‹ Le.cons élémentaires de chimie (volume 2)Chapitre 129 sur 131 · An = 2455,6 = 80,37 3S = 600,0 =r · texte numérisé non relu

An = 2455,6 = 80,37 3S = 600,0 =r

çisément le même produit; toutefois, lorsqu'on adopte une méthode à résultat constant, on reconnaît dans ce corps la présence de Tétain et celle de l'or, l'un et l'autre à l'état d'oxyde. La composition la plus probable de ce composé, semble être celle d'un double stannate de protoxyde d'or et d'étain

[(Au^SnO*), 0, (SnO, SnO9) + 4aq]. «

Pour l'obtenir toujours avec cette même composition, on peut pratiquer le procédé suivant : on plonge quelques lames d'étain métallique dans une dissolution de sesquichlorure d'or, neutre autant que possible. Cette dissolution doit être étendue de telle sorte, que pour \ gramme d'or, il y ait & grammes d'eau. Après quelques instants , il se forme un dépôt léger floconneux d'un beau pourpre, qu'on lave par décantation, et qu'on conserve d'ordinaire sous l'eau.

Il est fort remarquable que l'or dont l'affinité pour l'oxygène est si faible, s'oxyde pourtant avec une certaine facilité, par cette espèce d'influence encore incomprise, qu'on appelait autrefois affinité prédisposante, et que M. Liebig considère comme un phénomène de mouvement communiqué. On sait, par des expériences de Gay-Lussac, que si l'on traite par l'acide azotique un alliage d'argent, d'étain et d'or, il se forme du pourpre de Cassius : mais l'or n'étant pas par lui-même attaqué par l'acide azotique, il faut conclure qu'il l'est dans ce cas, parce que son oxyde peut se combiner avec un autre oxyde qui se forme en même temps. Sans l'oxydation de l'étain, celle de l'or n'aurait pas eu lieu.

Notez que cette observation ne s'applique pas seulement au cas où l'action oxydante est énergique ; M. Sarzeaud a trouvé du pourpre de Cassius dans d'anciennes monnaies d'argent, qui étaient enfouies dans la terre, probablement depuis des siècles. Il est évident que l'argent avec lequel on avait fait ces pièces, était impur, et contenait de l'or et de l'étain : ce dernier métal s'étant oxydé, avait déterminé l'oxydation de l'autre métal. Une pièce d'or enterrée ne s'oxyde jamais.

L'or peut s'allier avec un très-grand nombre de métaux, et dans

i. 2Au = 2455,6 = 47,02 \ / 64,14 Stannate de protoxyde d'or

3Sn = 2205,0 = 38,61 ( ) M M M

60 = 600,0= 8,50 ( — ) **,VV w

4H0 = 450,0 = 5,87 ) [ 5,87 Eau.

l'acte de la combinaison, il y a dilatation, ou contraction, suivant la nature du métal avec lequel on rallie. L'or et le fer peuvent s'unir en toutes proportions : £ de fer donne à l'or un aspect grispàle et le rend plus dur. L'or gris des bijoutiers est un alliage d'or et de fer, dans lequel ce dernier métal entre pour -ï à f .

Le zinc, le bismuth et le plomb rendent l'or cassant. Le bisiruth même, par ses vapeurs, peut en diminuer considérablement la ductilité : un demi-millième de plomb en fait autant : on sait qu'il suffit de déposer un bouton d'or chaud sur du clinquant (alliage de zinc et de cuivre) , pour que cet or devienne aigre.

On a utilisé la propriété qu'a l'argent, de rendre verdâtre l'or, pour faire des bijoux ayant cette nuance. L'or vert est composé de 74 parties d'or, et de 29 parties d'argent.

Le cuivre et l'or s'allient en toutes proportions : le premier de ces deux métaux rehausse la couleur du second, lui donne de la dureté et le rend moins ductile.

Pour que les bijoux aient certaines nuances métalliques variables suivant la mode, on les met en couleur; tantôt , en déposant sur leur surface une couche très-mince de cuivre, tantôt, en enlevant à la surface elle-même une partie du cuivre, qui est propre à l'alliage. On effectue cette soustraction, en chauffant d'abord les objets au rouge sombre, et en les plongeant dans l'acide azotique, après qu'ils sont refroidis.

On peut encore mettre en couleur les bijoux, en les laissant séjourner pendant 20 minutes , dans une pâte formée de nitre, d'alun, de sel marin et d'eau. Ces matières réagissent les unes sur les autres, et du chlore devient libre : cet agent attaque l'alliage, l'or se précipite, et le cuivre seul reste dissous.

La monnaie d'or française renferme ?~ d'or et 7^- de cuivre. La loi tolère -^ au-dessous ou au-dessus du titre légal. Le titre des médailles est de ~~ , la tolérance est la même que pour la monnaie.

Parmi les alliages que l'or contracte avec le cuivre, il faut citer celui qui se forme à la surface des objets confectionnés avec ce dernier métal, lorsqu'on les dore par voie sèche.

Les objets en cuivre doré ne doivent pas être considérés comme étant tous recouverts d'une mince pellicule d'alliage de cuivre et d'or ; ceux qui sont dorés par des moyens galvaniques, ou bien au trempé^ ne sont recouverts que d'une couche d'or très-mince. En effet, si l'on dissout dans l'acide azotique un objet doré par voie sèche, la pellicule d'or qui reste indissoute, a là surface extérieure brillante, et l'intérieure brune : la pellicule d'or laissée par un objet qui aurait été doré par voie humide, a les deux sur-

faces également brillantes. Or on sait que l'or qui fait partie d'un alliage, et qu'un acide met en liberté, est toujours terne.

Aujourd'hui on ne dore presque plus que par voie humide. C'est un progrès , sous le double rapport de l'économie et de la santé des ouvriers. Cependant la dorure des bronzes ôe fait encore par la voie sèche. On conçoit qu'une industrie montée depuis longtemps sur une grande échelle, n'ait pas pu être anéantie tout à coup par une nouvelle découverte ; aussi je vous en dirai quelques mots, et je vous parlerai en même temps des divers procédés de dorure, qui se rattachent à la question générale de l'application des métaux sur les métaux.

On peut dorer par 3 procédés différents : deux essentiellement chimiques, le troisième purement physique, en ce sens, que l'affinité n'y joue aucun rôle.

Le plus ancien des deux procédés chimiques est celui qui est connu sous le nom de dorure au mercure. Voici en quoi il consiste : on commence par faire passer sur la pièce bien dé* capée, une brosse de fils de laiton (gratte-brosse) préalablement trempée dans de l'azotate de mercure, puis avec l'extrémité de la même brosse, on applique un peu d'un amalgame composé de 4 partie de mercure et de 2 parties d'or. Cette opération est répétée autant de fois qu'il est nécessaire, pour que la surface entière de la pièce çoit uniformément recouverte. On la lave, on la sèche, puis on la chauffe : par suite de l'action de là chaleur, le mercure se volatilise , et la surface reste dorée: on la brunit, pour lui donner de l'éclat. L'humecta tion rar l'azotate de mercure a pour objet de recouvrir d'une légère couche de ce métal, la surface de la pièce ; lorsque cette couche sera recouverte à son tour d'amalgame d'or , dès la première impression de chaleur il se formera, d'une part un amalgame de cuivre, et d'autre part une combinaison de cet amalgame avec l'autre amalgame ( mercure et or) qui la recouvre : de sorte que la surface de la pièce se trouvera alors enduite d'un triple amalgame d'or , de cuivre et de mercure. La chaleur volatilisera ce dernier métal, tandis que les deux autres resteront combinés à l'état d'alliage.

