‹ Le Conservatoire national de musique et de declamationChapitre 10 sur 473 · ÉCRIT LE 19 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

ÉCRIT LE 19 DÉCEMBRE

Le Roi, ainsi que la Reine, m'ont l'ail l'honeur, Monsieur, de me marquer leur désir, sur rétablissement d'une école à Paris dans le goût des conservatoires d'Italie, où Ton élève des sujets non seulement pour l'Opéra, mais même pour la musique de Versailles. Je me suis sérieusement occupé de cet objet, regardant en effet l'établissement de cette école comme l'unique moyen de conserver un spectacle si essentiel dans Paris, et si utile aux arts, au commerce et même aux Finances de sa Majesté, pour les consommations d'étrangers que l'Opéra attire et fixe plus longtemps dans la capitale. Je me suis en même temps occupé, Monsieur, des moyens de former cet établissement de la manière la plus économique

et de prévenir tous vos désirs à cet égard. J'ai, en conséquence, chargé Mr de la Ferté, commissaire général de la maison du Roi, en qui j'ai grande confiance, et que vous trouverez, je l'espère, aussi digne de la vôtre, lorsqu'il aura l'honneur d'être connu de vous, de mettre sous vos yeux les plans de cet établissement, lesquels présentent autant d'économie que de célérité dans l'exécution, pour remplir les intentions de Sa Majesté. Je vous serai très obligé, Monsieur, de vouloir bien l'aire donner votre jour à M' de la Ferté pour qu'il puisse avoir l'honneur de vous faire part du résultat de mon travail avec lui, sur cet objet; je suis plus que persuadé de tout le plaisir que vous aurez de contribuer avec moi. non-seulement au soutien, mais encore à l'embellissement d'un spectacle qui fait un des plus nobles amusements de la

ville de Paris.

[ Arch. nat., 0»6a6.]

IX. RÉSUMÉ DE LA DÉPENSE DU LOCAL POUR L'ÉTARLISSEMENT DE L'ÉCOLE DE L'ACADÉMIE ROYALE DE MUSIQUE.

En faisant un nouveau magasin intérieur dans l'hôtel des Menus pour remplacer ceux que l'on a perdu par l'ouverture de la rue Riche, ce bâtiment suivant les détails donnés coûtera 1 3a,86ott

Les réparations à l'aire à la salle de spectacle et répétitions servant en même temps pour l'école de danse, sont estimées par les raisons déduite au mémoire, environ -20,000

Total de la dépense i5a,8bott

L'acquisition à faire de la maison pour l'établissement de l'école et bâtisse, conterait en tout 3a/i toises, cy i38.7'.oH

La construction nécessaire pour y transporter le théâtre actuel des .Menus, en maçonerie, charpente, couverture, gros fer, le vestibule et accessoires dudit théâtre, environ i5,5oo

La dépense pour faire les travaux commencés à la dite maison que l'on niellerait en carreaux, au lieu des parquets projettes, environ 1 -?,ooo

îqb.a^o1* RÉCAPITULATION.

Dépense à faire pour former l'établissement complet de la ditte école, environ' 1 ()ti,-2lion

En ne faisant point cet établissement, il en coûterait à l'hôtel des Menus non compris l'acquisition d'un terrain nécessaire, ainsy que l'on l'a démontré dans le mémoire, environ i53,8tio

Différence en moins 'is>.38ott

Ainsy le Roy voulant bien dépenser de plus 4a,38ott ferait donc jouir l'Académie royale de musique de rétablissement d'une école si désirée pour le soutien de l'Opéra et qui jouirait à peu de frais de toutes les commodités nécessaires par son adhérence à l'hôtel des Menus.

L'on croit que l'on ne peut former un établissement par luy-méme aussy essentiel à un prix aussy avantageux, et avec moins d'éclat et de dépenses apparentes, ny enfin aussy promptement, en adoptant ce projet la dépense en serait employée à raison de 5o,ooott par quartier sur les états des Menus de l'année prochaine, ainsi que cela a toujours été d'usage pour les bâtiments des Menus; l'on pourrait encore si l'on voulait affecter à une partie de cette dépense le produit de la vente de l'hôtel des Menus de Gompiègne, qui a été reconnu comme inutile n'y ayant de spectacles de la cour à (iompiègne.

