CHAPITRE TREIZIÈME
“MON PREMIER LIVRE,’ PREMIER MANUEL POUR DIS- TRIBUTION GRATUITE — UN BUREAU D'ÉDUCATION A OTTAWA — L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS EN 1900 — LE TRAITEMENT DES INSTITUTEURS — REFONTE DES PROGRAMMES SCOLAIRES
La loi scolaire de 1899 ayant été sanctionnée, le gouvernement ne tarda guère à se prévaloir des nouvelles dispositions législatives pour établir l’uniformité et la gratuité des livres d'écoles. La session de la’ législature était à peine terminée que le partisan le plus zélé de cs
réformes, M. Robidoux, disait dans un discours à Montréal “Je suis certain que dans quatre ans, pas un enfant ne sera obligé d’acheter ses livres.” Il annonça en même temps que, l’année suivante, les écoles de la province seraient pourvues de cartes géographiques très bien dessinées. “C’est là, ajouta-t-il, le commencement de la gratuité.”
Pour donner suite à cette politique, le cabinet adopta discrètement un arrêté ministériel dans lequel il proclama l'importance et l'urgence “de faire préparer le premier livre de la série d'ouvrages gratuits destinés aux écoles primaires de cette province. ‘1 choisit deux professeurs de l’école Normale de Québec, MM. J.-A. Ahern et C.-J. Magnan, pour composer un ouvrage qui fût conforme au programme indiqué dans le décret.: Ce travail devait
? Ce programme que voici, ne dut’ pas exiger un grand effort de ré-
daction, puisqu'il est extrait presque mot pour mot du programme des études primaires en vigueur à cette époque.
être soumis de temps.à autre à l’examen d’un comité spécial composé des honorables MM. Marchand, Archambault, Turgeon et Robidoux, membres du conseil exécutif et devait être terminé quatre mois après, c’est-à-dire le ler avril 1300. L'approbation du nouveau livre qui devenait la propriété du gouvernement était réservée au comité spécial en question et non au comité catholique qui est pourtant le corps désigné par la loi pour approuver les manuels classiques. !
Cette manière étrange et inusitée de procéder, contraire à l'esprit et même à la lettre de notre législation scolaire, était l’indice de la voie dans laquelle les ministres voulaient s'engager. L’uniformité des livres dont le gouvernement se réservait l'approbation et leur distribution gratuite pouvait tôtou tard aider puissamment l’État à s'emparer de la direction de l’enseignement. Le précédent que l’on créait était donc très dangereux et, dans la suite, des hommes politiques mal disposés et dénués de sens catholique auraient pu s’en prévaloir pour imposer aux enfants des
Lungue française:—Syllabaire, Lettres, Épellation. Premiers essais de lecture courante, avec la signification des mots du livre de lecture.
Écriture:— Écriture marchant de pair avec la lecture.
Arithmétique:—Enseignement des dix premiers nombres et des chiffres qui les représentent au moyen d'objets.
Numération:— Écrire et lire les nombres jusqu’à cent (100). Addition et soustraction au moyen d'objets usuels et avec des nombres de deux chiffres. Tables d'addition et de soustraction.
Géographie: —Quelques notions. Situation relative des différentes parties de l’école. La terre et l'eau. Le soleil (levant et couchant). Orientation. Points cardinaux. Accidents du sol connus des enfants. Géographie locale; école, village, paroisse, comté. Au moyen d’un globe: forme de la terre, les jours et les nuits, les saisons.
Histoire sainte: —Quelques notions.
Histoire du Canada:—Quelques notions. Le sujet n’est pas dansle programme pour les élèves de première année.
Connaissances usuelles: —Leçons sur l’agriculture.
1 Arrêté en Conseil du 25 novembre 1899.
manuels conformes à leurs opinions et à leurs principes en matière d'éducation. Cela s’est vu et cela se voit malheureusement dans d’autres pays.