C'est dans la préparation de l'amalgame d'or, et dans la volatilisation ultérieure du mercure, qu'est le danger pour la santé des ouvriers. Ce danger a considérablement diminué, dépuis que les fourneaux à dorure sont construits de telle sorte, que leur puissant tirage empêche les vapeurs mercurielles de se répandre, et de séjourner dans les ateliers.

Cependant, soit que cette invention, que Ton doit à D'Arcet, n'atteigne pas complètement le but, soit qu'on ne l'applique pas i. 40.

avec toutes les précautions nécessaires , on a souvent à déplorer, chez les ouvriers doreurs, des maladies qui, par la spécialité de leurs caractères, ne peuvent être attribuées qu'à l'action délétère des vapeurs mercurielles.

Le procédé chimique, qui n'implique pas ces funestes inconvénients, a été importé d'Angleterre par M. Elkington. Il est connu sous lé nom de procédé par immersion ou au trempé. Bien qu'il ne soit applicable qu'au cuivre, il n'est pas moins fort utile, car il peut servir pour dorer les objets très-déliés qui n'auraient pas supporté la dorure au mercure. Au surplus , si les bronzes ne peuvent pas être dorés par immersion, ils peuvent l'être parfaitement et avec autant d'économie, par la voie galvanique : c'est ce que je vous montrerai dans un instant.

Voici comment on pratique la dorure au trempé:

On prépare du chlorure d'or, en dissolvant 10 parties de ce métal dans 75 parties d'eau régale composée de proportions égales d'acide chlorhydrique , d'acide azotique à 369, et d'eau;' on y ajoute ensuite, par petites fractions , 300 parties de bicarbonate de potasse : dès que toute effervescence sera terminée, on verse le mélange dans une marmite en fonte à parois intérieures dorées, où doivent se trouver encore 300 parties de bicarbonate de potasse dissous dans 2000 parties d'eau. Le bain sera prêt dès qu'on aura fait bouillir le tout pendant deux heures, en ayant soin de remplacer l'eau qui s'évapore par de l'eau nouvelle.

Les bijoux bien décapés et réunis par paquets sont immergés successivement, dans un bain formé d'acide sulfurique, azotique et chlorhydrique, dans de l'eau pure, dans un autre bain renfermant de l'azotate de mercure, encore dans de l'eau, et enfin dans le bain d'or où ils séjourneront pendant une demi-minute. On les sort , on les lave et on les dessèche dans de la sciure de bois chaude.

Il ne reste plus qu'à les mettre en couleur. A cet effet, on les plonge dans une dissolution aqueuse bouillante d'une partie de sulfate de zinc, deux parties de sulfate de fer et six parties d'azotate de potasse ; ensuite on les dessèche à un feu assez vif, jusqu'à ce qu'ils brunissent; enfin on les lave à l'eau pure.

Voici la théorie de la dorure par immersion. Le sesquichlorure d'or (Au* Cl5) est attaqué à la fois par la potasse et par le cuivre des bijoux : la première lui enlève le tiers du chlore, le second les deux autres tiers ; de sorte que l'on aura, d'urîe part du chlorate de potasse et du bichlorure de cuivre, d'une autre part de l'or métallique. Cette théorie semble d'accord avec les faits, car autant d'équivalents d'or deviennent libres, autant d'équivalents de

cuivre entrent en dissolution : en outre , on observe un dégagement d'acide carbonique : ce qui doit être, si le chlore attaque le bicarbonate de potasse pour faire un chlorate.

D'après M. Barrai , on peut résumer toutes ces réactions par l'équation suivante :

6Au*C13 + 6(XO,2CO) +«2Cii = i2CuCl+5KCl+KO,C10s+2CO*4-12Au Sesqaichlo- Bicarbonate Coirre. Bichlo- Chlorure Chlorate Acide Or. rare d'or. de potasse. rare de de potas- de po- carbo-

cuiTre sium. tasse. nique.

Cette théorie est ingénieuse, mais elle n'est pas à l'abri de la critique : on y suppose le cuivre et le bicarbonate de potasse aux prises avec le sesquichlorure d'or ; cependant il semble difficile, que tel soit l'état de ce métal au moment de l'immersion.

La supériorité de ce procédé est manifeste. Il est d'une rapidité extrême, il est applicable aux objets les plus déliés, de plus il est très-économique. L'or déposé sur un kilogramme de bijoux ne dépasse guère le poids de deux grammes ; le prix de dorure est de 20 francs, tandis que , par l'ancien procédé, il était de 50, et même de 420, lorsque les objets étaient très-délicats. Enfin la dorure par immersion l'emporte sur la dorure au mercure, parce qu'elle n'exerce aucune inflence fâcheuse sur la santé des ouvriers.

Arrivons au troisième procédé , où l'agent principal est le fluide électrique. Ce procédé est autant supérieur au procédé par immersion, que ce dernier l'est au procédé par le mercure. Ce qui en fait l'immense supériorité , c'est qu'il ne sert pas seulement à l'application de l'or, mais qu'il sert aussi à celle de beaucoup de métaux sur une foule d'autres métaux : ainsi un métal quelconque peut être doré, argenté , platiné , palladé, zingué, cuivré, bronzé, etc., etc. En outre, célérité d'exécution, facilité de déposer l'or ou tout autre métal , avec une épaisseur voulue, possibilité de rendre les objets métalliques communs aussi utiles pour certains usages que s'ils étaient en or, enfin nulle crainte d'insalubrité. À côté de tous ces avantages, on trouve la modicité du prix.

Avant de décrire le procédé, il est nécessaire de nous rappeler quelques faits. Lorsqu'une dissolution saline métallique se trouve placée entre les deux pôles d'une pile et leur sert de communication, elle se décompose de telle sorte que l'acide du sel, et l'oxygène de l'eau se portent au pôle positif, tandis que l'hydrogène et la base se portent au pôle négatif Si la base du sel contient un métal appartenant à une des 4 dernières sections, elle se décom-

pose à son tour; son oxygène, se trouvant à l'état naissant, se combine avec l'hydrogène, et le métal arrive seul au pôle négatif.

Presque tous les cyanures métalliques sont solubles dans les cyanures alcalins, et forment des cyanures doubles. Si une dissolution de cette nature se trouve sur* le passage d'un courant électrique faible, le moins faible des deux cyanures , le cyanure métallique proprement dit, se décomposera le premier; son métal se portera au pôle négatif où il se déposera en couches continues, son cyanogène se portera au pôle positif. Si , au premier pôle, il se trouve, par exemple, un objet en cuivre, et que le cyanure qui se décompose soit le cyanure d'or, évidemment l'objet en cuivre se couvrira d'une couche de ce métal précieux : si au second pôle se trouve de l'or, il est encore évident que le cyanogène se combinera avec ce métal à mesure qu'il y arrive ; en sorte qu'il se déposera d'un côté autant d'or qu'il s'en dissoudra de l'autre, pourvu toutefois que les surfaces des deux pôles soient à peu près les mêmes.

