‹ Le connétable de Bourbon, 1490-1527Chapitre 54 sur 366 · LIVRE H · texte numérisé non relu

LIVRE H

homme plus ambitieux que patriote, qui fut môme accusé par la suite d'avoir déshonoré son maître en l'engageant à signer une capitulation peut-être trop rapide'. Après vingt jours de siège, en effet, Maximilien Sforza remit aux Français les deux seules places qui lui restaient encore dans ses Etats, ce château de Milan et celui de Crémone. Contre une pension de trente mille écus que lui payait le roi en plus de l'acquittement de ses dettes et d'un asile en France, il consentit à renoncer à tous ses droits sur le duché et en remit la possession irrévocable aux mains de son vainqueur". 11 fut conduit en France par une petite troupe sous les ordres de Pontrème de Mauléon, frère de La Trémouille. Il semblait enchanté de son nouveau sort; c'était un prince assez mou, sans volonté comme sans ambition, tout à fait indigne de son admirable ancêtre-'. — Le roi fit alors son entrée ^ dans la ville, à la tête de son armée et accompagné de cinq princes du sang, le duc d'Alençon, le connétable, les comtes de Vendôme et de Saint-Pol et le prince de La Roche-sur- Von. Au palais ducal, il reçut le serment des corps de la cité. Il établit un parlement, visita les places du duché, péjourna quelques jours à Vigevano^ et, le 8 janvier 1515, partit en laissant le connétable auquel il donnait « plein pouvoir sur toutes choses, comme s'il y étoit en personne'^ ». — Là encore Charles de Bourbon se montra digne de la confiance qui lui était témoignée. Nous avons déjà vu combien il était tenu en estime et aimé dans « la duché de Milan' ». Il en profita pour établir un ordre

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