Disons aussi que la composition d’un ouvrage classique exige, outre les connaissances spéciales ordinaires, l'étude des maîtres en pédagogie N'est pas auteur qui veut et, même pour ceux qui ont la préparation voulue, il importe de suivre le fameux précepte de Boileau. Or en demandant aux pédagogues désignés qui, comme professeurs d'école normale, avaient des devoirs quotidiens à remplir, de préparer leur livre dans un court espace: de temps, le gouvernement leur imposait une très lourde tâche et les exposait, malgré leur expérience, à faire une œuvre incomplète et trop imparfaite.
Le comité catholique se réunit au mois de mai suivant. C'eût été le temps de soumettre à son approbation le manuel Mon premier livre qu'avait en sa possession le gouvernement; muis celui-ci s’abstint de le faire; il n’in- \orma point non plus le comité qu’il avait fait préparer un livre de lecture pour distribuer gratuitement. Ce fut l'été suivant que la cabinet se décida à demander au comité cette approbation dont, par les termes de l'arrêté ministériel, il avait paru vouloir se dispenser. Le secrétaire de la province aurait voulu convoquer à cette fin, en plein juillet, le comité catholique, mais comme il était impossible de réunir, à l’époque des vacances et à court intervalle, le membres de ce corps, le surintendant convoqua, en toute hâte, le sous-comité des livres du comité catholique, lequel examina l'ouvrage, mais pe put faire rapport au comité général qu’en septembre suivant. C’est alors que Mon premier livre divisé en deux parties, fut approuvé conformément à la loi. !
! On a dit dans le temps que quelques membres du Comité catholique avaient hésité à donner leur approbation au livre et qu'en définitive, ils
La distribution gratuite de ce manuel n'eut pas d’abord tout le succès qu’en attendait le gouvernement, et plusieurs municipalités refusèrent de l’accepter. Préparé d’après la méthode phonique peu en usage dans les campagnes, il ne pouvait être d’une utilité générale. Un instituteur expérimenté exprima l'opinion qu'il aurait fallu commencer par faire imprimer.des tableaux de lecture avant de mettre Mon premier livre entre les mains des jeunes enfants; puis faire connaître aux institutrices la méthode employée et attendre qu’elles fussent préparées à s’en servir avec efficacité. L'ancienne épellation était en usage dans la majorité de nos maisons d'enseignement primaire pendant que la méthode phonique n’était enseignée que dans un nombre restreint de nos écoles.
L'article 93 de la loi du parlement impérial qui crée la Puissance du Canada, laisse à la législature de chacune des provinces confédérées le droit exclusif de décréter les lois relatives à l'éducation. !
D'habiles tentatives ont été faites depuis 1867, pour éluder ou atténuer autant que possible les effets de cette clause de la constitution, afin d’arriver à une uniformité quelconque du régime scolaire entre les états qui forment la confédération. Les partisans de l’union législative des provinces sont particulièrement favorables à cette idée de centralisation.
Trois projets retentissants, surtout deux d’entre eux, ont été l’objet dans le pays d’intéressantes discussions. Le premier en date comportait la création dans la capitale du Dominion d’un bureau central d'éducation. Le Dr Harper alors inspecteur des écoles primaires supérieures
ne l'avaient accepté queiqu’avec regret que pour ne pas heurter les sentiments des ministres. Ê
: Acte de l'Amérique britannique du Nord. Ariicle 93.
protestantes de la province de Québec, en exulta l’idée dans une conférence qu’il fit à Halifax en 1898, lors de la réunion triennale de ‘La Société d’Éducation du Canada.” Le deuxième projet fut celui du Dr Rodrick, doyen de la faculté de médecine de l’université McGill et député aux communes de l’une des divisions électorales de Montréal. M. Rodrick voulait l'établissement d'un bureau médical fédéral ayant le pouvoir de délivrer des diplômes qui permettraient aux médecins des provinces l’exercice de leur profession dans toute l'étendue du Canada. De son côté, le Dr Robbins, ancien principal de l’école normale MeGili, proposa la formation d’un bureau central d’examinateurs chargé de reviser les diplômes des écoles normales provinciales et d’en octroyer qui donneraient aux instituteurs et aux institutrices le privilège d'enseigner dans toutes les parties du pays. Ces trois projets qui tendaient au même
but semblaient avoir une origine commune. Il n’est pas téméraire de soupçonner qu’ils avaient été conçus d’après un plan bien mûri et, nous oserions dire, par les mêmes
personnes.
