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Pt = 1232 = 73,56 Cl

l'influence de la chaleur: en se redissolvant, il se décompose; alors le platine ne se trouve plus dans la liqueur sous forme de chlorure, mais bien sous forme de bioxyde (Pt 0* ) : pour le séparer en cet état, on n'a qu'à verser dans la dissolution une certaine quantité d'acide acétique : il se produit un dépôt jaune brun de bioxyde de platine hydraté , qui noircit si on le chauffe, parce qu'il devient anhydre.

Le bioxyde de platine est aussi instable que le protoxyde : il n'est soluble dans les acides et les alcalis qu'autant qu'il est hydraté. Il peut être considéré comme un acide métallique , car avec la potasse il forme des combinaisons définies.

Les sels proprement dits, auxquels donnent naissance ces deux oxydes, sont incristallisables et presque tous très-instables : ils n'ont d'ailleurs aucune importance.

Avec les deux chlorures, on prépare aussi les deux sulfures correspondants.

Si l'on fait digérer un sulfure alcalin avec du protochlorure de platine , on obtient le protosulfure (Pt S) . Si l'on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré dans une dissolution de bichlorure de platine, on obtient un précipité de bisulfure (Pt S*). On n'a rien à dire de bien utile sur ces deux composés, si ce n'est que le sulfure de platine joue vis-à-vis des autres sulfures le rôle de sulfacide, de même que le bichlorure et le bioxyde jouent, l'un le rôle de chloracide, l'autre d'oxacide.

Comme il n'existe pas de sels platiniques proprement dits qui méritent une attention spéciale sous le rapport de leurs applications ou de leurs propriétés, je crois inutile de vous entretenir des réactions au moyen desquelles on peut les reconnaître : d'ailleurs, une exceptée, elles n'ont rien de bien caractéristique. Ainsi, vous distinguerez les dissolutions de protochlorure ou de protoxyde de platine à la couleur verte du dépôt cristallin que l'ammoniaque y fera naître : ce dépôt est formé par du protochlorure de platine ammoniacal (PtCl Az H*). Vous reconnaîtrez aussi , au moyen de l'ammoniaque , les dissolutions de bichlorure de platine, car le précipité que le réactif y détermine est d'un beau jaune : c'est un chlorure double de platine et d'ammoniaque (chloroplatinate d'ammoniaque). Une réaction semblable peut être déterminée par la potasse dissoute.

Nous avons déjà dit que le platine s'allie facilement avec la plus grande partie des métaux. En effet, le fer, qui n'a pas beaucoup de tendance à former des alliages , s'unit cependant au platine en toutes proportions : il forme même des alliages dociles au marteau, et susceptibles d'un beau poli. Le cuivre et le platine for-

ment aussi un alliage qui a quelque intérêt, parce qu'il peut servir pour faire les miroirs des télescopes.

L'histoire chimique du platine s'est beaucoup étendue dans ces derniers temps, grâce aux combinaisons remarquables que ce métal peut contracter avec l'ammoniaque. Vous ne pourrez saisir leur importance que lorsque vous connaîtrez certaines théories dont je vous parlerai plus tard.

Ayant terminé tout ce que je m'étais proposé de vous dire relativement aux métaux les plus utiles , je commencerai, dans la prochaine leçon, l'étude des principales substances qui proviennent de la matière organisée.

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