Hugot. 32. Beaugrand. 33. Lhoste. UU. Nobleaux
Quarante-quatre chanteurs à quinze livres chacun d'indemnité produisent un total de 660 tt, ci, Six cent soixante livres.
k. Théâtre de la rue Feydeau.
Étal des frais occasionnés pour le concert donné par l'Institut national de musique dans la salle du théâtre de la rue Feydeau le 1 7 brumaire an 3e de la République française :
Illuminations 275* o*
Ouvriers 222 5
Racommodage d'une contrebasse ôti
Certifié valable pour la somme de cinq cent cinquante-trois livres cinq sols d'après les mémoires déposés à l'administration du théâtre de la rue Feydeau.
Paris, ce 28 germinal an 3e de la République française, une et indivisible. Signé: Dctey, caissier.
1. Concerts exécutés par l'Institut national au théâtre Feydeau le 3o brumaire an 20 et 17 brumaire an 3' delà République. Port d'instruments pour les deux concerts : Payé par Veny 3ott
Certifié valable pour la somme de trente livres avancé par moi ce 5 lloréal an 3e de la République. Signé : Vkny, secrétaire de l'Institut.
[Arch. nat., F17 îagi.]
(Voir le mémoire d'impression des billets et des programmes, CCVII, g, p. 1 12.)
CXGVII. ARRÊTÉ DU COMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE ORDONNANT LE PAIEMENT DES DEPENSES DE L'INSTITUT,
26 BRUMAIRE AN III— 1 6 NOVEMBRE i~]$h.
Sur la proposition d'un membre, le Comité arrête que l'Institut national de musique touchera l'arriéré qui lui est dû et le courant sur les fonds mis à la disposition de la Commission d'instruction publique et ce , conformément à l'arrêté du Comité de salut public du à floréal dernier.
M.-J. Chénier, président; Bonnet, Raraillon, Plaichard, Villars, J.-R. Mazade. [Procès-verbal; Arch. nat., AF* u, 3o; Arrêté, AF* H, 3a.]
CXCVn&tff. -- RAPPORT (ll° l58) POUR LE PAIEMENT DES APPOINTEMENTS DE THERMIDOR ET DE FRUCTIDOR DES MUSICIENS SUPPLÉMENTAIRES, 6 FRIMAIRE AN III-26 NOVEMBRE I79&.
Le citoyen Sarrette, fan des administrateurs de l'Institut national de musique et commandanl de la musique de la Garde nationale parisienne, produit à la Commission de l'instruction publique un arrêté du Comité de salut public du h floréal ainsi conçu : «Le Comité de Salut public, etc." (Voir CLXXXIX.)
Le payement de cette somme mensuelle de douze cent livres n'a été effectué que jusqu'au mois de messidor inclusivement . et la suspension provient de ce que les commissaires de la Trésorerie nationale ont exigé, à celte époque, un autre arrêté du Comité de salut public qui les autorisât à imputer celte dépense sur les nouveaux fonds mis à son crédit , attendu que celui de 5o.ooo,ooott n'était plus disponible.
Aujourd'hui le citoyen Sarretle s'appuye d'un arrêté du Comité d'instruction publique du 26 brumaire dernier, pour réclamer le payement de la somme de deux mille quatre cent livres dues à l'Institut de musique pour les deux mois thermidor et fructidor. Ce nouvel arrêté porte : (Voir CXCMI.)
Le citoyen Sarrette produit, en outre, l'état nominatif des artistes supplémentaires à la musique de la Garde nationale de Paris, dont les appointements doivent être payés sur ladite somme de deux mille quatre cent livres. Le total de ces appointements s'élève pour un mois à i,02Qtt3s£det pour deux mois à 2o58rtG' 8d.
On propose à la Commission de l'instruction publique d'approuver, en exécution de l'arrêté du Comité d'instruction du 26 brumaire de la présente année, qu'il soit expédié au nom du citoyen Sarrette, commandant de la musique de la Carde nationale parisienne, un mandat de la somme de deux mille quatre cent livres, montant de ce qui est du pour les deux mois thermidor et fructidor, à l'Institut national de musique sur l'arriéré de la somme de douze cent livres qui doit lui être payée cbaque mois, pendant un an, à compter du 1" ventôse de l'an 2e, selon l'arrêté du Comité de salut public du '1 floréal delà même année, et dont la destination est de suppléer aux appointements des artistes attachés à l'Institut. Ladite somme de 2,ftoott sera payée par la Trésorerie nationale, sur les fonds disponibles de la Commission de l'Instruction publique. Le mandat, auquel sera annexé le duplicata de l'arrêté du Comité d'instruction publique, sera porté dans le prochain état de distribution, sur l'approuvé du présent rapport.