A l’occasion d’un mémoire que le bureau administratif de la société d'éducation du Dominion présenta au premir ministre du Canada sir Wilfrid Laurier, en faveur de la formation d’un nouveau département du service civil à Ottawa, celui d’un bureau d'éducation, le comité catholique du conseil de l’Instruction publique fut appelé à se prononcer sur le sujet.
Le mémoire attribuait quatre fonctions principales à ce bureau: a—la collection de documents et la rédaction de rapports relatifs au développement des écoles au Canada; b—la préparation d’un compendium annuel sur le mouvement éducateur dans les pays étrangers; c—la compilation des statistiques scolaires des provinces confédérées; d—l'étude des meilleures méthodes de classifi-
cation des écoles et des moyens d'améliorer la construction, la ventilation et, en général, l'aménagement hygiénique des bâtiments scolaires. Le mémoire exprimait aussi l'espoir que le chef de ce nouveau département civil saurait donner une impulsion plus active au mouvement scolaire, et produire dans tout le Canada une salutaire émulation. Pourtant les signataires de cet écrit savaient qu'il existe dans la province de Québec, pour ne parler que d’elle, un conseil de l'instruction publique, composé de deux comités de religion différente, lesquels administrent avec zèle et compétence les écoles de leur dénomination religieuse respective et connaissent les besoins et la mentalité de la population mieux que ne le pourrait un chef de département étranger à nos habitudes et à nos aspirations. Elle apparaissait bien problématique l’autorité d’un tel commissaire chargé d'indiquer aux populations de l’est et de l’ouest les altérations ou les remaniements à opérer dans les cours d’études des collèges classiques, des high schools et des universités, de façon à les assimiler les uns aux autres. Par exemple, ce haut directeur de l’enseignement public n'aurait pu ignorer que Québec, province de langue française, possède une orga- * nisation scolaire adaptée au caractère et au goût littéraire et artistique de sa population, et que l'intelligence du . Canadien français est façonnée dans un moule autre que celui de son concitoyen anglo-saxon, ear il y a des influences qui déterminent les particularités des races. Ce sont les traditions des peuples qui font les habitudes de leur vie, leurs mœurs et leur goût propre. Des programmes d’études ou des vœux d’associations ne sauraient modifier utilement l'instruction qui leur convient, ni transformer leur caractère. C’est ce que constatait fort bien l’Evening Boston Transcript lorsque, parlant des Canadiens français à l’occasion des grandes fêtes du troisième centenaire de
Québec, il disait: ‘“Le sang artistique se trahit même s’il a beaucoup circulé dans les veines d’un peuple forcé d’abattre la forêt et de cultiver le sol précieux de la terre paternelle.”
Et, quels avraient été les moyens d'action de ce fonctionnaire général pour opérer cette fusion des programmes d’études, prélude de la fusion des races dont l'idée hante l’espr:t des théoriciens de la concentration scolaire à Ottawa? Aurait-il eu assez d'autorité par lui-même pour vaincre les résistances ? Son titre de ministre ou de chef fédéral de l'éducation n'aurait pu certes lui donner une supériorité plus grande, plus respectée et mieux assise que celle du conseil de l’Instruction publique de notre province qui est composé d'éducateurs remarquables par leurs talents, leur expérience et leur position élevée dans l'Église et dans l’État.
Remarquons ici qu’il y a des assimilateurs à outrance,
animés d’un patriotisme canadien de surface, qui voudraient même soumettre à un système uniforme les différentes organisations scolaires des Iles britanniques et des colonies anglaises. Cette idée n’est assurément qu’une utopie et un non-sens, car d’invincibles obstacles vmpêcheraient cette unification de se réaliser. Les possessions de l’Angleterre, disséminées dans les cinq parties du monde, n'ont ni les mêmes mœurs, ni la même manière de vivre, ni la même langue, ni la même histoire. Ne pou, ant éprouver les mêmes affections nationales, elles seraient par nécessité, réfractaires à un système unique d’ensei- &nement. On ne supprime pas la langue et le génie d’un peuple d’un trait de plume et par la seule volonté d’une société de pédapngues.
