Pb
Cl = 443,2 = 25,51
656 CBIMIB ÉLÉMBNTAIBB.
bonate et les chromâtes : nous réservons, pour un moment plus opportun, les sels dont l'acide est de nature organique.
Dans les ateliers de teinture , on fait de grandes quantités de svljale de plomb. Les teinturiers se servent d'acétate d'alumine comme mordant ; or , pour préparer ce produit, ils décomposent l'alun par de l'acétate de plomb : tout l'acide sulfurique de l'alun passe à l'état de sulfate de plomb, et se dépose sous forme d'une poudre très-lourde et très-divisée.
Ce sel est anhydre : sa formule est PbO,SO*. ' Il est insoluble dans l'eau, et sensiblement soiuble dans les liqueurs acides. L'acide azotique et l'acide sulfurique le dissolvent dans une proportion notable. Les sels ammoniacaux semblent aussi le dissoudre ; mais, en réalité, ils le décomposent en échangeant avec lui leurs principes.
On profite de cette propriété , dans les analyses , pour séparer le sulfate de plomb. En effet, si dans une dissolution d'acétate et de sulfate d'ammoniaque , on fait bouillir une matière minérale renfermant du sulfate de plomb, on trouvera que la liqueur filtrée laisse déposer ce sel à mesure qu'elle se refroidit.
Le sulfate de plomb résiste à une température élevée, propriété qu'il ne partage pas avec les autres sulfates des métaux appartenant aux 4 dernières sections. Il est réduit par le fer et par le zinc ; il est également réduit par le charbon, comme tous les sulfates ; mais les produits varient selon les proportions et la manière d'après laquelle on chauffe. Ainsi, avec un excès de charbon, on a du sulfure de plomb si l'on chauffe brusquement ; du sous-sulfure si Ton chauffe peu à peu ; on obtient du plomb ou de l'oxyde, suivant que la quantité de charbon introduite suffit à enlever la moitié ou le quart de l'oxygène : dans tous les cas, il se dégage de l'acide sulfureux.
Le sulfate de plomb est un sel qui, bien qu'insoluble, réagit et se transforme très-facilement. D est bon de connaître les transformations qu'il peut éprouver , parce qu'il sera aisé d'utiliser un produit qui encombre les ateliers de teinture , et reste presque toujours sans emploi.
Si l'on calcine le sulfate de plomb avec de l'acide silicique, on obtient du silicate de plomb. Le sulfate de plomb peut donc remplacer le minium dans la fabrication du cristal.
Un mélange humide, formé d'un équivalent de sulfate de plomb et d'un demi-équivalent de chaux, contient, après quelque temps, de l'oxyde de plomb : ce mélange, traité par l'acide acétique brut, (acide pyroligneux) fournirait de l'acétate de plomb. Avec un équivalent de chaux, on a un sulfate basique de plomb : ce sel, traité par une dissolution de chromate de potasse, donne un chromate de plomb (jaune de chrome), qui, tout en étant mêlé avec du sulfate de chaux, peut servir dans la peinture ordinaire.
Si Ton fait bouillir dans l'eau, pendant quelque temps, un mélange d'équivalents égaux de carbonate de soude et de sulfate de plomb, ces deux sels échangent leurs éléments , et il se forme un équivalent de carbonate de plomb (céruse).
Vous voyez de combien de manières on peut utiliser une substance que l'on est habitué à regarder comme un produit perdu. Ajoutez que le sulfate de plomb sert pour la préparation des papiers peints, du papier velin ', du vernis des cartes de visites dites porcelaine, et pour l'épuration du gaz à éclairage s.
Disons un mot de Y azotate de plomb, parce qu'il sert à la préparation de l'hyponitride. On obtient l'azotate de plomb, en faisant agir un excès d'acide azotique sur de la litharge, ou sur du carbonate de plomb (céruse).
Ce sel cristallise en octaèdres réguliers ; il est toujours anhydrç. Il a pour formule PbO, AzO*. * Il est peu soluble dans l'eau froide, beaucoup plus dans l'eau bouillante, et tout à fait insoluble dans l'alcool. Bouilli avec de l'oxyde de plomb , il forme un sel bibasique qui renferme une molécule d'eau. Il est décomposable par la chaleur comme tous les azotates : les produits de sa décomposition sont l'oxygène et l'hyponitride; le résidu est de l'oxyde de plomb.
Le carbonate de plomb, connu sous le nom de céruse, ou de blanc de plomb , ou de blanc d'argent , est une des combinaisons plombifères les plus importantes, à cause de sa grande consommation dans l'art de la peinture.
1. On a fait du papier velin où il y avait du sulfate de plomb; ce papier était fort mince, transparent et très-lourd, ce que voulait le fabricant, le papier se taxant suivant son poids.
2. Le gaz à éclairage qui traverse de l'eau , tenant en suspension du sulfate de plomb , perd tout l'hydrogène sulfuré et tout l'bydrosulfate d'ammoniaque qui l'accompagnent. H se forme du sulfure de plomb et du sulfate d'ammoniaque.