Fait à Paris, ce (5 frimaire an 3" de la République française une et indivisible.
[Areh. nat. , F17 129t.]
CXCVIII. - VRRÈTÉ D( COMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE ORDONNANT QU'IL SOIT RENDU COMPTE DE L'ORGANISATION
DE L'INSTITUT; l8 BRUMAIRE AN II-8 NOVEMBRE 1 7 1) 'l .
Le Comité arrête que l'Institut national de musique lui rendra compte, dans trois jours, de sou organisation et des arrêtés du Comité de salut public relatifs à cette organisation.
Thibaudeau, Massieu, J.-B. Mazade, Villars, Baraillon, Thirion. [Arcli. nat., AF*n, 32; Procès-verbal; AF* il, 3o.]
CXCIX. ■- INSTANCE DES ARTISTES DE L'INSTITUT; DÉCISION DD COMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR SON EXAMEN;
22 BRUMAIRE AN 111-12 NOVEMBRE i 79^.
Les artistes de l'Institut national ont demandé une organisation et des moyens de consolider et d'utiliser leur établissement. Le Comité, considérant les grands avantages de cette précieuse réunion des talens les plus distingués, arrête le renvoi de la pétition à la 3" section , avec invitation d'en faire le plus prompt rapport.
[Procès-verbal; Arch. nat.. AF* 11, 3o.]
CC. - ARRÊTÉ 1)1 COMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE PORTANT QUE LE COMPTE RE.NDl DE L'INSTITUT SERA EUT P\R ECRIT ET QU'UN RAPPORT LUI SERA SOUMIS ULTERIEUREMENT. () FRIMAIRE AN IIl-->() NOVEMBRE i'Jùà.
Sur la proposition d'un membre, le Comité arrête que la Commission d'instruction publique se fera rendre compte par écrit et dans trois jours de l'organisation de l'Institut national de musique, des pouvoirs et fondions qu'il a reçus du Gouvernement et de leur emploi , pour en être fait ensuite un rapport dans une décade au Comité.
[ Procès-rerbnl ; \rcl>. nat., \K*n, 3o; Arrêté, \F*u, .'!:>. | CCI. L'INSTITUT VIENT RENDRE COMPTE DE SES TRAVAUX, 10 FRIMAIRE AN III-3o NOVEMBRE I70/1.
L'Institut national se présente pour, conformément à l'arrêté du 6 frimaire, rendre compte de son organisation, des pouvoirs et fonctions qui lui ont été attribués et des sommes qu'il a reçues du Gouvernement. Le Comité confirme son précédent arrêté.
[Procès-verbal; Arch. nat., AF*n, 3o.]
CCII. LE COMITÉ DEMANDE DES RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES, 22 PLUVIOSE AN III- 1 O FEVRIER 179,5.
Un membre donne lecture d'un rapport de la Commission d'instruction publique sur l'Institut national de musique. Le Comité passe à l'ordre du jour motivé sur ce que les instructions qu'il contient sont insuffisantes, et charge la Commission d'instruction publique de prendre, près de l'Institut, les renseignements nécessaires.
[Procès-verbal; Arch. nat. , AF* u, 3o. ]
CCIII. — ■ RAPPORT AU COMITÉ D'INSTRUCTION PUBLIQUE SUR LES FONCTIONS DE L'INSTITUT NATIONAL DE MUSIQUE. L'EMPLOI DES FONDS QUI LUI ONT ÉTÉ ATTRIBUÉS, ETC.. PLI VIOSE-VENTOSE AN ÎII-FÉVRIER-MARS 1796.
Le 6 frimaire, le Comité d'instruction publique a arrêté que la Commission se ferait rendre compte, par écrit, de l'organisation de l'Institut national de musique, des pouvoirs et des fonctions gui lui ont été attribués, des sommes qu'il a reçues du Gouvernement et de leur emploi, pour en être fait rapport à la Commission.
Le 10 nivôse. l'Institut national a remis à la Commission une liasse contenant plusieurs pièces dont voici le résultat :
Origine de l'Institut.
