Amb. \cn. Djp. n-^ 100. 12 oct. 1O
Opéralions militaires. 99
minucr Pcffcctil engage, le blocus devint bientôt matériellement impossible. L'artillerie du roi faisait peu de progrès contre les défenses de la place ; on imagina de consulter un carme déchaussé, le Père Dominique de Jesu Maria, moine illuminé, qui avait assisté à la bataille de Prague, et qui, s'inspirant des procédés tout germaniques employés alors dans la guerre de Trente ans, donna le conseil de négliger les remparts pour diriger le feu sur les maisons de la ville. Bassompierre reçut Tordre de tirer à toute volée quatre cents coups de canon ^r les habitants. « Mais les ennemis, dit-il, ne se rendirent pour cela^ »
I. Bassomp, t. II. p. 3i6. — La Chronique des Favorïs, satire mordante, dirigée contre Luyncs et ses frères, contient le passage suivant, relatif à ce moine espagnol. Le pamphlet suppose un dialogue entre Henri IV et quelques nouveaux arrivés aux Enfers : « H. IV. Dictes moy qui a envoyé le Père Dominique de Jésus Maria en France? Qjiel homme' es t-c?^ — Ha, sire, que c'est un Saint personage, dit le comte de fiesques. J'ay encore un scapulaire portatif qu'il m'a donné. V. M. ne saurait croire combien d'honneur les Parisiens luy ont faict, sans sçavoir pourquoy. Il n'y avoit bonne femme qui ne luy coupast un lopin de sa robe. — Si j'eusse esté du conseil du Roi, dit l'abbé du BOIS, j'eusse envoie en contre eschange le père Béi ule à Madrid, ie m'asseure que les dames de Castile lui eussent aussi coupé la siitànne. — Cela seroit bon, respliqua le mareschal nz fer- VAQUE, si le drap de France estoit aussy fin que cehiy d'Es^ pagne. »
(( BJBLIOTHECA
100 Le sici'x de Montaiiban.
Il fallut songer à rendre efficaces les attaques de vive force. Les premières avaient été infructueuses, et plusieurs fois, les assiégés avaient fait sauter les poudres, du roi. Du côté du Moustier, le maréchal de Lesdiguieres, après avoir activement poussé ses travaux de siège, était sur le bord du fossé. Le duc du Maine ne voulut pas être en reste du côré de la Ville-Bourbon ; après trois assauts, qui lui coûtèrent mille hommes, il s'empara d'une demi-lune qui protégeait le faubourg^; m. lis cette position fut reprise. Le roi, plein de fermeté et résolu dj mener à lin son entreprise, défendit cependant de tenter de nouv^eaux assauts; le marquis de Thémines, M. de la Frette, Carbon, les trois frères de M'"'^ de Puisyeulx avaient péri. Le roi déclara qu'il ne voulait pas perdre ainsi la fle.ir de sa noblesse et de ses soldats. Mais il ordonna une nouvelle levée de dix mille hommes d'infanterie pour renforcer les assiégeants-. La mort du duc du Maine, dans la tranchée, frappé peu après d'un coup de mousquet (17 septembre), au moment où il parlait avec le duc de Guise ^, fut un événement doublement malheureux, parce qu'il priva Tarmée d'un de ses chefs