LES FINMCES DE L.V RÉPUBLIQUE
§ler. .
Vous venez de vous assurer par vos propres yeux que les questions de gouvernement intérieur et que les affaires extérieures de la République ne présentent aucun danger qu'on ne puisse éviter de révolution subversive au dedans , de guerre de coalition au dehors. Jetons maintenant un coup d'œil sur les finances de la République, et voyons s'il y a quelque chose de vrai dans ces sinistres prophéties dont les esprits ignorants, prévenus ou alarmistes ne cessent d'assiéger nos oreilles depuis le lendemain du 24 février.
Il y a deux natures de pessimistes, c'est-à-dire de prophètes de malheurs, en matière de finances dans la République :
Les alarmistes de bonne foi . qui ont peur parce qu'ils ne voient pas clair dans les finances de l'Etat;
Et les socialistes révolutionnaires, radicaux en finances , qui font semblant d'avoir peur et de désespérer du trésor, afin de pousser la République aux mesures extrêmes , subversives , destructives de propriété, de crédit, de commerce, d'industrie, de travail et de confiance. Mesures qui sont les rêves et les mianies de ces hommes, sans aucune applicabilité dans l'esprit.
Nous ne parviendrons pas à illuminer d'évidence
.fl02 LE CONSEILLER DU PEUPLE.
ces aveugles volontaires ; essayons du moins d'éclairer les hommes de bonne foi et de bonne volonté. Touchons en passant toutes les questions de finances qui ont été touchées, déplacées et brisées par les financiers socialistes , depuis qu'ils sont montés à la tribune ou qu'ils ont écrit dans les journaux pour y attester le néant ou l'illusion de leur système d'enrichissement de tous par la ruine de chacun.
Afin de ne pas fatiguer votre esprit de détails et de chicanes de calculs qui embarrasseraient le raisonnement et qui surchargeraient votre mémoire, je ne me servirai que de cinq ou six gros chiffres ronds qui serviront de base à notre discussion. Lors môme que tel ou tel chiffre serait modifié dans tel ou tel budget , la conclusion reste la même. Quand on calcule par mâUiards, les fractions importent peu. Ce sont des idées et non des chiffres que nous cherchons.