Cela dit, nous concevrons sans peine le procédé suivi en grand pour dorer galvaniquement. Voici en quoi il consiste :

On prépare un bain formé de 4 0 parties de cyanure de potassium, de 4 partie de cyanure d'or et de 4 00 parties d'eau distillée : ou bien encore, pour plus de commodité, on dissout dans 400 parties d'eau distillée, 40 parties de cyanoferrure jaune de potassium (prussiate jaune de potasse du commerce) et 4 partie de sesquichlorure d'or, neutre autant que possible : on filtre et à la liqueur filtrée on ajoute, par petites portions, une dissolution de potasse jusqu'à ce qu'il se manifeste une faible réaction alcaline.

or

Fig 8i

Ce bain est placé dans une cuve en bois mastiquée (fig. 84 ) dont vous voyez le plan.

C C cuve contenant le bain : tt' v v' tiges métalliques dorées traversant la cuve dans toute sa longueur ; elles sont placées un

peu au-dessous du niveau supérieur du liquide, et communiquent, l'une i? v1 avec le pôle positif +, l'autre 1 1' avec le pôle négatif — de la pile : o o' deux lames d'or partageant la pile en 3 compartn ments; elles ne communiquent qu'avec la tige v »', et sont destinées à se dissoudre à mesure que la dorure s'opère : a, a, a tringles mobiles en laiton doré qui s'appuient sur les tiges 1 1? vv\ et auxquelles on suspend, par des fils de laiton également doré, les objets que l'on veut recouvrir : il est bon que les extrémités des tringles qui s'appuient sur la tige positive v v' soient isolées par du verre ou par de la gutta-percha.

La température du bain doit être de + 45° à + 20°, et l'immersion doit durer selon l'épaisseur de la couche d'or que l'on veut déposer.

Je répéterai encore que l'immense avantage de ce procédé consiste en ce qu'il est d'une application générale. Le métal , dont la dorure directe ne serait pas solide; pourrait être recouvert préalablement par une couche d'un autre métal, qui n'aurait pas le même inconvénient : ainsi le fer, le zinc, l'acier, Tétain, le plomb ne peuvent pas être directement dorés d'une manière aussi solide que l'argent, le bronze, le laiton, le maillechort : mais il n'en sera plus de même, si l'on commence par les recouvrir d'une couche de cuivre *

Un autre avantage , c'est de pouvoir déposer sur un métal une couche aussi épaisse que l'on voudra d'un autre métal. Oci mérite une attention spéciale , surtout de la part des chimistes , car ils pourront se procurer des ustensiles qui, dans quelques cas, leur serviront comme s'ils étaient en or ou en platine, par cela seul qu'ils en auront la surface dorée, ou platinée.

D'après les observations de M. Barrai , une capsule en cuivre , qui après avoir été dorée une première fois, aurait été martelée , puis dorée de nouveau, pourrait servir à faire bouillir des liquides auxquels ne résisteraient ni le cuivre, ni l'argent.

Enfin , ce procédé est caractérisé par cette circonstance , que c'est par couches continues et adhérentes, qu'il permet de déposer les métaux sur d'autres métaux.

On connait d'autres procédés qui sont antérieurs à celui que je viens de décrire , mais qui lui sont inférieurs , sous le rapport de leur application industrielle. Ils sont tous fondés sur l'emploi des bains acides, tandis que le procédé de M. Elkington est fondé au contraire sur l'emploi des bains à réaction alcaline : c'est dans, cette différence que réside tout le secret du succès de l'un, et de l'insuccès des autres. On peut dorer galvaniquement par des bains acides, mais pour que la dorure soit uniforme, il faut prendre des précautions qui sont impraticables lorsqu'on opère sur une grande

713 CHIMIE ÉLÉMENT A1RB.

échelle. Aussi ces anciens procédés sont-ils relégués exclusivement entre les mains des amateurs , qui ne les appliquent qu'à des objets peu volumineux.

Je vais vous donner une idée d'un de ces procédés les plus simples , en vous expliquant le dessin ( Bg. 82 ) que vous avez sous Vos yeux.

VV vase en verre contenant de l'eau faiblement acidulée; as plaque de zinc amalgamé contournée en cylindre ; elle communique par le fil métallique m avec une dissolution d'or contenue dans un second vase en porcelaine dégourdie, ou en terre de pipe peu cuite oo. Vous voyez que par cette disposition , les deux liquides sont séparés par un dia- * phragme poreux , et communiquent entre

eux par'un couple voltaïque, dont le pôle positif est la lame en zinc , le pôle négatif la pièce à dorer. Il se produit un faible courant à travers les deux liqueurs, qui ne peuvent. pas se mêler : ce courant décompose la solution d'or, et l'objet qui est plongé, se recouvre de ce

Ce procédé si simple , et qui ne peut pas servir industriellement, est cependant celui qui sert en général pour la galvanoplastie. Cet art se distingue du précédent, parce qu'il a pour but de déposer des métaux en couches continues non adhérentes.

Je ne veux pas entrer dans les détails de la galvano-plastie , pas plus que je ne l'ai fait pour la dorure galvanique. Ces deux arts sont amplement décrits dans des ouvrages spéciaux : je sortirais de mon programme, si je voulais vous y initier autrement que par l'explication des principes sur lesquels ils reposent. Ainsi je ne vous dirai pas comment on peut déposer toute sorte de métal sur toute sorte de matière, pourvu que la surface de celle-ci soit métallisée ; je no vous dirai pas de quelle manière on prépare les moules en cire, -en alliage fusible etc., etc.; de quelle manière on les rend bons conducteurs en les enduisant de plombagine, mais je vous dirai seulement quelle est la disposition générale d'un appareil simple, qui modifié sous le rapport des dimensions, pourra servir aussi bien à la formation d'une médaille qu'à la formation d'une statuette.

En voici un croquis { fig. 83 ) suffisant pour en donneru ne idée.

A est une caisse rectangulaire en bois mastiqué, contenant une dissolution saline, que nous supposerons de sulfate de cuivre : a sache! renfermant des cristaux de sulfate de cuivre , et destiné a

entretenir la saturation du bain : B espèce de tamis supporté par des pieds, et dont la toile est une peau de vessie ; Z plaque de zinc amalgamé qui plonge horizontalement dans l'eau acidulée contenue dans le vase B ; i ai de cuivre soutenant la lame de

Fig. 83.

zinc, et qui par une vis de pression, communique avec l'autre fil de cuivre o, dont l'extrémité porte le moule m. Ici comme ailleurs, vous voyez un couple voltaïque , dont le pôle négatif se trouve plongé dans un liquide , qui se décompose en vertu d'une action .galvanique : le moule qui se trouve à ce pôle , se recouvre d'une couche continue de métal , sans qu'il y ait adhérence. Le métal qui se dépose, s'applique sur la surface du moule avec une telle netteté et une telle précision qu'il en reproduit les traits les plus déliés, soit en creux, soit en relief.

On s'est déjà servi de la galvano-plastie , pour reproduire des monnaies et des médailles , pour copier des cachets , des sceaux , des empreintes en plâtre, pour obtenir des creux copiés sur des surfaces en relief; pour fabriquer des moules obtenus sur des fruits, des végétaux, etc., etc ; pour reproduire des caractères d'imprimerie , des planches gravées sur cuivre ou sur bois, et même des images daguerriennes : toutes ces applications ont déjà pris un grand développement en Angleterre, en Allemagne et en Russie.