Au reste, établir un grand conseil médical fédéral ayant le pouvoir, tel qu’on le proposait, d’uniformiser les cours d’études et un conseil central chargé d’octroyer,
sur cette base, des diplômes, eût été saper un des appuis de notre constitution, et, par un moyen détourné, éluder le droit exclusif des provinces de légiférer en matière d'éducation. On ne peut oublier que la loi impériale qui a créé la confédération, fut le résultat d’un compromis entre les colonies anglaises du nord de l'Amérique, un traité d'union, suivant l'expression de lord Carnarvon à la chambre des lords, et ce serait obéir à un sentiment déplorable que de vouloir violer le pacte de 1867 et forfaire à la foi jurée. 4
L'énumération que nous avons extraite du mémoire au sujet du bureau fédéral pouvait sembler de prime abord attribuer à celui-ci un rôle inoffensif; mais il fallait envisager la question d’un point de vue plus élevé: il y avait surtout à considérer le motif particulier qui faisait agir les signataires de la supplique à sir Wilfrid Laurier; celui de favoriser la concentration des intérêts éducationnels des provinces et de les grouper sous la juridiction du gouvernement de la Puissance. Appelé à se prononcer sur l'opportunité et le mérite du plan proposé, le comité catholique ne fut pas d’avis qu'il était besoin ‘un ministère de l'instruction public au siège de la Confédération pour recueillir des statistiques scolaires, quand déjà la loi consignée dans les statuts du Canada permet au gouvernement fédéral d'obtenir tous les renseignements qu’il désire, ni pour indiquer aux gouvernements provinciaux leur règle de conduite dans l'application des principes de l’hygiène à l’école.: Convaincu qu’il importerait de sauvegarer l'autonomie des provinces et de maintenir dans leur intégrité les dispositions de l’Acte de l'Amérique du Nord, le Comité, sur proposition du juge F. Langelier, appuyé par Mgr Laflamme, ancien recteur de
1 Siatuts refondus du Canada, chap. 59 p. 4.
l’université Laval, adopta à l'unanimité de ses membres, la résolution suivante: “Que ce Comité, après avoir pris communication, à la demande du Surintendant, du mémoire que le Comité exécutif de l'Association d'éducation du Dominion désire présenter au premier ministre du Canada pour lui demander la création d’un département de l’éducation sous le contrôle du pouvoir fédéral, est d’avis que la création d’un tel département fédéral n’est ni constitutionnelle ni désirable. : Ê
À cause de sa ferme attitude sur cette irritante question, la province de Québec s’attira des reproches. En certains quartiers, on l’accusa d’avoir des idées rétrogrades »t d’entraver le progrès éducationnel dans la confédération canadienne. Ces attaques imméritées ne lui causaient ni surprise, ni émotion, elle s’y attendait, car il y a parmi nous quelques esprits préjugés qui, per l’insuffisance de leurs connaissances en histoire et en droit constitutionnel, semblent incapables de juger équitablement la manière de penser de l'élément de langue française sur certains questions d'intérêt public. Dans le cas présent, notre province, en adhérant strictement à la constitution du ‘pays, agissait au bénéfice de la communauté toute entière, et donnait aux autres provinces l'exemple du respect et de la soumission à l’ordre de choses établi en 1867. Et, en refusant de soumettre son système d’enseignement au contrôle d’un conseil fédéral, elle voulait préserver l'autonomie des provinces, conserver sa liberté d’action et aussi ne pas se voir exposée peut-être à abaisser le niveau de ses études classiques. ?
L'exposition universelle de Paris en 1900 fournit à la province de Québec l’occasion de faire connaître à
! Séance du 3 mai 1899.
? En 1904, nous avons traité cette question dans une brochure intitulée: Éducation et Constitution.
l'étranger son régime scolaire et ses institutions d’enseignement.
