‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 25 sur 115 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Sai nt- Val ry fait sespâques à Montfort : tous vous aiment, vous embrassent, mais pas plus tendrement que moi*. » Pour eux, il ambitionne les succès qui furent, quelques années plus tôt, ses premières joies de poète et, le moment venu où se distribuent les récompenses des Jeux Floraux, il intervient : « Permettez à un vieux combattant réformé de vous recommander des athlètes en présence desquels il n'aurait sans doute pas vaincu. J'appellerai votre attention sur l'élégie de Symetha d'un jeune poète dont Soumet vous a sans doute parlé, de notre ami Alfred de Vigny; sur celle du Cotivoi de l'émigré par M. Saint-Valry'... »

Mais, de jour en jour, l'influence de Soumet grandit auprès de la sienne. Le Conservateur est devenu sa chose. Il parle et décide au nom de tous; il procure de nouveaux collaborateurs, il reçoit des articles — et n'hésite pas à les corriger. Il s'entraîne à cette maîtrise qu'il exercera sans conteste au temps de la Muse française. Il a déjà — sans affectation — ce ton doctoral, cette bienveillance condescendante, môme avec ses amis les plus familiers. Au début de 1821, J. de Rességuier a envoyé deux pièces de vers couronnées aux Jeux Floraux; Soumet lui répond : « Le Conservateur littéraire vous dira ce que nous en pensons [de Glorvina]. J'en dispose comme de mon bien; me le pardonnerez- vous? Me pardonnerez-vous de trouver vos vers délicieux et d'avoir pour vous des sentiments de prédilection poétique que je veux que le public partage '?... ') — J'en dispose comme de mon bien : euphé-

1. Publ. par E. Dupuy, Alfred de Vigny, ses amitiés..., t. I, p. 119.

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