Voici le moment de vous entretenir d'une application, dont les grands services, qu'elle est destinée à rendre aux sciences, constituent son principal titre à notre attention. Je veux parler de la -photographie.

Tous les procédés qui ont pour but de dessiner au moyen de la .lumière, constituent l'art de la photographie : le daguerréotype n'en est qu'un cas spécial.

Les matières impressionnables à la lumière étant connues depuis des siècles, il est naturel que des essais sur cet art aient été tentés depuis longtemps. Mais ce ne fut qu'en 4827 que Niepce communiqua à la Société royale de Londres un mémoire qui doit

être considéré comme le premier jalon d'une voie qui a été parcourue plus tard, par Da guerre, avec tant de succès.

En laissant à Niepce la part légitime d'honneur qui lui appartient dans la découverte de la photographie, on reconnaîtra que cet art doit ses prodigieux développements à Daguerre, qui, en 4839, livra au public ses procédés.

Le procédé dont Daguerre se servit pour obtenir de si étonnants résultats est resté intact dans ses parties les plus essentielles, et aujourd'hui il est encore le seul que l'on suive quand on veut des images photographiques sur métal : les modifications qu'on y a introduites ont eu pour but de faciliter l'exécution plutôt que d'en changer la nature. Les procédés de la photographie sur papier, tout en ayant quelques points d'analogie avec ceux de la photographie sur métal , ont néanmoins un caractère particulier et distinctif ; et les inspirations de Fox Talbot, à qui l'on doit la découverte de cette branche, n'ont été été précédées que par les tentatives informes de Wedgwood, de Davy et de Charles.

Nous avons donc à nous occuper de la photographie sur métal ou du daguerréotype et de la photographie sur papier. Nous commencerons par exposer le procédé primitif de Daguerre, ensuite nous dirons les améliorations qu'on y a introduites.

Une lame d'argent ou de plaqué, étant bien polie, est exposée à la vapeur d'iode, jusqu'à ce que sa surface prenne une couleur jaune d'or : elle est ensuite exposée au foyer d'une chambre obscure, pendant un temps qui sera plus ou moins long, selon l'intensité des rayons lumineux. Dans ces circonstances, les portions d'argent iodé, frappées par la lumière, éprouvent une modification que n'éprouvent point celles qui sont dans les ombres ; tandis que les portions envahies par les demi-teintes se modifient proportionnellement à l'intensité lumineuse. Après l'action de la lumière, l'œil n'aperçoit aucune image, mais en exposant la surface métallique, déjà impressionnée, à l'action de la vapeur de mercure, l'image apparaît aussitôt : les clairs correspondent aux parties modifiées par la lumière, les ombres aux parties non modifiées. Cependant l'image n'a pas encore son aspect définitif. La présence de l'argent iodé, encore intact, la rend défectueuse et comme inachevée ; mais tous les défauts disparaissent, dès qu'on la lave avec une dissolution d'hyposulfite de soude. Ce réactif a la propriété d'enlever l'iode qui n'a pas été impressionné par la lumière : dès lors, le métal mis à nu, forme les ombres, et les parties impressionnées que l'hyposulfite n'attaque pas, se trouvent recouvertes d'une infinité de globules de mercure, qui leur donnent un aspect blanc et mat tout à la fois : elles forment les clairs.

Ainsi l'iode est la substance impressionnable à la lumière; la vapeur du mercure décèle l'image latente ; l'hyposulfite de soude la perfectionne et la fixe.

Le procédé, tel que nous venons de l'exposer très-sommairement, est assez long, en ce sens que l'exposition dans la chambre obscure dure parfois plusieurs minutes : les images, quoique par* faites, laissent beaucoup à désirer sous le rapport de la vivacité : d'ailleurs ce procédé ne peut pas servir à la reproduction des portraits, vu qu'il est impossible de garder l'immobilité pendant un certain temps. Les améliorations qu'il réclame, sont la vivacité des images et une grande célérité. C'est ce que l'on a obtenu par les moyens suivants.

D'abord on a constaté que le plaqué, n'étant pas toujours du titre voulu (^tout au plus), faisait souvent échouer l'essai; et comme l'expérience a montre que , plus l'argent est pur, plus belle est l'épreuve, on a fini par argenter galvaniquement la surface métallique sur laquelle on voulait opérer. On a trouvé, en outre, que, dans l'iodage, la nuance d'or était insuffisante, et que le rose velouté ou le rose pourpre convenait davantage ; ensuite on a augmenté la sensibilité de la couche impressionnable, en l'exposant, pendant quelques secondes, à la vapeur de substances accélératrices, telles que le brome , le chlore, ou certains composés renfermant ces deux principes. Suivant M. Bingham, le meilleur agent d'accélération serait le bromure de chaux ; suivant M. le baron Gros, ce serait la chaux chlorobromée.

Les vapeurs de ces substances, arrivant directement au contact des plaques argentées, compromettent le succès de l'épreuve parce qu'elles entraînent ave£ elles de l'humidité : on a évité cet inconvénient, en les forçant à traverser une plaque de dégourdi (terre de pipe mal cuite) qui les dessèche, et en égalise l'émission. La lame iodée rendue ainsi très-sensible , est encore exposée à un second iodage, jfait toujours à l'abri de l'humidité. Voilà pour la célérité ; voici pour l'éclat.

Dès que l'image a été fixée, elle reste sombre, avons-nous dit : pour lui donner de la vivacité , M. Fizeau a imaginé d'immerger les épreuves déjà terminées, dans une dissolution d'hyposulfite de soude à laquelle on aura ajouté du chlorure d'or , ou bien dans une dissolution de l'hyposulfite double d'or et de soude, dont je vous ai parié au commencement de cette leçon.

Grâce à cette dernière innovation , les épreuves daguerriennes

débarrassées de ce miroitage fatigant qui les déparait, ont acquis

une vigueur, une netteté et une solidité jusqu'alors inconnues. Si

l'on compare ensemble deux épreuves obtenues , l'une par l'an-

i. il

cien, l'autre par le nouveau procédé , la première d'un ton grisbleuâtre paraîtra avoir été exécutée sous un ciel brumeux, tandis que l'autre, par la chaleur de ses teintes, semblera avoir été faite sur un beau ciel du midi.

Remarquez, Messieurs, que tous ces perfectionnements, qui ont laissé si en arrière les premières épreuves daguerriennes , n'ont apporté aucun changement fondamental au procédé primitif. On n'a jamais pu remplacer l'argent par un autre métal, l'iode par une autre matière impressionnable : l'hyposulfite de soude est encore le seul réactif qui serve à fixer les images. Ces trois phases du procédé de Daguerre ont été améliorées, mais jamais changées.

