DURETÉ
Dilatation linéaire
DUCTILITE
entre Oo et + 100o.
Nombre
Corps
des kilo* nécessaires
par
Dilatation
Obserrateurs
à la filière.
pour rompre
lesquels
pour
Ail
Hminoir
un fil de i miUim.
de diamètre.
ils se laissent rayer.
une règle égale à l'unité.
Or.
Or.
Manganèse.
Zinc allougé au marteau. -~-
Smeaton.
Argent.
Argent.
GuiTre.. 137*399
Nickel \
GuiTre.
Étain.
Platine.
Fer.
Platine.. 124*690 Argent.. 85*062
Gobait f
Fer Ip" le / Terre.
Plomb —
Lavoisier.
Laplace.
Platine.
Nickel.
Antimoine 1
ÊtaindeMalaca . ..... K\î
Id.
Plomb.
GuiTre.
Zinc... 49*790
Zinc /
Argent de
Zinc.
Zinc
Nickel.. 47k 676
Palladium \
coupelle... J75
Id.
Fer.
Étain.
Étain... 15k 740
Platine I
Id.
Nickel.
Plomb.
Plomb... 09k 555
GuiTre 1
Or [Papje Vcarbo-
*■- te?
Bismuth 1
Cadmium 1
Étain /
Plomb, par l'ongle.
Potassium )
j mous.
Sodium )
Mercure, liqaide.
Or de départ, jji Bismuth. . • • 775
Fer fj;
Antimoine.. 573 Palladium.. JZTZ Platine ;oo8
Id.
Smeaton.
Id.
Id.
Wollaston.
Troughton.
Borda.
De toutes ces propriétés, celles qui ont un rapport immédiat à l'emploi usuel des métaux, sont : la résistance au déchirement (ténacité), la résistance à 1 écrasement (ductilité au laminoir), la facilité de l'étirage (ductilité à la filière), et la fusibilité. Les métaux qui réunissent, dans une certaine mesure, ces quatre propriétés, trouvent place naturellement parmi les plus utiles. Voyez le fer : mieux que tous les autres il résiste à la force qui tend à le séparer ou à l'écraser : premier parmi les métaux tenaces, il est un de ceux qui résistent davantage au laminoir : moyennement souple à la filière , il est de ceux qui, sans être infusibles , bravent néanmoins les hautes températures. Évidemment, si l'on ignorait les usages du fer, il suffirait de connaître à quel degré il possède ces quatre propriétés, pour affirmer qu'il doit rendre de grands services. Par l'examen comparé de ce tableau, on peut, pour ainsi dire, classer les métaux selon l'ordre de leur utilité plus générale.
Les métaux se rencontrent sous la surface de la terre, dans les montagnes, plus rarement dans les terrains sédimentaires, dans le sable des rivières, dans le sol des lacs. Ils affectent plusieurs manières d'être : quelques-uns d'entre eux, se trouvent plus souvent à l'état natif que combinés avec des métalloïdes ; mais la plus grande partie est ordinairement associée au soufre , à l'arsenic, à l'oxygène ; ou bien encore, à l'oxygène et à un acide à la fois, formant ainsi de véritables sels.
Lorsqu'ils ne sont pas à l'état natif, on les appelle minéraux, et dans cet état, ils peuvent être divisés en deux grandes classes : la première comprend ceux dont les métaux sont, par eux-mêmes, inutiles aux arts, à cause de leur grande affinité pour l'oxygène : c'est la classe des minéraux alcalins et terreux. La seconde comprend ceux dont les métaux n'ayant pas pour l'oxygène une affinité très-considérable , peuvent servir aux besoins de l'industrie : c'est la classe des minéraux métalliques. Voici les métaux qui font partie constituante des minéraux que nous supposerons divisés en deux classes.
Métaux les plus importants des minéraux
Métaux les p]
us importants des minéraux
alcalins et terreux.
métalliques.
Potassium.
Calcium.
Manganèse.
Mercure.
Sodium.
Magnésium.
Fer.
Étain
Lithium.
Glucinium.
Gobait.
Antimoine.
Barinni.
Aluminium.
Nickel.
Argent.
Strontium.
Zinc.
Or.
Cadmium.
Platine.
Cuivre.
Palladium.