En 1789, lorsque les citoyens se réunirent spontanément et se formèrent en Garde nationale, les musiciens du dépôt des Gardes françaises offrirent leurs services au Comité militaire de la Municipalité de Paris qui les agréa et créa un corps de musique composé de 78 artistes sous les ordres du citoven Sarrelte. Ce corps, formé sur le pied militaire, n'était alors destiné qu'à marcher à la tête de la Garde nationale. H fut divisé en trois classes : la 1" aux appointements de 54ott, la 20 de 45ott, et la 3e de 33ott; ces appointements ont été successivement augmentés jusqu'en 1793. qu'ils ont été portés à 85ott pour la ir" classe, à -oott pour la 2% et à 6oott pour la 3°.
En 1792, les musiciens de la Garde nationale fournirent plusieurs sujets aux divers corps de la Garde solde*, ce qui réduisit leur nombre à 54.
La suppression des écoles de chapitre privait alors les jeunes gens qui auraient désiré se livrer à l'élude de la musique d'un moyen d'instruction. Les artistes de la Garde nationale offrirent à la Municipalité de faire gratuitement un certain nombre d'élèves pris dans les différentes sections de Paris. La Municipalité accepta leur offre par ses arrêtés des 9 juin et 17 novembre 1792. Cet établissement eut un assez grand succès pour encourager les auteurs à chercher dans la protection immédiate du Gouvernement les moyens de lui donner une plus grande extension.
Organisation de l'Institut.
Le 18 brumaire l'an 11 de la République, les artistes musiciens de la Garde nationale parisienne se présentèrent à la Convention, y firent entendre leurs élèves et demandèrent la formation d'un Institut national. La Convention renvoya leur demande à son Comité d'instruction publique , qu'elle chargea de lui présenter un mode d'organisation de cet établissement. Trois jours après, le Comité nomma deux de ses membres pour préparer ce mode; mais il parait que d'autres occupations l'empêchèrent de suivre ce travail. Rien ne fut innové dans la musique de la Garde nationale parisienne jusqu'au mois de floréal (?), où le Comité de salut public adjoignit provisoirement et pour un an, i.3 artistes à ceux qui la composaient alors et donna à cette réunion de professeurs la dénomination d'Institut national de musique.
Dans le mois de messidor suivant, le commandant Sarrette convoqua l'Institut et représenta qu'en attendant l'organisation définitive, il importait que l'établissement fut régi par une administration provisoire. En conséquence, les artistes choisirent entre eux 9 administrateurs, savoir : Gossec, Méhul, Cherubini, chargés du choix et de la confection des morceaux qui doivent être exécutés et d'en ordonner la copie après qu'ils ont été agréés par l'administration: Delcambre, chargé de tous les détails relatifs à la copie des morceaux adoptés, etc.; Devienne, F. Duvernoy, Ernest, Pagniez. chargés des détails relatifs à l'exécution, tels que transport d'instruments , réunion d'artistes adjoints extraordinairement à l'Institut, etc.. et Sarrette, chargé de correspondre avec les autorités, de transmettre les ordres, de veiller à leur exécution et d'indiquer la marche et les fonctions de l'Institut dans les fêtes publiques.
Outre ces fonctions qui ne sont relatives qu'aux fêtes nationales ordonnées par le Gouvernement, û paraît que l'administration a délégué à h de ses membres, Devienne, F. Duvernoy, Pagniez et Ernest, le soin de surveiller les professeurs et la police des élèves. Ces professeurs font leur service alternativement tous les k jours.
Les écoles sont composées de 80 élèves nommés par les différentes sections de Paris; on leur enseigne le solfège et toutes les parties de la musique, excepté le chaut et le clavecin.
Il y a pour le solfège 22 professeurs, pour le violon 3. hautbois 3, basson 5, basse 2, cors 6, contre-basse 1, trombone 1, trompette 2, clarinette 1 1, flûte 3, timballe 1.
Les classes sont ouvertes tous les jours excepté les quintidi et les décadi, depuis 8 heures du matin jusqu'à 1 heure; les élèves qui sont assez avancés dans les instruments pour exécuter ensemble, sont réunis deux fois par décade. Gossec, Méhul, Lesueur et Cherubini surveillent l'enseignement et font faire les répétitions générales. Deux autres professeurs, Lefèvre et Catel , font faire les répétitions particulières.
Pouvoirs et fonctions attribués à l'Institut.
Les principnles fonctions ont été jusqu'ici de former des élèves et de concourir à l'embellissement des fêtes nationales en y exécutant des hymnes et des airs patriotiques: pour cet objet, un arrêté du Comité de salut public du i5 messidor l'autorisa à s'adjoindre extraordinairement les musiciens et chanteurs des spectacles de Paris; à fixer l'indemnité de ces artistes; à faire, soil pour les fêtes publiques, soit pour les concerts du peuple, toutes les dépenses nécessaires.