Un mot sur la théorie de cette opération : lorsqu'on expose la plaque d'argent à la vapeur d'iode , il se forme une couche d'iodure d'argent, dont l'épaisseur, suivant M. Dumas, ne dépasse pas un millionième de millimètre : elle adhère tellement au métal , qu'un frottement assez vif est insuffisant pour l'enlever : exposée à l'irradiation de la chambre obscure, elle se modifie partout où la lumière la frappe, et passe à l'état de sous-iodure d'argent. Ce nouveau corps n'adhère plus au métal, et on peut l'enlever par le plus léger frottement. En sortant de la chambre obscure , une plaque daguerrienne est donc recouverte en partie d'iodure d'argent très-adhérent, et en partie de sous-iodure sans adhérence. Lorsqu'on l'expose à la vapeur de mercure, ce métal se fixe seulement à la surface de l'argent qui est recouverte de sous-iodure ; il forme alors un amalgame dont l'aspect produit l'effet des teintes blanches : les parties de la surface très-adhérentes à l'iodure, n'ayant pas été attaquées par le mercure, constituent les ombres. En mettant la plaque mercurisée dans l'hyposulfite de soude, on enlève et l'iodure d'argent encore intact, et le sous-iodure, qui se trouve mêlé pour ainsi dire, aux globules mercuriels qui ont adhéré à l'argent. De ce moment, la manifestation de l'image est achevée; les clairs tiennent à l'amalgame d'argent , les ombres à l'argent poli.

Les admirables effets produits par le dernier bain d'hyposulfite de soude et d'or, paraissent provenir de ce que l'argent qui forme le fond de l'image, est comme bruni par l'or qui le recouvre, tandis que la partie qui représente les clairs, c'est-à-dire la partie amalgamée, s'allie avec l'or, augmente de volume , d'éclat et de solidité : aussi les plaques qui ont subi cette dernière opération , peuvent - elles servir à donner des empreintes à la galvanoplastie.

Voyons la photographie sur papier, dont l'ère commença le j our où M. Fox Talbot publia son procédé de calot y pie. Cette

publication et celle de Daguerre furent contemporaines , et tandis que cette dernière produisit en très-peu de temps des résultats merveilleux, l'autre resta presque oubliée pendant dix ans. Cette différence paraîtrait étrange, si M. Talbot avait imité l'abnégation de Daguerre, en faisant connaître tous les détails de ses procédés. Mais il n'en fut pas ainsi : le public trouvant alors devant lui deux voies ouvertes, Tune , celle de la photographie sur métal, toute claire et toute droite, l'autre, celle de la photographie sur papier, un peu obscure et tortueuse, il préféra se lancer dans la première.

Cependant, la photographie sur papier a de grands avantages sur le daguerréotype: premièrement, la simplicité des manipulations : secondement , la facilité de reproduire les épreuves à un nombre illimité ; enân , la part qu'elle fait à l'art. Tout est mécanique dans le daguerréotype ; l'opérateur le plus habile se trouve renfermé dans un cercle qu'il ne peut ni élargir, ni rompre, tandis qu'un habile photographe sur papier se sent artiste, par le goût dont il fait preuve, en choisissant parmi les nombreuses ressources dont il dispose. On ne peut pas comparer une épreuvre daguerrienne avec un dessin à la main , mais une épreuve de M. Blanquart-Evrard pourrait passer pour l'œuvre d'un peintre.

Je viens de nommer l'homme qui , guidé par un noble désintéressement, a donné à la photographie sur papier un essor inespéré. Ce sont ses procédés que je vais vous exposer.

Les procédés de M. Blanquart-Evrard ne diffèrent pas essentiellement de ceux de M. Talbot. Il en est de la photographie sur papier comme du daguerréotype : les procédés imaginés par leurs inventeurs n'ont encore éprouvé aucun changement fondamental , mais les légères modifications qu'on y a successivement introduites, ont été des perfectionnements d'une grande portée.

Les matières impressionnables, dont dispose le photographe, sont l'iodure, le bromure et le chlorure d'argent : les agents qu'on pourrait appeler agents révélateurs , et qui jouent le même rôle que le mercure dans le daguerréotype , sont l'acide gallique ou l'acide pyrogallique : les substances destinées à fixer les images, sont le bromure de potassium et l'hyposulfite de soude.

Si dans le daguerréotype on se préoccupe de la nature et de la qualité du métal, dans la photographie sur papier on se préoccupe de la nature et de la qualité du papier, d'autant plus qu'il en faut de deux sortes : l'un pour produire Y image négative, l'autre Vimage positive. On appelle négative l'image dont les teintes sont en raison inverse des intensités lumineuses , de sorte que les ombres de l'objet correspondent aux clairs de l'image, et récipro-

quement ; on appelle positive l'image qui reproduit l'objet avec ses teintes naturelles.

Toute expérience photographique se compose donc nécessairement de deux opérations : la première donne Yépreune négative, par la reproduction inverse des teintes de l'objet; la seconde donne Y épreuve positive, par la reproduction inverse des teintes de l'image.

Les deux papiers qui servent à ces deux opérations, n'étant pas rendus impressionnables par les mêmes réactifs, et subissant des traitements différents, ne peuvent pas être de la même qualité : celui destiné à l'épreuve négative, doit être perméable à la lumière, et très-mince ; celui destiné à l'épreuve positive, doit être, au contraire , assez épais : il est nécessaire que tous les deux aient une grande finesse et une grande égalité de grain ; leur pâte sera homogène et leur texture serrée, pour qu'ils ne s'étendent ni se désagrègent, lors des diverses immersions qu'ils auront à subir.

En supposant que le papier soit convenablement choisi , voici comment on procède pour préparer celui qui doit servir à obtenir Y épreuve négative : on en étend une feuille sur une dissolution formée d'une partie d'azotate d'argent, et de 30 parties d'eau. Cette dissolution doit se trouver dans une terrine en verre ou en porcelaine , et il faut éviter que le liquide n'envahisse la surface supérieure du papier. Celui-ci sera enlevé dès qu'il commencera à prendre une teinte légèrement bleuâtre , et , après l'avoir fait égoutter, on le déposera, sur une plaque horizontale, pour qu'il sèche, la partie mouillée en haut : une fois sec, on le plonge pendant 2 à 3 minutes, dans un bain formé de 25 parties d'iodure de potassium, 4 partie de bromure de potassium, et de 260 parties d'eau distillée ; on le lave ensuite à grande eau et on le sèche. Ce papier, ainsi préparé, pourra être conservé pendant des mois à l'abri de la lumière, sans qu'il perde de sa sensibilité primitive. Cependant elle n'est pas très-grande cette sensibilité, car, avant d'exposer le papier à l'action de la lumière, il faut en mouiller la surface avec une liqueur composée de 64 parties d'eau, 1 4 d'acide acétique cristallisable, et 6 d'azotate d'argent. A cet effet, on recouvre de cette liqueur une glace polie, et on y dépose le papier négatif, la surface préparée en dessous ; après une ou deux minutes , on le recouvre d'un papier à dessiner humide , qu'on recouvre d'une glace. Le papier négatif ayant sa surface impressionnable appliquée sur un verre , il peut éprouver directement l'action de la lumière : on le transporte alors dans la chambre obscure pour l'y laisser 40 à 20 secondes, si le soleil est clair, ou plus

longtemps, si le ciel est couvert. On retire l'épreuve pour l'étendre sur une glace, le côté impressionné en dessus, et pour la laver avec une petite quantité d'une dissolution contenant 8 parties d'acide gallique, et 100 parties d'eau distillée. Dès ce moment, l'image apparaît avec une teinte d'un beau roux , qui foncera peu à peu jusqu'au noir le plus intense. On place alors rapidement la glace dans une cuvette , et on la recouvre d'une dissolution préparée avec 5 parties de bromure de potassium , et 200 parties d'eau distillée. Après 45 à 20 secondes d'immersion, on lave à grande eau, et on sèche.

Toutes ces opérations, moins celles de la dernière dessiccation , doivent être faites à la lueur d'une faible lampe.

