‹ Le Conseiller du peuple (volume 2)Chapitre 43 sur 103 · SV · texte numérisé non relu

SV

Jusqu'ici on n'a donné au peuple dans les livres

populaires que des idées fausses et des préjugés puérils sur cet objet, en comparant toujours l'État à un particulier dans le maniement de sa fortune. Mais l'Etat est le contraire d'un particulier. Pourquoi encore? C'est qu'un particulier est borné dans sa fortune et borné dans sa durée. Il peut manger son capital et il doit mourir avant que les améliorations qu'il y a faites aient fructifié ; il peut arriver au bout de son capital, être écrasé par ses dettes^ sommé de rembourser, exproprié enfin par ses créanciers. Rien de tout cela ne peut arriver à l'Etat; il ne doit jamais un capital supérieur à ce qu'il possède; il n'arrive jamais au bout de son capital parce que ce capital s' accroît toujours et indéfiniment; il ne peut jamais être exproprié, car il est tout le monde; il ne meurt pas et il ne liquide pas dans un mauvais moment, car il est immortel.

Renoncez donc une fois pour toutes à cette idée spécieuse, mais absurde, léguée par Sulhj, Vauhan, Fénelon, et les financiers de l'enfance de l'économie publique , qui donnent l'administration du i)ère de famille comme règle et comme modèle à l'administration des finances de VÉtat. C'est comme si l'on donnait le fini pour règle, pour modèle et pour mesure à l'infini. Un père de famille est un homme. Unenation est une divinité en puissance de création et de multiplication de son capital.

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