Le Gouvernement l'a aussi chargé plusieurs fois de créer des corps de musique pour les armées.
Il a, en outre, été autorisé, par différents arrêtés du Comité de salut public, à faire graver des airs patriotiques propres à exciter le courage des défenseurs de la Patrie, et à multiplier dans les départements les moyens de donner de la pompe et de l'attrait aux fêtes civiques.
Celte autorisation remonte au 27 pluviôse de l'an 11 de la République. Les musiciens de la Garde nationale reçurent alors un secours de 33, 000 livres à la charge de donner pendant une année entière, chaque mois, au Comité de salut public et à compter du premier germinal alors prochain, 55o exemplaires de la livraison de musique qu'ils publieront, laquelle devra contenir une symphonie, une hymne ou chœur, une marche mditaue, un rondeau ou pas-redoublé et au moins une chanson patriotique, le tout formant un cahier de 5o à 60 pages.
Le 8 messidor, le même Comité permit à l'Institut de faire exporter de la musique gravée, sur simple déclaration visée et approuvée par la Commission de commerce. Et enfin , le 2 1 du même mois . le Comité de salut public lui ordonna
de faire passer aux diverses années de la République, soit de terre, soit de mer. îa.ooo exemplaires de chants et hymnes patriotiques et 10 exemplaires par centurie à l'Ecole de Mais.
Tels ont été jusqu'à présent les pouvoirs et les fonctions attribués il l'Institut national de musique.
Sommes accordées par le Gouvernement et leur emploi.
On croit devoir passer rapidement sur cet article qui concerne plus particulièrement la comptabilité et ne présenter ici ([lie ce qui paraîtra propre à faire envisager l'Institut dans ses rapports d'utilité publique.
Quoique le Gouvernement eût investi depuis longtemps cet établissement du litre d'Institut national, il n'a eu de fonds à sa disposition que pour les appointements de la musique de la Garde nationale, et ce n'est que depuis le () thermidor que ces fonds ont été fournis par le Trésor public. Jusqu'alors, l'administration de police et de garde nationale ordonnançait chaque mois les états dépave et acquittait les dépenses de l'Ecole consenties par la Municipalité: en un mot. l'Institut continuait d'être sous la surveillance immédiate de la Commune. Cependant, il parait que le h floréal le Comité de salut public accorda une somme de 4,570**, avancées par le citoyen Sarrette pour l'Ecole et l'habillement des i3 professeurs supplémentaires nommes par le Comité, et i.200tt par mois, pendant une année, à partir du 1" ventôse, pour fournir aux dépenses de l'administration.
Le 27 pluviôse suivant, l'Institut obtint, du même Comité, un secours de 33. 000 livres, pour l'aider dans la gravure des cahiers périodiques d'airs et d'hymnes républicains; un exemplaire de la première livraison est joint aux pièces.
Le Gouvernement n'a point accordé d'autres sommes à l'Institut national; celle de ôo.ooott par an, fixée pour les dépenses des fêtes publiques et des concerts du peuple, est entièrement consacrée aux Irais de copie, port d'instruments et indemnités aux artistes adjoints extraordinairenient. Les huit fêtes ou concerts exécutés jusqu'à ce jour ont coûté 33,546*, sur laquelle somme l'Institut est en avance de 8,546*, sans que les professeurs ayent reçu aucune indemnité. 1
Tel est le résumé des différentes pièces qui composent la liasse intitulée : Compte rendu par l'Institut national de musique, en exécution de l'arrêté du Comité d'instruction publique. Il en résulte que l'Institut est tout à la fois une (Voir1 et un corps militaire, qu'il n'a point encore d'organisation, qu'il est régi par une administration provisoire, que ses fonctions se bornent à l'instruction de 80 élèves et à la musique des fêtes nationales célébrées à Paris, que son utilité, par rapport au reste delà République, consiste dans la création des corps de musique des armées, la publication des hymnes et airs patriotiques et l'influence que peut avoir sur les artistes des départements une réunion de professeurs recommandantes, dont les productions et les talents doivent exciter une émulation favorable aux progrès de l'art, et enfin qu'il est chargé de régler les dépenses relatives aux fêtes nationales jusqu'à concurrence de 5o,ooott par an, et que celles qui ont eu lieu jusqu'à ce jour montent à 33,546*, mais le compte ne donne pas tous les renseignements qu'on doit désirer.