Plomb.
Iridium.
Bismuth .
À l'exception du potassium et du sodium, qui sont d'un fréquent usage dans les laboratoires, il n'y a pas un seul métal , appartenant à la première classe, qui serve dans les arts : au contraire, ceux de la seconde sont d'un emploi très-ordinaire. Ce que je vais dire sur l'extraction des métaux n'est applicable qu'à ces derniers.
Les procédés d'extraction varient suivant les circonstances ; mais au fond ils se ressemblent , en ce sens que tous tendent à ramener à l'état élémentaire les métaux minéralisés, en les faisant passer d'abord à l'état d'oxyde, pour les réduire ensuite au moyen du charbon f. Si les métaux sont à l'état de sulfures ou d'arséniures, on les grille : alors l'oxygène de l'air chasse le soufre et l'arsenic sous forme d'acide sulfureux et arsénieux, tandis qu'il oxyde le métal ; cet oxyde, chauffé ensuite avec du charbon, sera réduit en produisant de r oxyde de carbone et du métal. S'il s'agit de sels métalliques indécomposables par la chaleur, tels que les silicates, on les calcine avec des bases et du charbon : les premières enlèvent l'acide et forment ce que l'on appelle les scories; le second réduit l'oxyde métallique. Enfin , s'il s'agit de métaux natifs : ou ils sont purs, ce qui est très-rare, et alors leur extraction est directe et s'exécute par des moyens tout à fait mécaniques ; ou ils sont alliés à d'autres métaux , et comme ceux-ci seront toujours les plus oxydables, on les sépare au moyen du grillage. Par cette opération, on oxyde ces derniers sans altérer les autres. Quant aux matières pierreuses (gangue) qui accompagnent les métaux, on les sépare par lavage , si tant est que la différence de densité le permette, ou bien encore en les rendant fusibles au moyen d'un agent convenablement choisi : cet agent sera tantôt de nature acide, tantôt de nature basique. Dans tous les cas, par l'intervention d'une température élevée, les gangues formeront un bain, au fond duquel se trouvera le métal.
En résumé, on peut se représenter, sous un point de vue trèsgénéral , l'extraction des métaux comme pouvant être effectuée, 4° par voie directe, s'ils sont à l'état natif; 2° par oxydation et réduction, s'ils sont minéralisés. Quant à la séparation des gangues, on l'effectuera, \° par une voie directe et essentiellement mécanique, si leurs densités sont moins fortes que celles des minéraux ; 2° en les ramenant à l'état de sels fusibles.
Après avoir arrêté ces idées générales sur les métaux , relati-
1 . Il est évident qne l'on n'entend pas parler ici des métaux dont les oxydes sont décomposés à une température élevée.
vement à leurs principales propriétés, leur manière d'être dans la nature et leur extraction, il est nécessaire d'adopter une méthode pour les grouper et en rendre l'étude plus facile.
Il n'est pas aussi aisé de classer les métaux que les métalloïdes ; la classification de ces derniers a été faite d'après un ordre naturel, tandis que celle des premiers ne pourra se faire que d'après un ordre artificiel. La nature s'est plu à nuancer , à graduer les caractères et les propriétés des métalloïdes de telle sorte que l'on est parvenu, sans efforts, à composer des séries dont les termes, comparés entre eux, n'ont rien de choquant et d'incompatible. Il n'en est pas de même des métaux : si plusieurs se ressemblent par quelques propriétés communes, ils diffèrent si brusquement par plusieurs autres, que l'esprit ne peut pas s'habituer à les voir réunis en un. seul groupe. Pour les classer, il faut donc que le chimiste se place au point de vue qui lui offre l'avantage d'une perspective de commodité et d'utilité, et que pour point de départ il choisisse parmi les différentes propriétés celle qui se trouve le plus en rapport avec les phénomènes qu'il se propose d'étudier.
C'est ainsi que fit M. Thénard lorsqu'il classa les métaux d'après l'ordre de leur affinité pour l'oxygène ; sa classification a tellement satisfait aux exigences de l'enseignement , qu'elle est encore la seule qui soit généralement adoptée. M. Regnault y a apporté depuis quelques modifications qui n'en ont pas changé le fond. Vous la voyez inscrite au tableau ci-contre :