rues dans un état effrayant de nudité; une mule avait mis bas dans le palais de la Chancellerie et, peu de jours auparavant, une grande partie du mur qui unit le palais du pape au château Saint-Ange s'était écroulée tout à coup; un coup de foudre avait enlevé les bras de la vierge de l'église Sainte-Marie Transpontine, la couronne qu'elle portait sur la tète et son enfant Jésus ; enfin, la Sainte-Eucharistie, après avoir été enfermée le jeudi dans le tabernacle de la chapelle du pape, avait été trouvée le lendemain matin répandue par terre'.

Avant l'aube, le lundi 6 mai, les troupes bourbonniennes se mirent en marche vei's le Borgo"^ dont les remparts assez bas s'étendaient sur les pentes du Vatican 3. Le signal de l'attaque fut donné à deux heures du matin ' elles troupes attaquèrent le Borgo sur trois points. Bourbon avait formé les trois colonnes avec des soldats de nations différentes. Espagnols, Allemands et Italiens, afin d'exciter leur émulation. Il était à cheval et portait par-dessus son armure une casaque blanche '^

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