CHAPITRE XXXI
Bien loin de vouloir éloigner l'urne du vote du ciloyen , nous devons la rapprocher le plus possible. C^est le moyen d'obtenir deux choèes :
La présence réelle du peuple à l'acte de sa souveraineté.
ggl L% ço?^se;ii,lei^ pu pjeuple.
..La moralité plus grande du peuple dans racG()mpUssement de mi acte de sa souYeraineté.
Nous devons instituer, sauf les exceptions indiquées, le vote à la commune. Nous devrions, selon moi, l'instituer, si cela était possible, au domicile. Nous devrions former, le jour du suffrage, un cortège légal composé du juge de paix, du magistrat local dti bureau, présentant l'urne de porte en porte, et notant l'absence ou le refus de voter des citoyens indifférents à la patrie. Cette amende de honte suffirait pour contraindre tout citoyen qui se respecte à accomplir son premier devoir de souveraineté. BoTout ce qui dépayse l'homme l'expose à la séduction et le démoraUse. Il y a mille fois plus de conscience au foyer, qu'il n'y en a sur la place publique; il y a plus de gravité et plus de réflexion aussi. Les murs du domicile protègent le citoyen contre les légèretés, les enivrements et les intimidations des grands rassemblements d'hommes. Il y a plus de responsabilité enfin. L'électeur qui se prépare à voter dans l'intérieur de sa famille, qui se consulte avec lui-même , avec son père , avec sa mère , avec sa femme, avec ses enfants, avec les hommes de sa connaissance et de sa confiance habituelle, vote plus devant Dieu, parce qu'il vote plus devant sa famille.
L'élection à domicile ferait tout un code de moralité dans l'élection. Elle sauverait, je n'en doute pas, et elle assainirait la démocratie.
Ne pouvant pas espérer de l'obtenir aujourd'hui, rapprochons-en nos institutions, en faisant exercer le
suffrage universel par divisions électorales, et en plaçant le scrutin dans la commune, quand la Constitution nous permettra de réformer légalement et non révolutionnairement les défectuosités du vote actuel.