1 Nota. — L'acquisition de ce terrain coûterait au moins ao à 20,000 tt.

[Arch. nat., 0'Ga6.]

CO.ISEnVATOIRE. 3

X. — LETTRE DE M. DE CALONNE AU BARON DE BRETEUIL RELATIVE À L'EXAMEN DU PROJET D'ÉTABLISSEMENT DE L'ECOLE.

Versailles, le 22 décembre 1783.

J'ai reçu, Monsieur, la lettre par laquelle vous me faites l'honneur de me marquer qae le Roi et la Reine ont le désir d'établir à Paris une école dans le goût des conservatoires d'Italie, où l'on élèvera des sujets pour l'Opéra, ainsi que pour la musique de Versailles, et que vous avez chargé M. de la Ferlé de me remettre les plans relatifs à cet établissement. Je viens de lui écrire qu'il peut passer chez moi demain ou après, et que je m'occuperai volontiers de l'examen de cet objet. Ne doutez pas, je vous prie, de mon empressement à concourir aux vues dont vous êtes animé pour l'exécution de ce que désire Sa Majesté et pour la plus grande perfection d'un spectacle aussi intéressant que l'Opéra.

J'ai l'honneur d'être, avec un très sincère attachement. Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

De Calonnk.

[Arch. nat., U'ôaô. — Le projet de cette lettre avait été adressé au Ministre par de la Ferté le 18 décembre précédent. (G. P.)]

XL ENVOI DU PROJET D'ORGANISATION ET DE REGLEMENT DE L'ECOLE A SOUMETTRE À LA REINE.

Paris, le a janvier 17 84.

Monseigneur ,

MM" les premiers gentilshommes de la chambre m'ayant demandé des éclaircissements sur les prétentions du Sr Piccini, je crois devoir avoir l'honneur de vous envoyer le double de la notice que je leur ai adressée, afin que dans le cas où il aurait l'honneur de vous voir, ou que vous seriez sollicité par quelque protection , vous soyez au fait de sou affaire; j'imagine que vous trouverez qu'il doit être très-content de son sort dans ce pays-ci

Je joins ici aussi le projet de l'École de musique avec le règlement, afin que vous puissiez le montrer à la Reine, si vous croyez, d'après ce qu'elle vous a dit, que cela puisse l'intéresser uu moment; mais il serait bon que Sa Majesté voulu (sic) bien n'en point donner connaissance à personne, et qu'elle vous le rendit après l'avoir lu

[Arch. nat., O1 626.]

XII. LE BARON DE BRETEUIL A DE LA FERTE POUR LUI ACCUSER RECEPTION DE SON ENVOI DU 2 JANVIER I78Z1.

Versailles, 3 janvier 1786.

J'ai lu la note sur Piccini et ne doute pas qu'il renonce à sentir combien ses prétentions sont exagérées. Je mettrai dans mon premier travail avec le Roi sous les yeux de Sa Majesté le projet d'acquisition du théâtre du sieur Lenoir et celui concernant X Ecole de musique

[Arch. nat., O1 634.]

XIII. ARREST DU CONSEIL D'ETAT DU ROI, CONCERNANT L'OPERA, DU TROIS JANVIER 1 78 4.

Ixî Roi s'étant fait rendre compte de la nouvelle Administration de l'Académie royale de Musique, établie par l'Arrêt de son Conseil du 17 mars 1780 , a reconnu la nécessité d'y faire quelques changemens; il a sur-tout paru à Sa Majesté que ce qui pourrait contribuer le plus efficacement à donner à un Spectacle aussi intéressant pour le Public, un nouveau degré de perfection, ce seroit d'abord d'établir une Ecole où l'on pût former tout à la fois des Sujets utiles à l'Académie royale de Musique, et des Élèves propres au service particulier de la Musique de Sa Majesté; en second lieu, d'exciter

['émulation des Auteurs par des Prix qui seroient adjuges aux meilleurs Poèmes liriques; et entin d'encourager le zèle des principaux Sujets de l'Académie royale de Musique, en augmentant leur traitement. A quoi voulant pourvoir : Ouï le rapport, Le Roi étant en son Conseil, a ordonné et ordonne ce qui suit :

