MÉTAUX. — ALLIAGES. — OXYDES
Sommaibe. — Propriétés physiques des métaux. — Lear manière d'être dans la nature. — Règles générales à suivre pour le traitement métallurgique de leurs minerais. — Classification des métaux d'après leur affinité pour l'oxygène. — Alliages. — - Leur nature et leurs propriétés générales. — Services qu'ils rendent à l'industrie. — Lear préparation. — Oxydes métalliques. — Conditions de l'oxydation des métaux à froid. — Classification des oxydes. — Caractères de chaque classe. — Action de l'oxygène, du soitfre , du chlore , du carbone , de l'hydrogène et des métaux sur les oxydes. — Procédés généraux de leur préparation.
Messieurs,
On donne le nom générique de métal à tout corps opaque, bon conducteur de la chaleur et de l'électricité, et possédant en outre un éclat tout particulier. Bien que ces propriétés soient communes à tous les métaux, je dois m'expliquer sur deux d'entre elles, l'opacité et l'éclat. L'opacité n'est pas absolue ; tous les métaux sont opaques vus en masse, mais quelques-uns cessent de l'être, s'ils sont amenés à un grand état de ténuité. Regardez à travers une feuille d'or, et vous la trouverez verte ; ce qui prouve que la lumière n'arrive pas à l'œil par des solutions de continuité, mais en traversant la masse même de la feuille.
L'éclat des métaux a un caractère particulier : certains métalloïdes jouissent d'un grand éclat, qu'il ne faut pas confondre avec ce que l'on appelle proprement X éclat métallique. Quelquefois un métal peut se trouver dépourvu de ce caractère à cause de l'état d'extrême division dans lequel il se trouve : le platine divisé paraît noir ; l'argent, dans les mêmes conditions, est d'un blanc mat ; donnez-leur de la cohésion, l'éclat paraîtra. Si j'écrase dans un mortier d'agathe, un peu de poudre de chacun de ces deux métaux, je verrai, qu'en s'agglomérant, elle devient brillante.
Quel que soit le métal sur lequel on expérimente , on est sûr d'en constater l'éminente faculté conductrice pour l'électricité. Voici une pile en action : joignons ses deux pôles par un fil métallique quelconque, et nous verrons ce fil bientôt devenir incandescent; ce qui prouve qu'il laisse passer le courant électrique. Gomme il n'y a pas d'exemple d'un corps bon conducteur de l'électricité, qui ne le soit aussi de la chaleur, il suffit de constater la
première de ces facultés pour être assuré de l'existence de la seconde. Néanmoins je vais faire une expérience qui vous édifiera à cet égard. Voici un jet enflammé de gaz ordinaire ; j'abaisse sur lui une toile métallique ; vous voyez que non-seulement je refoule la flamme, mais que je l'éteins si je baisse ma toile jusqu'aux ori* fices du bec. J'ai donc éteint le gaz enflammé par cela seul que je l'ai forcé à traverser les mailles d'une toile métallique, pour arriver dans l'air. Nul doute que le gaz ne continue à sortir du bec à travers la toile, car je puis l'enflammer au-dessus de la toile même. Je ne suis arrivé à éteindre la flamme que parce que je l'ai refroidie. C'est à la propriété de bien conduire la chaleur que les toiles métalliques ont trouvé de si belles et de si utiles applications ; parmi celles-ci, figure, en première ligne, la lampe de sûreté que nous avons examinée dans la dernière leçon.
Voilà , Messieurs , un aperçu des propriétés caracteristiques.de la grande famille des métaux : si à ces propriétés toutes physiques on en ajoute une de nature chimique, on aura réuni tous les moyens propres à distinguer un métalloïde d'un métal.
Nous avons vu que les corps non métalliques s'oxydent en formant des composés, tantôt acides, tantôt neutres, jamais basiques : ce sont au contraire ces derniers que forment de préférence les métaux, en se combinant avec l'oxygène.
Les métaux se combinent entre eux , pour former les alliages , et avec les métalloïdes pour donner naissance à des oxydes, des sulfures, des chlorures, etc., etc. Autant il est aisé d'avoir des combinaisons entre les métaux et les corps halogènes et emphigènes, autant il est difficile d'en avoir avec les métalloïdes des autres groupes , l'arsenic excepté. Tous les métaux peuvent cristalliser, et plusieurs d'entre eux sont dimorphes.
Après avoir parlé des propriétés qui leur sont communes , il faudrait parler de celles qui leur sont spéciales; mais comme elles sont très-variables et assez nombreuses , il sera plus utile de les faire ressortir de l'étude particulière de chaque métal.
Le nombre des métaux étant considérable, nous ne fixerons notre attention que sur ceux dont l'utilité . de leurs applications ou leur importance chimique rendent plus intéressants à connaître. En faisant ressortir spécialement pour chacun d'eux , ses propriétés physiques, on en rend l'étude plus complète qu en invoquant des souvenirs éloignés auxquels la mémoire ferait souvent défaut. Néanmoins , je crois utile de résumer en un tableau synoptique les principales propriétés physiques des métaux les plus connus , pour vous mettre à même de saisir des rapprochements et des différences qui, autrement, pourraient vous échapper.