LIVRE IV
seignes qirils avaient plantées sur les murs'. Mais, bientôt, une bande d'Espagnols qui s'était portée vers les jardins du cardinal Ermellino réussit à s'introduire, soit par une meurtrière « élargie à coups de boulets et de piques, soit par une fenêtre delà cave- ». Il était neuf heures vingt du malin. Une grosse partie de l'armée les suivit et ce fut Renzo da Geri qui les vit entrer le premier. On prétend qu'aussitôt il cria : « Voici l'ennemi ! Sauve qui peut-M » Les Espagnols se précipitèrent dans le Borgo en criant : « Espana ! Espafia ! Amazza! Amazza ! Borbon! Borbon! » et égorgèrent tous les fuyards qu'ils atteignirent sans faire aucun quartier''. Leur élan les amena jusqu'au pied du fort Saint-Ange dont on venait de fermer l'entrée en laissant tomber la herse ^.
Le pape s'y réfugiait à l'instant. Pendant l'attaque du Borgo, il s'était rendu à la chapelle pontificale pour prier Dieu. Quand il sut que les premières murailles étaient franchies, il quitta le palais. « Le pape Clément avait entendu les cris des soldats ; il se sauvait précipitamment par un long corridor pratiqué dans un mur double et se laissait emporter de son palais au château Saint-Ange. Il pleurait et se lamentait d'avoir été trahi par tout le monde, et, tout le long de la route, il pouvait voir, de ses fenêtres, ses malheureux soldats en complète déroute^'... » Il gagna le château Saint- Ange par une galerie extérieure. Paul Jove le suivait,
i. Lettre de Guillaume du Bellay.