CDXVII. RAPPORT DE PERNE À L'INTENDANT DELA
FERTÉ SUR LES DISPOSITIONS A PRENDRE POUR ORGANISER UNE CORRESPONDANCE DANS LES DÉPARTEMENTS, C MARS
Monsteir l'Intendant,
Parmi les moyens qui ont été proposés, dans les différents conseils d'administration de l'École depuis le mois d'avril 181O, pour procurer à l'Ecole royale de musique et de déclamation des sujets qui, par suite de leurs études dans cet établissement, puissent alimenter de chanteurs- acteurs l'Académie royale de musique et le théâtre royal de l'Opéra-Comique, vous avez pensé, Monsieur l'Intendant, qu'une correspondance établie avec les premiers artistes ou amateurs des principales villes du Royaume pourrait remplir le but que vous vous étiez proposé. Cette correspondance, entamée par la proposition que vous files faire aux personnes, que vous avez choisies d'après divers renseignements qui vous ont été donnés, a déjà pris un cours qui promet d'heureux résultats; vous m'avez donné l'ordre de convoquer le conseil d'administration à l'effet de proposer, examiner et décider définitivement ce qu'il est urgent de faire présentement que le service de l'École est tellement réglé dans toutes ses parties que les professeurs des classes de chant n'attendent qu'un secours en sujets pour partager le zèle qu'ils portent à ceux qu'ils ont déjà.
Le conseil d'administration du 3 de ce mois, présidé par vous. Monsieur l'Intendant, a pris d'abord connaissance du dépouillement de la correspondance commencée, il en résulte: i° que
ARRÊTÉS SPECIAUX. — CHANT, ADMISSION
loules les personnes, à <[iii vous avez lait écrire pour savoir si elles voulaient se charger de la recherche de sujets pour l'Ecole, toutes à l'exception de deux ou trois, ont accepté vos offres: 9° que toutes demandent un litre qui les autorise à faire les démarches convenables et à correspondre avec qui il sera nécessaire; 3° que les frais et ports de lettres soient remboursés; W quelques-uns des correspondants demandent que, le sujet étant choisi par eux, les préfets soient chargés de correspondre avec vous pour son envoi à Pari*.
Ces diverses demandes des correspondants ayant été discutées les unes après les autres; vous avez jugé. Monsieur l'Intendant, d'après l'avis des membres du conseil, qu'il était convenable, pour régulariser cette correspondance, de s'arrêter aux dispositions suivantes, savoir : i° de faire délivrer à chacun des correspondants de l'Ecole royale un litre qui le conslitue tel, et l'autorise à correspondre avec qui il sera nécessaire, et à faire les démarches convenables pour la recherche de sujets dans son département ou aux limitrophes ; a° que les lettres adressées aux correspondants par M. l'intendant général seraient affranchies; 3° que les correspondants n'ayant point de déplacement à faire, il n'y avait pas lieu à leur faire un remboursement de frais, l'envoi de sujets qu'ils pourraient faire leur méritant une indemnité pécuniaire outre l'honneur d'être le correspondant d'un établissement royal : k° que lorsqu'un sujet choisi et envoyé par un correspondant aurait été admis par M. l'intendant général, d'après l'avis du conseil d'adminisl ration, le correspondant, outre une lettre de remerciement de ses soins, recevrait la somme de aoo francs à litre d'indemnité si le sujet envoyé est un homme, et la somme de if>o francs si c'est une lemme, les voix de femmes étant moins difficiles à trouver que celles d'hommes; 5° d'allouer à chaque sujet choisi par un correspondant pour le rendre à l'École royale la somme de 5 francs par jour, à titre de journées de voyage, supputées à 10 lieues par jour, le sujet étant libre de faire le voyage comme il le jugera convenable, sous la condition expresse cependant d'arriver à l'Ecole royale le jour indiqué par le correspondant qui, à cet effet, le munira d"une lettre d'envoi dont il lui sera donné accusé de réception, ainsi que de l'arrivée du sujet; 6° d'allouer à un sujet envoyé par un correspondant, mais non susceptible d'être admis par l'Ecole royale, la même somme de 5 francs par journée de 10 lieues pour son retour jusqu'à domicile; 7° d'engager le correspondant qui enverrait un sujet, dont les lacullés ne permettraient pas de faire les avances de son voyage, de les lui faire ou de trouver le moyen de les lui faire avancer jusqu'à son arrivée à Paris, les frais de route devant être remboursés par l'Ecole royale aussitôt l'arrivée de l'élève muni -de la lettre du correspondant; 8° qu'il n'y avait pas lieu à prendre en considération les demandes de quelques correspondants tendant à faire intervenir MM. les préfets, sous-préfets ou maires dans leurs recherches : i° parce que ce serait compliquer des mesures qui ne les regardent nullement; 2° parce que la quantité de sujets dont l'École a besoin n'est pas telle, qu'elle néces-
site une opération dans laquelle soient obligées d'intervenir les autorités locales; 3° parce que ce serait donner matière à une correspondance beaucoup trop étendue el qui peut être circonscrite entre les correspondants et l'administration des Menus- Plaisirs du Roi.
Après seconde lecture faite des dispositions projetlées prises ci-dessus, le conseil d'administration a pensé, ainsi que vous. Monsieur l'Intendant, que je devrais être chargé de vous faire le présent rapport sur la délibération prise à leur sujet, afin que si, par la suite, quelques objections pouvaient y être faites, soit par les correspondants, les élèves aspirants ou autres personnes, et que les moyens d'exécution manquassent en quelque point, il soit facile d'y répondre et d'y remédier, l'ensemble de l'opération pouvant à ce qu'il semble déjà marcher avec les présentes dispositions.
Ci-joint le tableau d'après lequel le conseil d'administration
pourrait ou non décider s'il y a lieu à ordonner l'envoi du sujet
proposé par le correspondant et qui devra être rempli et envoyé
préalablement par lui. avant le moindre déplacement et sur son
témoignage.
Pebnk.
| Arcli. du Conservatoire.]