‹ Le Conseiller du peuple (volume 2)Chapitre 89 sur 103 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

Le mariage et le titre de père de famille en est un autre. Si la loi détermine vingt-cinq ans pour date? de la majorité politique, il est raisonnable d'excepter de cette condition d'âge l'homme de vingt-un à vingt-cinq ans, niarié et père de famille.

L'homme marié et chef de famille a dans ces deux titres des responsabiUtés, des solidarités, des gages, des garanties dans l'ordre social, bien supérieurs à ceux de l'homme célibataire, isolé, nomade, responsable de lui seul et à lui seul. La loi doit reconnaître cette vérité ; elle doit tenir compte du titre de chef de famille, non-seulement dans le droit prématuré au suffrage universel pour l'élection du représentant y mais encore dans toutes les élections locales, municipales, spéciales, dont le régime républicain confère et multiplie l'obligation pour les citoyens. La famille est le gage vivant, la responsabilité suprême, la garantie en sentiments du cœur et de réflexion de l'homme. Quand on sait que du vote qu'on va porter dépend le sort de son père, de sa mère, de sa femme, de ses enfants, la main la plus légère prend du poids ; toutes ces destinées confiées par la Providence y pèsent. Le citoyen délibère quatre fois avec lui-même

avant de les engager par un vote d'étourderie , de' passion ou d'entraînement. Le mariage conseille , la paternité mûrit. Un jour viendra, je n'en doute pas, où le père de famille aura autant de voix dans le suffrage qu'il y a de vieillards, de femmes et d'enfants à son foyer ; car dans une société mieux faite , ce n'est pas l'individu, c'est la famille qui est l'unité permanente. L'individu passe, la famille reste. Le principe de la conservation sociale est là. On le développera pour donner à la démocratie autant de sta~ bilité qu'à la monarchie.

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