L'épreuve négative ne sera vraiment terminée qu'après qu'on aura rendu le papier plus transparent, en l'imbibant de cire fondue. A cet effet, on le saupoudre avec de la raclure de cire vierge, on le recouvre de plusieurs feuilles de papier , qu'on presse avec un fer à repasser assez chaud, pour que la cire fonde.

La préparation du papier positif est beaucoup plus simple: on étend la feuille destinée à cet objet à la surface d'un bain de chlorure de sodium , composé de 30 parties de sel et de 100 parties d'eau. Après 3 à 4 minutes de contact, on l'enlève et on la presse avec du papier buvard , jusqu'à ce qu'elle n'accuse plus aucune trace d'humidité : on la place ensuite sur une dissolution d'une partie d'azotate d'argent et de dix parties d'eau : après 4 à 6 minutes, on la fait égoutter et on l'étend sur un plan horizontal pour qu'elle s'y dessèche. Comme le papier ainsi préparé, est trèssensible à la lumière, il faut opérer à la lueur d'une faible lampe, et la dessiccation doit avoir lieu dans l'obscurité la plus profonde.

Quand on veut se servir du papier positif , on lui superpose l'image du papier négatif, et on renferme le tout entre deux glaces ; on expose le système au soleil en prenant soin que le verre qui recouvre le papier négatif en soit frappé directement. L'exposition durera pendant 1 5 à 25 minutes, ou pendant un temps plus considérable, si la lumière est diffuse. Du reste, on peut se ménager un moyen de reconnaître le moment où l'expérience est terminée, en faisant déborder de quelques millimètres le papier positif. Lorsque la partie qui déborde aura pris la couleur vertolive clair, après être passée successivement par le rose, le lilas, le violet, le noir intense et lé vert-olive foncé, on suspendra l'action de la lumière. On transporte les glaces dans l'obscurité, et on immerge dans l'eau, l'épreuve positive pendant 40 à 20 minutes. En la sortant de l'eau , on la plonge dans une dissolution i. - 41.

d'hyposultite de soude faite dans les proportions d'une partie de sel et huit parties d'eau. Ce dernier bain la fixera et la perfectionnera.

Cette dernière opération est bien simple, cependant c'est d'elle que dépend la beauté de l'épreuve. Les photographes en seraient encore aux fréquentes déceptions , si M. Blanquart ne leur avait appris que, pour assurer le succès , il fallait ajouter à la solution d'hyposullite de soude quelques cristaux d'azotate d'argent, ou quelques gouttes d'une dissolution concentrée de ce même sel.

Je ne pourrais mieux vous faire apprécier la valeur de cette modification très légère en apparence, qu'en vous répétant ce qu'en a dit un photographe distingué, M. de Valicourt.

« Il était réservé à M. Blanquart d'étudier d'une manière plus a approfondie les propriétés du bain d'hyposulfite, de suivre avec a persistance la série des phénomènes qui s'y développent, et de « tirer de ces observations une méthode certaine pour donner aux a images les teintes les plus riches et les plus variées. On ne sera a donc plus borné désormais à cette inévitable teinte chocolat « qui caractérise toutes les épreuves de M. Talbot et celles « de M. Bayard , mais on aura à parcourir toute l'échelle des « tons bruns et des bistres pour arriver à la belle teinte noire « des gravures à l'aqua-tinta. L'opérateur restera toujours le « maître de s'arrêter à la teinte qui lui conviendra , ce qui est « un avantage inappréciable, puisque avec la même épreuve néga- « tive on pourra obtenir des reproductions qui offriront des tons « différents.

« L'hyposulfite de soude, convenablement enrichi d'azotate a d'argent, agira à peu près à la manière du mordant des grâce veurs à l'eau forte, qui savent si bien en régler l'action, suivant a le but qu'i Is se proposent. »

Tels sont les principaux moyens photographiques proposés par M. Talbot, et heureusement modifiés par M. Blanquart. Ces procédés ont subi bien des changements : en effet, on a remplacé le papier destiné aux épreuves négatives, par du verre enduit d'empois ou d'albumine : d'autres ont conservé le papier, mais ils l'ont enduit de colle, ou de cire, ou de blanc d'œuf, ou de sérum : enfin, la première préparation (iodure et azotate d'argent) du papier négatif a été presque généralement abandonnée; on se contente d'imbiber celui-ci d'une dissolution d'iodure de potassium, et, au moment de l'exposer* on le mouille avec un mélange d'acide acétique et d'azotate d'argent.

Ces innovations , en rendant le papier plus impressionnable f ont eu pour résultat d'abréger et de faciliter les opérations, mais,

en général, les épreuves n'en ont pas été beaucoup plus belles.

Ceux qui voudraient approfondir l'étude de la photographie n'ont qu'à consulter les ouvrages spéciaux qui traitent de cette matière, et dont un des plus importants est le Traité de Photo* graphie sur papier, par M. Blanquart- Evrard.

Je terminerai, en vous donnant la théorie des procédés que je viens de vous exposer. Voyons d'abord les phénomènes qui se rapportent au papier négatif. Lorsque ce papier est mis au foyer de la chambre obscure , il est pénétré ou enduit d'iodure, d'azotate et d'acétate d'argent. Tous ces composés sont altérables à la lumière, et, sous l'influence de cet agent, ils passent à l'état de sous-sels ; peut-être une certaine quantité d'oxyde d'argent, et même d'argent métallique , deviennent libres , dès que l'acide gallique va se trouver en contact avec tous ces produits. La décomposition de quelques-uns d'entre eux fait encore de plus grands progrès , car on sait que l'oxyde d'argent, et l'acide gallique se décomposent mutuellement, et donnent des produits très-colorés. Le bromure de pptassium, qui sert à fixer l'image, enlève tout ce qui est encore impressionnable , et dès lors les parties blanches , autant que les parties noires, se trouvent à l'abri de toute altération ultérieure. 11 ne reste plus sur le papier que de l'argent combiné avec de la matière organique, et dans un état d'inaltérabilité parfaite.

Les phénomènes qui se passent dans le papier positif sont encore plus simples : ce papier , au moment où il va servir , se trouve imprégné de chlorure d'argent, substance , comme on sait, très-sensible à l'action de la lumière : il noircit donc plus ou moins , suivant l'intensité de cet agent. L'hyposulfite de soude , en enlevant ensuite toute la portion de chlorure non encore définitivement décomposée , arrête l'action ultérieure de la lumière , et, dès lors, l'image se trouve fixée.

Il ne me reste plus qu'à vous parler du platine, pour terminer la revue des métaux dont je m'étais proposé de vous entretenir dans cette première partie de mon cours.

Le platine n'a été introduit en Europe que vers la moitié du xvme siècle. Les mineurs d'Amérique le connaissaient depuis longtemps, sous le nom de petit argent ( platina), mais ils ne savaient pas le travailler. Scheffer fut le premier chimiste qui en 1752 entreprit l'étude de ce métal auquel il donna le nom d'or blanc. Depuis cette époque , beaucoup de chimistes s'en sont occupés , et grâce à leurs efforts , l'industrie possède aujourd'hui un puissant auxiliaire. Malheureusement, la production de ce métal n'est pas encore assez abondante pour que son prix devienne facilement

accessible. On n'en produit guère, dans le monde connu, qu'environ 2300 kilogrammes par an.

