‹ Le Conservatoire national de musique et de declamationChapitre 287 sur 473 · BATIMENTS · texte numérisé non relu

BATIMENTS

recle, par l'intérieur «les bâtiments, avec les classes, salles d'examen et de commissions, appartement du directeur.

Logement du concierge. Bureaux : i° pour le directeur (pièce et cabinet); a" chef du secrétariat (idem), 3° sous-chef du secrétariat, comptabilité et caisse (idem), 6" commis. Archives (surface ho à 5o mètres). Ces pièces doivent communiquer par un passage pour le public et un couloir intérieur réserve au personnel.

Salle d'attente pour le public; antichambre, contenant un bureau pour un huissier et un gardien. Salon d'attente réservé et salle de commissions. Pièce pour le matériel et les ustensiles.

ëxseignembnt. — Grande pièce d'entrée, avec bureau du surveillant des classes et d'un adjoint, à placer au rez-de-chaussée et au centre des deux salles d'attente des élèves, cloisons latérales vitrées pour faciliter la surveillance. Entrées des salles d'attente et passage conduisant aux classes. Cette pièce doit contenir un bureau pour la signature de la feuille de présence des professeurs et quatre tables pour l'inscription des aspirants.

Salles d'attente des élèves : hommes, 00 ; femmes, 80. A proximité du bureau de surveillance, accès par ce dernier et issue vers les groupes de classes. Portes à tambour double (entrée et sortie), sièges, tables, porte-manteaux, etc.

Classes. — Sans écho ni résonnance( plafonds de toile, murs en briques de liège, etc.); éviter le bruit des classes voisines (portes à tambour, murs doubles ou cabinets à usages divers : gardiens de classes, dépôt de musique, d'instruments, ustensiles de nettoyage, etc.). Surface variable, 3o à 4o mètres carrés. Nombre d'élèves et auditeurs, environ aô; durée des séances, 2 heures. Pianos à queue (a m. 5o), sièges, portemanteaux, six corps d'armoire pour musique et instruments; chauffage, ventilation.

Répartition en trois groupes distincts, n'ayant de communication que pour le personnel de service : i° six classes pour les élèves femmes; 9" quatre classes mixtes (hommes et femmes); 3° dix classes pour les élèves hommes. Dans les premier et troisième groupes, réserver deux classes entièrement isolées du bruit des classes de chant et d'instruments, pour les cours d'harmonie et de composition.

Larges corridors de dégagement.

Quatre classes pour la déclamation lyrique et dramatique, de chacune 3o à 60 élèves ou assistants. Scène à plan incliné (5 mètres sur 6 de large environ), parquet (7 mètres de longueur). Tribune ou gradins pour les assistants, du côté opposé à la scène (facultatif). Pièce contiguè pour dépôt d'accessoires.

Grande salle pour cours publics et classes d'ensemble; destination : classe d'orgue (buffet et soufllerie attenants), cours d'histoire de h) musique et de littérature dramatique (4oo auditeurs). Classe d'ensemble vocal ()oo élèves), classe d'ensemble instrumental; estrade au fond, en palier, pour le conférencier et quelques exécutants; parterre horizontal ou avec gradins en amphithéâtre, tribune, etc.; accès spécial par la cour pour les élèves et auditeurs, par les bâtiments pour l'administration.

Salle d'examens et d'assemblée générale pour les professeurs à proximité de l'administration, avec entrée spéciale pour le personnel ; scène à plan incliné ( (i mètres de long sur 7 de large) , parterre en palier (9 mètres). Du coté de la scène, deux salles d'attente ou foyers pour les aspirants et élèves (100 à i5o); entrée par la cour.

Locaux divers de service : réfectoire, dépôt central d'instruments et de musique des classes, cabinet du médecin, de l'architecte, atelier pour le poinçonnage des diapasons, magasins, lingerie, bûcher, cabinets, lavabos, etc.

Loges pour les concurrents au prix de Rome (10); isolées les unes des autres et séparées des classes.