Article 1". A compter du î" avril prochain, il sera pourvu à rétablissement d'une Ecole tenue par d'habdes Maîtres de Musique, de Clavecin, de Déclamation, de Langue françoise et autres, chargés d'y enseigner la Musique, la Composition, et en général tout ce qui peut servir à perfectionner les différais lalens propres à la Musique du Roi et à l'Opéra, ainsi que le tout sera plus amplement expliqué dans le Règlement qui sera fait pour déterminer le choix, les fonctions, les émolumens des dilïéreus Maîtres, le nombre des Elèves, et les qualités requises pour leur admission, leur traitement, et entin la police intérieure de ladite Ecole.

[Extrait des registres du Conseil d'Etal, in-'i". Paris, Simon el Nyon, 178'!.]

XIV. LETTRE RELATIVE A LA CONTRIBUTION DBS THÉÂTRES DES DEPARTEMENTS POUB L'ENTRETIEN DE L'ÉCOLE.

Paris, te 7 janvier 1786.

Permettez-moi , Monseigneur, de vous faire une observation relativement aux frais annuels de l'Ecole de l'Opéra, c'est qu'il serait nécessaire que, dans votre travail avec le Hoi, vous voulussiez bien faire remarquer à Sa Majesté le dernier article de la feuille que j'ai eu l'honneur de vous remettre le aq décembre (1783) qui commence par ces mots : - Nécessité </'//»(' ér.ole où l'on puisse former des sujets pour l'Opéra, etc."; ce dernier article important même pour les intérêts du Roi commence par ces mots : rrOu doit observer qu'il y aurait peut-être un mov en d'alléger, pour l'Académie Royale de musique, les frais de cette école et même de lui donner une plus grande consistance, en faisant valoir, si Sa Majesté l'approuve, le privilège exclusif et incontestable accordé par Louis XI \ à la ditte académie de chanter et faire chanter nonseulement à Paris, mais encore par tout le royaume, etc.*

D'après cela, Monseigneur, l'Opéra a donc le droit d'exercer dans les provinces son privilège comme elle le fait à Paris par la Comédie italienne, qui paye une redevance annuelle de 4o,ooott à l'Opéra pour pouvoir chanter des opéras comiques: il en est de même des spectacles des boulevards, forains et autres; l'exercice de ce privilège incontestable sur les spectacles de province, où l'on chante, doit souffrir d'autant moins de ditlicultés que ces spectacles ne sont point assniétis à aucune redevance envers les pauvres, comme ceux de Paris; et que de plus cette école peut même devenu' aussi très-utile à ces mêmes spectacles de province; je ne pense pas. Monseigneur, que MM. les Gouverneurs et commandants puissent apporter aucune opposition à l'exercice de ce droit, qui ne lèse en rien celui d'accorder le privilège de jouer à telle ou telle troupe de préférence à une autre dans l'étendue de leur gouvernement. II me semble donc, Monseigneur, qu'il ne s'agit que d'engager le Hoi à donner une décision en forme, laipielle pourrait être connue par un arrêt du conseil, pour éviter toutes difficultés tant de la part de MM" les Gouverneurs que des troupes de provinces.

Je suis avec respect. Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

De la Ferté.

[Arcli. nat., 0'6a6.]

XV. EXTRAIT D'UNE LETTRE DL BARON DE UllETEl IL À L'INTENDANT DE LA EERTE

SLR LA CONTRIBUTION DES THEATRES DES DEPARTEMENTS À 1/ENTRETIE.N DE L'ECOLE.

Versailles, 8 janvier 1786.

Je proposerai dans mon premier travail avec le Roi de faire contribuer les spectacles de province à rétablissement de l'Ecole de chant. Je sens combien cela sera avantageux et ajouterait de moyens de tirer de cette institution toute l'utilité qu'où a droit d'en attendre

[Arch. nal., O'63'i.l

XVI. EXTRAIT D'UNE LETTRE DE LA FERTE RELATIVE X L'ARRET DU CONSEIL DU 3 JANVIER 1^84

ET Al LOCAL PROPOSE POUR L'ECOLE.

Paris, le 18 janvier 1 7 8i.

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