Depuis l'addition des i3 professeurs ordonnée par le Comité de salut public, y a-t-il eu des mutations? Comment se font-elles? Y a-t-il un concours? Quelle en est la forme. le mode d'admission et comment se juge-t-il?
En second lieu, comment se fait le choix des morceaux qui doivent être exécutés dans les fêtes? On a bien vu que les citoyens Gossec, Méhul. Cherubini et Lesueur sont chargés de les composer et de les choisir et que la copie n'en est ordonnée qu'après qu'ils en ont fait le rapport à l'administration; mais ont-ils établi dans ce choix des règles qui garantissent les auteurs delà crainte d'un jugement arbitraire. Cette crainte serait sans doute mal fondée, des artistes aussi justement célèbres sont incapables de se laisser diriger par des considérations particulières; cependant, comme l'amourpropre des compositeurs peut quelquefois les aveugler sur le mérite de leurs productions, il importe qu'ils soient convaincus qu'elles n'ont pas été rejetées arbitrairement: sans doute l'administration de l'Institut a pris des mesures pour prévenir cet inconvénient. H serait donc à souhaiter qu'elle les lit connaître.
Troisièmement enfin, l'obligation imposée à l'Institut par l'arrêté du 27 pluviôse, de publier tous les mois 100 cahiers d'hymnes et de chants patriotiques, a-t-elle été exactement remplie? et continue-t-elle à l'être?
Telles sont les observations qui se présentent à la première inspection du compte de l'Institut considéré dans l'état précaire où est cet établissement, auquel sont d'ailleurs attachées quelques-unes des imperfections qui accompagnent toujours les établissements provisoires. Il faut sans doute attribuer à ces imperfections quelques plaintes parvenues a la Commission contre l'établissement en général, et le citoyen Sarrette eu particulier.
COÎSSERVATOIRE. 1 '-i
Celles qui portent sur rétablissement en général n'ont rien que de vague; il esl certain que la dénomination d'Institut national de musique l'ait naître l'idée d'une utilité générale de laquelle il est loin encore, niais on doit espérer qu'il y parviendra lorsque la Convention aura décrété son organisation définitive; cet objet important fera la matière d'un rapport particulier. Voici quels sont les reproches qui paraissent dirigés contre l'administration en particulier : 1° elle a fait, dit-on. de cet établissement, un objet de spéculation, et, sous prétexte de faire graver et imprimer des hymnes et chants patriotiques, elle s'est fait autoriser à mettre en réquisition les huiles et le papier servant à l'impression de la musique; a" elle fait éprouver des vexations aux marchands et notamment aux citoyens Boyer et Imbaull. dans l'espèce de censure qu'elle exerce sur la musique qu'ils font passer en Suisse; 3" elle a repoussé des artistes recommandables qui se sont présentés pour être admis à l'Institut, entre autres. Martini, Punto, Berger, etc.; A° le premier de ces artistes avant composé un hymne et l'ayant offert à sa section, il fut invité par elle à se présenter auprès de Sarrette pour Je taire exécuter; il s'y refusa en disant que Gossec était charge seul, par le Comité de salut public, de ces sortes de compositions; 5" Berger fut aussi très mal accueilli lorsqu'il se présenta pour être admis au concours de violoncelle.
11 existe, parmi les pièces remises à la Commission, un mémoire du citoyen Venv au nom des artistes de l'Institut national de musique réunis en association. OÙ se trouve la réponse au premier reproche impute au citoyen Sarrette. Il parait, d'après le litre et l'exposé de ce mémoire, que, pour tout ce qui est relatif à la gravure et à la publication des hymnes et chants patriotiques, les professeurs ne se considèrent (pie comme une société de commerce étrangère à cet égard à l'Institut de musique. Ils ont loué, pour cet objet, un domaine national situé rue des Fossés-Montmartre, qui leur a été adjugé dans les formes : mais cette distinction est illusoire et s'évanouit devant les arrêtés mêmes du Comité de sain! public qui ont le plus protégé l'association. C'est à l'Institut national de musique nominativement que celui du 8 messidor accorde l'autorisation de faire exporter de la musique gravée, et celte musique n'était autre que celle dont la société faisait commerce.
