I. Amb. vén. Dép. n» 44, 6 avril 1G
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du favori à cette dignité, qui faisait de lui dans le commandement des armées le premier personnage après le roi. Mais la raison d'Etat existait, elle aussi, et le P. Griftet Ta exprimée en termes excellents : (( Les commandants particuliers, dit-il, n'avaient pas assez d'autorité pour se faire respecter, ni des pouvoirs assez étendus pour se faire obéir dans toutes les provinces du royaume. » Voilà pourquoi, à la veille d'une guerre qui avait pour but le raffermissement de l'unité monarchique menacée, Louis XIII pensa devoir commencer par couper court aux divisions qui pouvaient naître dans son propre camp des compétitions et des rivalités qui entravaient si souvent Faction militaire des rois. N'ayant lui-même ni l'application, ni le génie nécessaire pour venir personnellement à bout de ce dessein, il s'en remit à l'homme qu'il considérait comme doué de talents supérieurs aux siens, et qui, tenant du roi seul tout ce qu'il était, ne pouvait servir d'autre intérêt que celui de la royauté. Il est à regretter sans doute que la capacité militaire du duc de Luynes n'ait pas été à la hauteur du rôle qui lui incombait comme chef de l'armée, et qu'il ait été un homme d'État beaucoup plus qu'un militaire. Mais, à part le maréchal de Lesdiguières, qui avait décliné cet honneur, nous ne voyons
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vraiment pas, autour de Louis XIII, un personnage qui fût assez en vue pour ceindre répéc de connétable, sans devenir en même temps un danger pour la monarchie ; car le choix ne pouvait tomber que sur un prince du sang ou un chef de parti. Il y aura d'ailleurs justice à reconnaître que le nouveau connétable ne se laissa point éblouir par son titre, et que, loin de croire qu'il était investi du talent en même temps que du droit de commander les armées, il ne chercha point à prendre une part prépondérante dans la direction stratégique ou tactique des opérations militaires. Il ne sembla siéger au conseil de guerre que pour y maintenir Tordre et la discipline et faire prévaloir Pavis de la majorité. Ce fut là sans doute un rôle plus sage que glorieux. Mais la gloire n'appartient qu'au génie, et ce n'est point à cette hauteur que nous prétendrions porter le connétable de Luynes.
Le 2 mars 1621, la veille du départ de la cour pour Fontainebleau, d'oia le roi, suivant les occurrences, comptait se transporter soit à Lyon pour faire la guerre en Valteline, soit en Poitou pour faire la guerre aux protestants, le duc de Luynes reçut au Louvre, dans la grande salle des rois, l'épée de connétable des mains de Louis XIII ^ Il