On trouve le platine à l'état natif dans des sables d'alluvion , qui ont beaucoup d'analogie avec les sables aurifères : les gissements les plus riches sont dans les monts Ourals, au Brésil et à la Nouvelle-Grenade. Bien qu'on en ait tiré parfois de grosses pépites, cependant on rencontre d'ordinaire ce métal sous la forme de petits grains associés à beaucoup d'autres métaux , dont quelques-uns sont plus précieux, ou du moins plus coûteux que lui '.

Voici la liste des principaux corps que Ton rencontre dans le minerai de platine :

Platine.

Plomb.

Iridium.

Fer.

Osmium.

Oxydes de fer

Rhodium.

Fer titane.

Palladium.

Fer chromé.

Or.

Pyrites.

Rhuteniuni

Quartz.

Argent.

Hyacinthes.

Cuivre.

etc. etc.

Comme en traitant ce minerai , on se propose d'en tirer nonseulement du platine , mais encore quelques autres métaux , le procédé doit être assez compliqué. En effet, après avoir lavé le minerai, pour en éliminer la terre , on en sépare toutes les parties magnétiques, au moyen d'un barreau aimanté ; ensuite si l'or et l'argent s'y trouvent en assez forte proportion , on le soumet à l'amalgamation. Après ces deux opérations ( dont la dernière peut, dans quelques cas, ne pas avoir lieu), on attaque le minerai par de l'eau régale contenant un excès d'acide chlorhydrique : en concentrant les vapeurs acides, qui s'élèvent des grandes cornues où s'exerce l'action de l'eau régale, on obtient Y osmium, sous forme d'acide osmique : le résidu non attaqué se compose d'osmiure d'iridium, de rhutenium, de fer chromé et titane, etc , etc. ; enfin, la liqueur qui reste dans les cornues , contient le platine, le palladium, le rhodium, le fer ( provenant des oxydes), le plomb, et une certaine quantité d'iridium. Cette liqueur étant convenablement concentrée , on y verse de la dissolution saturée à froid de sel ammoniac, tant qu'il s'y forme un précipité jaune de chlorure double de platine et d'ammoniaque : ce précipite renferme presque

' 1. Le platine coûta à peu pths 27 francs l'once.

toujours un peu d'iridium, qu'on ne cherche pas à séparer, car, en s'alliant plus tard avec le platine , il lui donne un peu de dureté, et il le rend plus facile à être travaillé. Par la calcination du chlorure double, on a ce que l'on appelle X éponge de platine. Les eaux-mères sont évaporées au dixième, et précipitées de nouveau par le sel ammoniac : le nouveau chlorure double est rouge , et contient beaucoup d'iridium ; on le calcine, puis on le traite par l'eau régale faible, qui dissout un peu de ce dernier métal et tout le platine.

L'éponge de platine est réduite en poussière avec les mains , en prenant toutes les précautions pour qu'il n'y entre pas de corps étrangers , et pour que la pâte qu'on en fera ensuite, soit d'une homogénéité parfaite.

La pâte, ou boue de platine, est introduite dans un cylindre de laiton légèrement conique, et terminé par un bouchon d'acier ; on la comprime d'abord avec un piston de bois , puis avec un piston en acier. Dès que la masse a pris une certaine cohésion , on achève de la comprimer, en la soumettant à la presse. Le disque de platine que l'on obtient de cette manière est alternativement chauffé au rouge blanc et martellé , jusqu'à ce qu'il ait pris la compacité qui lui est nécessaire pour pouvoir être forgé , et pour prendre toutes les formes que l'on voudra.

Le platine ordinaire contient, avons-nous dit , un peu d'iridium. Pour l'avoir chimiquement pur, on le traite par l'eau régale , et on verse dans la liqueur, une dissolution de chlorure de potassium : le double chlorure qui se précipite, est lavé sur un flltre , ou mieux encore par décantation ; il est séché, puis mêlé à du carbonate de potasse, et chauffé au rouge dans un creuset en terre. Dans ces circonstances, il se décompose de telle sorte, que le platine est réduit à l'état métallique , et l'iridium à l'état d'oxyde , l'un et l'autre englobés dans du chlorure de potassium et du carbonate de potasse : on enlève, par des lavages , ces deux dernières substances, et on sépare le platine de l'oxyde d'iridium , au moyen de l'eau régale faible, qui n'a pas d'action sur cet oxyde. Le chlorure de platine est précipité par une dissolution de sel ammoniac; le double chlorure est calciné, puis soumis à la série d'opérations que nous venons de décrire , et qui l'amènent à l'état où il peut être forgé et laminé.

Le platine est d'un blanc-gris. Sa densité étant 21 ,50 , il est le plus pesant de tous les métaux. Suivant M. G. Rose, il est dimorphe, car il cristallise dans le système cubique et dans le système rhomboédrique. Il occupe le cinquième rang parmi les métaux malléables, et le troisième parmi les métaux ductiles : il est plus

mou que l'argent, pourvu qu'il ne contienne pas d'iridium : chauffé au rouge blanc, il se ramollit, et on peut alors le forger, et le souder sur lui-même, comme on soude , le fer, l'or, l'argent, le cuivre, le plomb, le nickel. Bien qiTinfusible dans nos fourneaux ordinaires les plus énergiques, néanmoins il peut se liquéfier, et même se volatiliser, si on le chauffe dans une petite forge alimentée avec des escarbilles. Pour que l'expérience réussisse , M. Deville recommande de placer le métal dans un creuset en chaux légèrement fusible.

Le platine peut être réduit à un tel état de division, que d'après les calculs de M. Mitscherlich, un volume d'un pouce cube présenterait une surface de 248,166 pieds carrés , en supposant toutefois que chaque parcelle n'eût qu'un dix-millionième de pouce de diamètre. Réduit à cet état, il est noir, et porte le nom de noir de platine : sa faculté de condensation est considérable, car (toujours d'après M. Mitscherlich) un volume de cette substance en condense 745 d'hydrogène , et plusieurs centaines d'oxygène.

Le procédé le plus pratiqué, pour préparer le noir de platine, est le suivant: on introduit du protochlorure de platine (Pt Cl) dans une dissolution concentrée de potasse, on fait bouillir la liqueur en y projetant peu à peu de l'alcool , et en l'agitant sans cesse : une vive effervescence , due à un dégagement d'acide carbonique , se manifeste, et le platine se précipite. Avant de sécher le précipité, on le fait bouillir successivement avec de l'alcool, de l'acide chlorhydrique, de la potasse et de l'eau.

Le platine , par son simple contact , détermine la formation de combinaisons chimiques, et offre ainsi un exemple de ce que Ton appelle la faculté ou la force cataly tique. Cette propriété se manifeste d'autant plus que le métal est chaud ou divisé.

Un mélange de deux volumes d'hydrogène et d'un volume d'oxygène finira par disparaître, et se convertira en eau, si l'on y tient constamment plongée une lame de platine. La combinaison des deux gaz aurait lieu immédiatement si la lame métallique était chauffée environ à + 200°, ou bien si le platine se trouvait à l'état d'épongé, et à plus forte raison à l'état de noir de platine.

Plusieurs autres faits peuvent témoigner de cette action de simple contact.