3. Pb = 1294,3 = 62,57 ï rt . , . , „ Mtk 0 = 1000= 483J0xyJe de PlomD»»««» = 67»4<>
50 = 500 ,0 = 24,'l5) A .. ,. oa ftA
Az = 175,0= 8;45J ^ide azotique....... = 32,60
On trouve du carbonate de plomb naturel en beaux cristaux transparents , dont la forme appartient au 4* système. Le carbonate de plomb des laboratoires est pulvérulent : préparé par double décomposition, il est composé d'un équivalent d'acide carbonique, et d'un équivalent d'oxyde de plomb PbO CO*. * Préparé par des procédés industriels, sa composition n'est pas constante, et il renferme toujours de l'oxyde de plomb hydraté, ou pour mieux dire, du carbonate basique de plomb ; il porte alors le nom de céruse.
Quel que soit le procédé de sa préparation, le carbonate de plomb est décomposé par la chaleur en acide carbonique et en litharge. Ainsi que tous les autres sels de plomb, il est noirci par l'hydrogène sulfuré , et transformé en sulfure de plomb. Cette réaction est sans doute la cause qui fait noircir les tableaux à l'huile ; ceux qui sont conservés dans les lieux habités sont par cela même exposés à des exhalaisons contenant de l'hydrogène sulfuré, et, comme dans les couleurs qui recouvrent leur surface, il y a une grande quantité de céruse, on conçoit leur altération.
En général, le carbonate de plomb du commerce (céruse) contient du sulfate de barite : ce n'est point une fraude, car on introduit cette substance dans le carbonate de plomb pour lui donner de l'opacité. 11 n'en est plus de même lorsqu'on mêle la céruse avec de la craie, du plâtre ou du sulfate de plomb : dans ce cas, il y a fraude manifeste, fraude qui est facile à découvrir. La céruse doit se dissoudre entièrement dans l'acide acétique : par ce moyen , on reconnaîtra donc si elle renferme des sulfates de barite, de plomb et de chaux, substances insolubles dans ce même acide. Pour découvrir la craie, on précipite le plomb de la dissolution acétique au moyen de l'hydrogène sulfuré, on filtre, et l'on essaie, par l'oxalate d'ammoniaque, si la liqueur filtrée ne donne pas un précipité blanc. Dans ce cas, la fraude par la craie est démontrée, puisque ce précipité est de l'oxalate de chaux.
Les peintres font une grande consommation de céruse , car ils n'appliquent pas de couleur qui n'en contienne. Un des motifs de son emploi, c'est qu'elle détermine la dessiccation de l'huile qui sert de véhicule à la couleur, et détruit la teinte propre à l'huile elle-même.
On connaît deux procédés pour la préparation de la céruse :
Pb = 1294,3 s= 77,54 ) - . . . .
0 = 100,0 = 5,99 i 0xyde de Pl0mb Œ 83»53
C = 75 0= ,«8 J Acide carbonique ... = 16,47
l'un , très-ancien , et connu sous le nom de procédé hollandais ; l'autre, moderne, et inventé par M. Thénard. Tous les deux sont fondés sur Faction que l'acide carbonique exerce sur l'acétate basique de plomb.
Le procédé hollandais consiste à exposer des lames de plomb, sous l'influence d'une température de + 35° à + 40°, à l'action simultanée de l'air, de l'acide carbonique et des vapeurs de vinaigre. L'air oxyde le plomb, la vapeur de vinaigre se combine avec cet oxyde et forme de l'acétate basique , l'excès de base de ce sous-sel se combine avec l'acide carbonique et produit du carbonate de plomb maintenu ou ramené à l'état de sel basique, par la présence de l'acétate basique en excès.
Dans ce procédé, l'acide carbonique et la chaleur sont fournis par la fermentation du fumier. En effet, on introduit des lames de plomb tournées en spirale dans des pots faits de telle sorte que les lames restent suspendues sur le vinaigre qui se trouve dans le fond. Les pots, fermés grossièrement par une plaque de plomb, sont disposés dans une couche de fumier de cheval, et recouverts par de la paille ; on peut former une série d'étages superposés et arranger ainsi un grand nombre de vases sur un petit espace.
Le procédé de M. Thénard, ou procédé de Clichy (parce qu'on le pratiqua d'abord dans cette localité), consiste à dissoudre la litharge dans de l'acide acétique, de manière à obtenir un acétate tribasique ; on fait arriver un courant d'acide carbonique dans cette dissolution ; l'excès d'oxyde de plomb du sous-acétate passe à l'état de carbonate neutre ; ce sel réagit sur la portion de l'acétate basique non encore décomposé, et passe à son tour à l'état de carbonate basique ; de sorte que le sous-acétate primitif est attaqué tout à la fois et par l'acide carbonique et par le carbonate neutre de plomb. L'acétate privé de son excès de base est ramené à l'état de sous-sel ', et soumis de nouveau à l'action du gaz acide carbonique.
La téorie complète de là formation de la céruse est due à M. Barreswil (Journal de pharmacie et de chimie, 3e série, tome xxn, page 294).
On a reproché pendant longtemps à la céruse' de Clichy de ne pas bien couvrir *. Ce défaut tient à ce que chaque parcelle est transparente et cristalline , tandis que la céruse hollandaise est opaque et amorphe. Pour donner ces qualités à la céruse de
1. Quand on fait bouillir de l'acétate neutre de plomb avec de la litharge , on obtient le même sel basique qu'on obtiendrait en faisant bouillir un excès de litharge avec de l'acide acétique.