Théâtre, Salle de concerts. — Vestibule, contrôle; entrées par l'intérieur el par l'extérieur de l'édifice. Salle, i,5oo places; entrée spéciale pour les places de spectateurs sans billets, desquelles on ne pourra communiquer avec les autres parties de la salle; loge centrale avec salle de délibération pour le jury et dépendances.

Scène, orgue au fond. Trois foyers : hommes ( 100). femmes (100), instrumentistes ( 100). Loges d'artistes.

Dépôt de matériel et accessoires, instruments, concierge, bureau de location, corps de garde, écurie, etc.

Misée. — Surface, 3oo mètres au rez-de-chaussée ou au premier étage; petites salles d'exposition ou grandes galeries. Entrée commune avec celle de la bibliothèque, par l'intérieur et l'extérieur de l'édifice. Hauteur de plafond, moyenne. Panneaux, vitrines murales et transversales; petites estrades au centre. Bureau pour le Conservateur, magasins, manutention, etc.

Bibliothèque. — Grande salle publique de lecture avec bureau pour le commis et les gardiens; petite salle de lecture avec piano, dont la surveillance devra être facilitée par des cloisons vitrées; le son du piano ne devra pas être perçu des lecteurs de la grande salle.

Cabinet du bibliothécaire avec annexe pour catalogues, fiches, etc.; deux salles de dépôt et de manutention; une pièce spéciale pour les ouvrages rares et précieux de la réserve.

Logements. — Pour le directeur et le personnel de surveillance permanente et de sûreté.

DXV. EXTRAIT DU RAPPORT FAIT PAR M. GEORGES BER- GER, SUR LE BUDGET DE 1898 (n° 2698, SEANCE DU •20 JUILLET 1897).

Faute de place et d'argent, le Conservatoire ne peut augmenter les richesses de son musée d'instruments de musique, qui constitue une admirable collection, et de sa bibliothèque, dont il est juste de dire quelques mots. Depuis vingt ans, la production musicale a doublé, comparativement aux années antérieures à 1870. Ainsi, à cette époque, le dépôt légal fournissait 3,.")Oo à 3,6oo pièces de musique, grandes et petites, par an, tandis qu'en 1895 ce même dépôt a livré 6,5i>2 morceaux

fcCTES ORGAMQLES.

et en 1896 le chiffre total s'est élevé à 6.yGi. A partir de iS-5. il a fallu transporter dans les comliles la musique militaire, les chansons sans accompagnement, la musique <le danse, etc. Tout cela représentant de* monceaux de musique. Dans les rayons de la littérature muticale. on a été obligé de déloger les livres allemands, il v a cinq ans déjà (environ 1,200 volumes), pour les empiler dans des petites pièce-- à l'étage supérieur. Cette annéeci ce sera le tour des livres anglais de quitter leurs rayons resi»ectifs. Les nouveaux morceaux de »iano sont entassés par terre dans une galerie, il \ en a environ 1Ô0.000.

Le manque de place lait un grand tort a la bibliothèque, en obligeant de refiler les don» un peu volumineux. M. Deldevez. l'ancien chef d'orchestre de l'Opéra et des concerts du Conservatoire, vient d'offrir sa bibliothèque d'environ ôoo volumes: il était impossible de ne pas accepter ce don. en considération du donateur, mais les 5oo volumes vont être empilés dans les pièces qui ont servi jadis de chambres à coucher aux pensionnaires du chant et qui sont déjà encombrées par l'héritage Kastner. recueilli il v a dix ans. IL Weckerlin, le savant bibliothécaire du Conservatoire . voudrait léguer sa collection de Cha:t- MM populaires de tous les jinys du monde, dont les 4, 000 volumes constituent un ensemble unique estimé 30.000 à :îo.ooo francs: il sera obligé d'y renoncer faute de place.