Chargé par le gouvernement, dès 1898, de recueillir les documents et les travaux scolaires qui devaient figurer à cette exposition, le surintendant de l’Instruction publique se mit aussitôt en communication avec les maisons de haut enseignement et autres intéressées pour les prier de lui prêter leur concours. Cet appel ne fut pas fait en vain; les communautés enseignantes d'hommes et de femmes, les commissions scolaires catholique et protestante de Montréal et d’autres endroits envoyèrent obligeamment au département de l’Instruction publique des travaux d'élèves non pas spécialement préparés en vue de l’exposition, mais recueillis au jour le jour dans les classes avec les corrections du maître, afin de donner aux étrangers, qui visiteraient à Paris la section de l'éducation, une idée aussi exacte que possible de l’état réel de l’instruction dans notre province.
Le Comité catholique l'ayant prié d’agir comme son
délégué à l'exposition, le Surintendant se rendit à Paris.
Quoiqu'il eut fallu restreindre les envois en France, parce que l’espace réservé à notre province dans le palais de l'exposition était peu considérable, 300 pieds en superficie, les personnes qui avaient été préposées au groupement des objets et à l’arrangement des vitrines avaient fait leur travail avec tant de méthode qu’il n’y eut pas d’encombrément dans les exhibits scolaires.
Notre exposition scolaire, nous sommes heureux de le dire, put supporter très avantageusement la comparaison avec celle des autres provinces de la confédération canadienne, surtout par un côté pratique et donc intéressant. Pour un grand nombre de visiteurs, elle a semblé être une surprise. Les travaux scolaires qui y étaient exposés ont attiré non seulement l'attention des membres
du jury chargé de le: apprécier, à ais aussi d’hommes marquants parmi les ctt'és et les ‘“‘ducateurs de tous les pays. Les professeurs a6 ls instituteurs de France particulièrement ont paru attacher un intérêt considérable aux développements de notre enseignement primaire et plusieurs ont exprimé leur satisfaction de voir qu’au Canada l'instruction avait fait du progrès et promettait pour l’avenir des résultats encore plus importants.
C’est ainsi que M. de Caux, éducateur français très en vue, fit l’éloge de plusieurs des livres en usage dans nos écoles et des travaux exposés par les congrégations des frères des Écoles chrétiennes, de l’Instruction chrétienne, du Sacré-Cœur et des congrégations enseignantes de femmes, les sœurs de la congrégation de Notre-Dame, de Sainte-Anne, de la Présentation de Marie, du Bon Pasteur de Québec, des Sœurs de la Charité, ete. “Si nombreux, dit-il, sont les envois des religieuses que nous ne pouvons les signaler tous, bien que tous aient de la valeur et un admirable caractère de sincérité. On a pris tout simplement les cahiers journaliers des élèves pour les réunir en liasse et les envoyer à Paris. C’est comme cela qu’il faut comprendre une exposition.”
M. Baudrillard, autre éducateur, écrivait dans la Revue pédagogique de Paris: “L'exposition du Canada au Trocadéro est pour un grand nombre de visiteurs une révélation. Son importance, les nombreuses richesses qu’elle manifeste, jusqu’au goût qui a présidé à l’organisation de l’ensemble, tout est de nature à étonner le curieux, généralement peu au courant des progrès réalisés par “les quelques arpents de neige” que nous avons perdus au siècle dernier.”
Remarquant entre les expositions scolaires des provinces de la Confédération l'absence d’unité qui se manifestait par l’importance très différente qu’elles avaient
donnée à leur participation, par exemple Ontario qui ne montrait que des photographies et des livres classiques, M. Baudrillard ajoutait: “Quant à Québec, elle offre un ensemble très complet. Tels États importants de l’Europe sont loin de présenter un système d'enseignement primaire avec une pareille richesse de documents.”
Les citations que nous venons de faire et que nous pourrions multiplier ont leur importance. Tout en rendant hommage à plusieurs membres distingués de notre corps enseignant, Ces écrits témoignent à l'égard de notre province d’une sympathie dont nous ne saurions trop apprécier la valeur et la sincérité et que feraient bien de se rappeler les dénigreurs de notre province. !
1 Voir rapport du Surintendant au Comité catholique en 1901. Réponse No 69 à un ordre de l'Assemblée législative. Ce rapport publie la liste officielle suivante des récompenses obtenues à l'exposition de Paris, telle que transmise par le gouvernement du Canada à l'honorable commis saire de l'Agriculture de notre province.