LIVRE IV
monter quand il reçut une balle d'arquebuse dans l'aine. Si l'on en croit une relation sur la prise de Rome écrite le 3 juin 1527*, il ne fut pas tué sur le coup; il aurait eu la force de recommander que l'on continuât l'attaque sans se préoccuper de lui puis, conduit ensuite à l'église du Campo-Santo, y aurait reçu les derniers sacrements tandis que ses troupes saccageaient déjà la ville; il aurait même pu demander à être enterré à Milan et charger son confesseur de certaines recommandations pour Charles-Quint. Il expira, après une courte agonie, en criant sans cesse : « A Rome ! à Rome ! » — D'après la relation de Montrichard^, au moment où il alhiit tenter l'escalade, il fut atteint d'un coup d'arquebuse et ne put que s'écrier : « Ha! Nostre Dame! je suis mort! » en tombant pour rendre le dernier soupir dans les bras d'un de ses écuyers, Le Lorrain. Martin du Bellay parle de même et ajoute que « le prince d'Orange estant plus prochain de luy quand il tomba, le feist tost couvrir d'un manteau, à ce que les soldats voyant leur chef, ne s'estonnassent, puis suivit chauldement
•1. Mss. Bréquigny, vol. 92, fol. III : « Estant encoires sur la muraille, mond. Sr. de Bourlaon lust tellemeat blesché et constraiat de l'.iyder à descendre et feust porté à une chapelle estant assys près de la ville ou il fust regardé quelque espace de temps et jusques que ladite porte de Thuriun fut gaignée et que les gens de guerre y peurent entrer, que lors ledit Sr fust porte dedans Téglise de Campo- saint... M. de Bourbon termina de vie par mort, mais avant icelle list le debvoir de bon chrétien, car il se confessa et rechut son créateur, requist qu'il fust porté en Milan, et dit on qu'il avoit en son entendement Rome, pour ce qu'il disoit toujours : A Rome ! à Rome! » — A son confesseur, Bourbon expliqua sa conduite et se justifia en lui disant qu'il n'avait eu aucune intention hostile contre le pape et (lu'il voulait seulement le retirer de la Ligue « faulcement nommée saincte ». Il demandait aussi à Charles- Quint, s'il faisait la paix avec François P', de faire comprendre dans cette paix son neveu et son héritier, le prince de la Roche-sur-Yon, ainsi que tous ses gentilshommes, officiers et serviteurs. — De ce Guillaume du Bellay dont la lettre à l'amiral Chabot de Brion est si intéressante pour nous, il existe aussi une déposition devant le Parlement de Paris. On la trouvera dans le Procès du Connétable et dans la Mure, éd. déjà citée, p. 702. 11 y est dit, entre autres choses : « Et lors, du costé du bourg Saint-Pierre, vint un coup d'arquebuse qui luy donna au bas ventre au dessus de lainne à travers le corps, du quel coup il tomba à terre et peu après mourut sur-le-champ, criant auxdits gens de guerre qu'ils poussassent outre à cette victoire. »