‹ Le connétable de LuynesChapitre 118 sur 135 · Amb. vcn. Dip, n" i5, 24 déc · texte numérisé non relu

Amb. vcn. Dip, n" i5, 24 déc

2. Amb. flor. Dép. du 29 janvier 1621. — Ct. Fontenai-Marcuil : les valets du connétable jouant au piquet sur son cercueil. — Le connétable fut enterré dans une chapelle dépendant du château de Luynes, près de Tours.

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bert ne réussit à porter sérieusement remède ; ce fut assurément le vice capital de l'administration du duc de Lu3^nes. Mais la guerre contre les huguenots, en absorbant des sommes énormes, et en faisant peser sur le pays le poids d'hostilités sans cesse renaissantes, était la principale cause de la misère universelle. Or les efforts du duc de Luynes tendaient à y mettre un terme, et c'est là sans doute la motif de l'indigne conduite des chanoines de Tours. Les dernières informations sur la politique intérieure du connétable expriment en même temps que son désir de la paix les difficultés qu'il avait rencontrées.

« Le connétable veut la paix, écrit l'ambassadeur vénitien, mais la situation est telle qu'on ne peut faire ni la guerre, ni la paix... Les prétentions des protestants sont des moins acceptables. Ceux de la Rochelle sont resserrés du côté de la terre par le duc d'Épernon. Mais ils sont maîtres de la mer, s'y fortifient, se sont emparés des îles, de Biaye, et par là gênent le commerce de Bordeaux. Au fond le connétable veut la paix, cependant le duc delà Force et son fils le marquis ont été décapités en effigie. Des négociations sont pendantes*. »

I, Amb. vén. Dép. n» 9, 5 déc. et 1 1, lO déc. 1Ô21.

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Voilà les raisons mêmes pour lesquelles le connétable est jugé avec une sévérité, que nous ne partageons pas, dans la dépêche suivante du Saint- Siège, où chaque mot de blâme nous semble faire honneur aux sentiments d^humanité et aux intentions politiques du duc de Luynes.

« La mort du connétable, écrit le secrétaire d'État pontifical, est un avertissement salutaire ; N. S. l'a prédite chaque jour, depuis qu'il a appris combien allaient mal les choses du gouvernement, par la faute de cet homme, et il ne cessait de dire que cela ne pouvait durer, que Dieu, par une voie ou par l'autre, saurait bien le faire disparaître ; voyez comme il Ta fait à point, au moment où le connétable était à la veille de s'accorder avec les huguenots. Signe manifeste qu'il veut voir la France délivrée d'une pareille peste et en la puissance de son roi ! Plaise à Dieu maintenant, puisque le roi n'a pas d'inclination aux affaires et qu'il ne veut point y veiller lui-même, qu'il fasse choix du sujet le plus capable de les conduire, et qu'il s'attache au meilleur parti ^ mais craignons que nous n'en revenions à tomber toujours dans 1 js mêmes désordres; car la nation française, passionnée pour la liberté, ne peut supporter d'autre maître

qu'un roi, et ne souffre pas le gouvernement de

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quelques-uns. Le moindre mal serait assurément d'avoir un conseil d'État pourvu d'hommes énergiques, et de bons catholiques, et de le laisser gouverner ; et, à cet égard, on pense généralement que le conseil aura, pour le moment, la plus grande part d'autorité. En la situation, on verra cependant reparaître bien des personnages qui sont dans Tombre, et il semble que la raison veuille que la reine mère revienne en grâce ; les Savoyards eux aussi chercheront à se pousser en avant. Quant à nous, nous resterons dans l'attente, et nous prierons Dieu de faire bien tourner les choses \ car, en vérité, l'état des affaires publiques en a grand besoin. Sa Sainteté veut toutefois que V. S''^® emploie toute l'efficacité de ses offices à empêcher Sa Majesté de faire aucun accord avec les rebelles ; il importe trop, en effet, à la religion catholique et à la dignité du roi, que celui-ci, après avoir commencé une telle entreprise, cherche àla conduire heureusement à fin. Sans doute les affaires d'Italie exigeraient que Sa Majesté fût délivrée de la guerre civile, et les Vénitiens, Hollandais et autres ne manqueront pas de lui conseiller un accord. Mais nous savons aussi quelle piété, quel zèle Sa Majesté porte dans 'son sein, et nous devons tenir pour certain que la bonté divine lui sera en tous points

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favorable; qu'avec ses forces et son autorité, le roi pourra faire face à tous les événements ; et qu'en fin de compte, ayant réduit son royaume à la véritable obéissance, il sera plus glorieux, plus puissant que n'a jamais été aucun de ses prédécesseurs *. »

La véritable obéissance, la gloire et la puissance de son roi, n'est-ce point là précisément le but que s'était proposé le duc de Luynes, et qu'il aurait peut-être atteint s'il eût vécu. Sans doute Louis XIII eut le bonheur de trouver après le connétable le sujet le plus capable de bien conduire les affaires que semble deviner la curie. Mais Richelieu les conduisit-il au sens où la cour de Rome l'entendait ? Il les a conduites en se mettant uniquement au point de vue des intérêts du pays et de la gloire du roi. C'est précisément ce qu'avait fait avant lui le duc de Luynes, dans la mesure de ses forces et de son génie.

Le connétable ne manqua ni de perspicacité^ ni de décision, ni de bonne volonté dans l'exécution, pendant les quatre années qu'il gouverna; et il fit beaucoup pour relever le royaume à l'intérieur et à l'extérieur, de l'état d'abaissement et de faiblesse

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