Les étrangers connaissent bien la bibliothèque musicale du Conservatoire de Paris: ils y viennent travailler fréquemment, par la raison qu'elle possède un certain nombre d'ouvrage* uniques sur la musique, comme Y œuvre de l'etrucci. les Messes de Fériu, etc. »

Les partitions (en autographes) d'opéras forment une collection, commencée il \ a seulement vingt ;ui». qui dépasse le chiffre de 100; on y trouve des partitions de Rossini. de Méhul. de Boïeldieu. d'Halévy, celle de la Muette d'Anber et celle de Don Carlos, le seul opéra que Verdi ait écrit spécialement pour la France, les œuvres que Berlioz et Ambroise Thomas ont léguées, et enfin le manuscrit de Don Juan de Mozart, rélégué dans une armoire, parce qu'on ne peut l'exposer convenablement aux yeux des visiteurs. Quand on revient de visiter le Conservatoire de Bruxelles, on reconnaît avec regret que la France, qui possède tant de richesses musicales, n'est pas en état de les loger avantageusement.

La reconstruction d'un nouveau Conservatoire national de musique et déclamation s'impose. Les bâtiments actuels sont dans un état de délabrement alarmant . même au point de vue de la sécurité des personnes qui les fréquentent. Les réparations qu'on est obligé de temps en temps d'v entreprendre deviennent excessivement onéreuses et conduisent à toute» sortes d'imprévus. Ces bâtiments étaient déjà anciens, quand l'Intendance des Bâtiments de la Couronne les acquit, en 1788. pour le service de l'Opéra; c'est en transformant leur ensemble, où se trou-

vaient établis, dans la partie qui avait été l'hôtel des Menus- Plaisirs, des magasins de machines et de décors ainsi qu'un théâtre pour les répétitions, qu'on y installa, en 1786, l'École royale de chant, et, en 1786, celle de déclamation. En 1789. on réunit à ces écoles une autre école pour les instrumentistes. et c'est ainsi que le Conservatoire fut totalement constitué sauf l'ancienne bibliothèque et la salle des concerts, qui ne furent édifiées qu'en 1807. Des transformations successives, opérées au détriment de la solidité des murs et des planchers, eurent lieu en i8i5, i832. 1861 et de i85o à 1860: les locaux furent successivement divisés à l'infini, si bien que tous les services finirent par se trouver mal à l'aise, et que la situation est devenue intenable, comme l'a signalé le rapport du budget de 1897.

Les précautions contre le feu que la Préfecture de police k croit obligée d'imposer dans les salles de théâtre à la suite de l'incendie du Bazar de la Charité, condamnent celle des concerts du Conservatoire. Cette salle est, en effet, construite en matériaux légers et éminenunent combustibles; elle est aussi mal pourvue que possible de dégagements, car la largeur de son couloir d'accès se réduit à 70 centimètres vers le mur des propriétés mitoyennes. Les transformations qu'il faudrait exécuter dans oette salle seraient illusoires; elles supprimeraient un nombre de places tellement important que la Société des concerts ne ferait plus ses frais et qu'elle a renoncé à s'en servir dorénavant. En attendant que le Conservatoire soit rebâti, oette Société donnera ses séances du dimanche dans la salle de l'Opéra . dont la disposition vient de lui être assurée.

La surface du terrain qu'occupe le Conservatoire est de 3,485 mètres carrés environ. Ce terrain a une valeur considérable à cause des façades considérables qui peuvent se développer sur la rue du Faubourg-Poissonnière et sur la rue Bergère. Que la démolition des bâtiments actuels du Conservatoire et la vente du terrain soient ordonnées, l'Etat se procurera du coup les ressources nécessaires pour réédifier notre grande Ecole de musique et de déclamation dans les conditions les meilleures et peut-être avec le bénéfice d'une soulte. sur un autre terrain parisien du domaine national, situé autant que possible dans le même quartier. Il est donc désirable et il serait urgent que les recherches que le Ministre des finances a demandé à ses collègues de faire, afin de dresser l'état des immeubles et des terrains du domaine national susceptibles d'être aliénés ou d'être changés de destinations, aboutissent à une entente avec le Ministre de la guerre pour supprimer la caserne de la Nouvelle- France. Cette caserne occupe dans le faubourg Poissonnière un emplacement de 9.000 mètres carrés environ, pour loger à peine 3oo ou ioo soldats; son emplacement se prête admirablement à la reconstruction du Conservatoire suivant un plan très bien disposé que votre Commission a examiné.

ARKETES SPEC.IAIX.

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