GDXXXAIII. LETTRE AU MINISTRE DE LA MAISON DU
ROI SLR LA DEMANDE D'ENTREE A L'OPERA ET A L'OPERA- COMIQLE FAITE PAR CUERIBINi; 3o OCTOBRE l822.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de soumettre à V. E. une nouvelle demande que M. le directeur de l'Ecole royale vient de former auprès de moi, et que je n'ai pas cru devoir juger sans avoir l'honneur de la soumettre à V. E.
Elle a pour objet d'obtenir que trois places d'orchestre à l'Académie royale soient spécialement consacrées aux élèves de l'Ecole royale. V. E. sait que déjà ces élèves jouissent d'une loge à l'Académie.
Je suis informé que M. le directeur de l'École royale a cru devoir solliciter pour eux de l'administration du Théâtre royal de l' Opéra-Comique une loge, qui leur a été accordée. Déclarer que cette démarche a été faite sans que j'en ave eu connaissance, c'est faire savoir à V. E. que je suis loin de me féliciter de son résultat.
Il n'y a d'espoir pour le bon ordre et l'existence du pensionnat de l'Ecole que dans des habitudes sévères et studieuses. Il est permis de croire et d'admettre qu'il soit utile aux élèves d'assister aux représentations théâtrales; mais rendre cette faveur, ce plaisir trop communs, ce serait encourager chez eux des dispositions qui n'ont que trop de tendance à se manifester et dont trois d'entre eux viennent de donner d'affligeantes preuves.
Par ces motifs, qui priment assurément tous ceux d'instruction ou autres que l'on pourrait faire valoir, non seulement je conclus au rejet de la demande de M. le directeur, mais je déclare que les distractions théâtrales doivent , selon moi, être accordées aux élèves avec beaucoup de ménagement et que, pour assurer le succès des études, ce serait une fausse idée que de croire que chaque soirée dût amener avec elle son amusement : tel sera cependant le résultat des deux loges à l'Opéra et à
l'Opéra-Comique.
[Arch. du Conservatoire.]