Si Ton suspend une spirale en fil de platine sur la flamme d'une lampe à alcool, de manière à ce qu'elle devienne incandescente; si l'on éteint ensuite la flamme en la soufflant vivement sans refroidir la spirale, on verra celle-ci rester incandescente. C'est que la vapeur d'alcool, qui s'élève de la mèche, rencontrant du platine

chaud, subit son influence, et se combine alors avec l'oxygène ambiant : elle éprouve une véritable combustion non lumineuse ; la chaleur qui en résulte contribue à élever davantage la température de la spirale, si bien que celle-ci devient rouge. On a ainsi une lampe sans flamme.

L'hydrogène qui sous forme de jet frappe l'éponge de platine, s'enflamme aussitôt. En vertu de sa porosité, l'éponge métallique commence par condenser le gaz. Voilà déjà une première cause de chaleur. L'hydrogène, non-seulement se condense , mais se combine avec l'oxygène de l'air qu'il trouve emprisonné dans l'éponge elle-même. La chaleur de combinaison s'ajoute donc à celle de condensation, et la somme en est assez forte pour porter le métal au rouge. Les briquets à hydrogène fonctionnent en reproduisant ces phénomènes.

M. Kulhmann a trouvé que lorsqu'on dirige sur de l'éponge de platine, chauffée à + 200°, un mélange gazeux formé d'hydrogène et de bioxyde d'azote (ou de toute autre combinaison d'azote et d'oxygène) , on obtient de l'ammoniaque; et réciproquement, si le mélange gazeux était formé d'ammoniaque et d'air , on obtiendrait de l'acide azotique : dans le premier cas , il s'accomplit un phénomène de réduction; dans le second cas, un phénomène à! oxydation : quoi qu'il en soit, le platine toujours inaltéré influe par son contact, et c'est à peine si à la longue son action mystérieuse s'affaiblit: en tout cas, on lui rend son énergie, en le chauffant au rouge sombre, après l'avoir fait bouillir avec de l'acide azotique.

Enfin, pour dernier exemple, je vous dirai que si l'on place une capsule, contenant du noir de platine, sous une cloche dont les parois seraient mouillées par de l'alcool , la vapeur de cette substance se combine avec l'oxygène de l'air confiné , et donne différents produits , dont un des principaux est l'acide acétique.

Ainsi, Xdifaculté catalytique du platine se développe en raison de l'état physique du métal. Plus il est divisé, plus les effets sont prompts; l'élévation de température peut remplacer l'état de division.

L'eau et l'air n'exercent aucune action sur le platine : la résistance qu'il présente à l'action des agents les plus ordinaires (eau, air, chaleur) explique son importance. Malheureusement, il cède à d'autres actions : en effet, sous l'influence de la chaleur, le soufre , te sélénium , le phosphore , l'arsenic , le bore , le silicium , attaquent le platine plus ou moins rapidement, se combinent avec lui et le rendent tantôt cassant, tantôt facilement fusible.

Il faut donc que le chimiste n'oublie pas de prendre des pré-

cautions, pour qu'il n'entre point la moindre parcelle de charbon dans un creuset en platine , où il calcinera des sels contenant quelques-uns des éléments que je viens d'énumérer; car, sous l'influence réductive du charbon , une portion de ces éléments pourrait devenir libre, et le creuset serait entamé. Pour la même raison, quand on veut chauffer un creuset en platine , il ne faut jamais le mettre en contact avec le charbon incandescent, car la silice que ce corps renferme, peut se réduire sous la triple influence de la chaleur , du carbone et du platine : le silicium, devenu libre, s'allierait alors avec ce dernier métal, et le creuset se gercerait.

D'ordinaire les chimistes ne chauffent leurs creusets en platine qu'après les avoir renfermés dans un autre creuset en terre au fond duquel se trouve une couche de magnésie '.

Les acides, azotique, sulfurique et hydrochlorique, même lorsqu'ils sont très-concentrés et bouillants , n'attaquent point le platine : cependant, si ce métal était allié avec de l'argent ou du mercure , il ne résisterait pas à l'action de l'acide azotique ; phénomène qui parait singulier , mais qui , en réalité , n'est qu'une conséquence de ce que les alliages ont des propriétés distinctes de celles de leurs éléments. On a utilisé cette particularité pour découvrir la présence du platine dans l'or. Un alliage de ces deux métaux , auquel on a ajouté une certaine portion d'argent , est attaqué par l'acide azotique, de telle sorte que l'or seul reste indissous. La couleur rouge jaunâtre de la dissolution suffit pour indiquer des traces de platine.

L'eau régale est le dissolvant naturel du platine : le chlore attaque également ce métal, surtout lorsque celui-ci est très-divisé.

Les oxydes qui, sans être décomposables par eux-mêmes , ne ''• retiennent pas fortement leur oxygène , peuvent en perdre quelque peu, s'ils sont calcinés à la chaleur blanche, dans un creuset en platine. Tels sont les oxydes de plomb, de bismuth, de cuivre, de cobalt, de nickel, d'antimoine.

Le bisulfate de potasse et les nitrates alcalins attaquent le platine sous l'influence de la chaleur ; le premier en vertu de son excès d'acide, les derniers parce qu'ils se décomposent et mettent en liberté leurs bases.

Ainsi, le platine, sous l'influence de la chaleur, peut être attaqué par la plupart des corps simples , par les alcalis , par les

1. La magnésie sert à empêcher le contact du creuset de platine avec les parois du creuset de terre. Gomme l'argile des creusets contient toujours des oxydes métal- j liques, on voit qne sous l'influence prolongée d'une haute température et de l'oxyde de carbone, on pourrait rencontrer l'inconvénient que Ton veut éviter.

oxydes, dont le radical ne retient pas fortement l'oxygène, par le bisulfate de potasse, par les nitrates alcalins et par l'eau régale : enfin , les acides n'exercent aucune action sur le platine ; cependant lorsqu'il est allié avec de l'argent, l'acide azotique peut le dissoudre d'une manière notable. Le souvenir de ces faits est une garantie de conservation pour des instruments d'un prix élevé.

Lorsqu'on évapore à une douce chaleur une dissolution de platine dans l'eau régale, on obtient une masse cristalline rouge, qui brunit, si on la chauffe assez pour chasser son eau d'hydratation. Ce produit est le bichlorure de platine (PtCl *). *

La dissolution alcoolique ou aqueuse du bichlorure de platine a un goût styptique et une réaction acide ; elle sert comme réactif pour reconnaître les sels solubles à base de potasse et d'ammoniaque.

Le bichlorure de platine peut être considéré comme un chloracide , par suite de la facilité avec laquelle il se combine avec presque tous les chlorures moins électro-négatifs que lui. Parmi les chlorures doubles {chloroplatinates) qu'il peut former, les plus importants sont ceux de potassium et d'ammoniaque. Tous les deux sont jaunes, cristallisent en octaèdres, sont insolubles dans l'alcool absolu, et à peine solubles dans l'eau. Tous les deux sont décomposables par la chaleur : le premier laisse un résidu formé de platine métallique et de chlorure de potassium, le second ne laisse que du platine à l'état spongieux. Ayant une composition bien connue, ils servent à doser la potasse et l'ammoniaque des sels solubles. Le chlorure double de platine et de potassium a pour formule K Cl, Pt Cl9 : * le chlorure double de platine et d'ammoniaque a pour formule Az H* H Cl, Pt Cl*. *

i. Pt = iî3î = *8,n

Page 1