Sans doute, le Comité d'instruction publique examinera dans sa sagesse s'il esi bon (pie des idées mercantiles se mêlent aux fonctions importantes qui seront confiées a cet établissement; quoi qu'il en soit, l'association observe que la cupidité des marchands de musique et leur insouciance à publier des compositions patriotiques l'ont seules déterminé à former cette entreprise. Elle a été second se par le Comité de salut public, comme on l'a vu précédemment, et les artistes qui la composent nient toute espèce d'accaparement ou de réquisition, soit d'huiles, soit de papiers; ils avouent seulement (pie la Commission de commerce leur délivra, le ai vendémiaire, une autorisation de réquisition pour des huiles, mais ils assurent qu'elle est demeurée sans elfet.
A l'égard des vexations que les marchands disent avoir éprouvées dans l'exportation de la musique en Suisse, elles ne sont pas aussi précises qu'il serait nécessaire pour en avoir une idée bien nette ' ;
Delà résulte également la nécessité de prévenir les abus dénoncés dans le surplus des griefs imputés à Sarrette. Ce qu'on a trouve1 d'incomplet dans le compte de l'Institut relativement à l'admission des sujets et au choix des différents morceaux de musique met dans l'impuissance de savoir s'ils ont véritablement existé; quoi qu'il en soit, on doit prendre des mesures pour qu'ils soient impossibles, même dans l'état précaire où est cet établissement. (Jn accès facile doit être laissé à tous les artistes soit pour concourir aux places de professeurs, soit pour l'admission des compositions patriotiques. Il y a sans doute des règles provisoires à cet égard dont la Commission jugera l'efficacité lorsque l'Institut les lui aura communiquées.
D'après ces considérations, on propose d'inviter l'Institut national de musique : i° à justifier dans le plus bref délai de l'exécution des conditions auxquelles le Comité de salut public lui a accordé le 27 pluviôse l'an 11 de la République une somme de 33, 000 1.; ù" à répondre par écrit aux questions suivantes : Depuis l'addition des i3 professeurs nommés par le Comité de salut public, y a-t-il eu des mutations? Comment se sont-elles faites? Si c'est au concours, quelle eu est la forme, et comment se juge-t-il? Enfin, quelles sont les règles établies pour l'admission des pièces de musique qu'on exécute dans les fêtes civiques?
On propose également d'inviter le Comité d'instruction publique à faire cesser le privilège accordé à l'Institut national
1 Voir la suite de ce texte dans le Magasin de musique à l'usage des Fêles nationales, par Constant Pierre, p. 64 et 65.
de musique pour l'exportation de la musique gravée, comme attentatoire à la liberté et à l'égalité qui doivent régner dans le commerce.
SUPPLEMENT VI COMPTE RENDU 4 LA COMMISSION D'INSTRUCTION PUBLIQUE, PAR L'ADMINISTRATION PROVISOIRE
Réponses aux questions faites le ■> ventôse par la Commission.
i° Justifier des livraisons de l'abonnement des ooo exemplaires du Journal de musique a l'usage (1rs fêtes nationales; Hnil livraisons sont fournies au Comité (If salnl public (voyez ]a pièce n° 1); — Idem, les 12,000 exemplaires aux armées de terre et de mer: si\ livraisons sont fournies aux armées de terre (voyez la pièce n° 2); Imil livraisons sont fournies aux armées de nier (voyez la pièce n° 3); — Idem, iio exemplaires a l'école de Mars; huit livraisons sont faites au Comité de salut public (voyez la pièce n" 'i ). Vota. Sous deux jours les Qm" livraisons seront faites.
a" Les états émargés des appointements de la musique de la (larde nationale. — Les états émargés depuis le 1" janvier 1 702 jusqu'au 1" ventôse an m dont les duplicata ont été déposés à l'Administration de police cl garde nationale de la commune de Paris jusqu'au 1" thermidor, et depuis celle époque, à la Trésorerie nationale 1 voyez la liasse n° 5).
3° Exportation de lu mimique armée, en conséquence de l'arrêté du Comité du salut publie en date du H messidor. — l)eu\ envois ont été faits en Suisse dans les formes prescrites par les arrêtés du Comité de saint publie. Le premier consistait en marchandises du fonds de l'association des artistes musiciens. Le second étail formé de musique tirée des fonds de l'association, et de ceux des marchands Boyer, Siéber e1 Imbault de Paris, (les marchands onl été soldés sur-le-champ par l'association des factures qu'ils fournissaient pour le compte de .1. (!. Naigneli, de Zurich, leur correspondant. La Commission- de commerce a délivré une permission pour un troisième envoi, mais il n'a point été fait.
V' S'est-il présenté de nouveaux professeurs? Quelques artistes se sont présentés, mais il n'y avait point de place à leur offrir. — En a-t-il été admis? Le citoyen Chernbini a été admis le 1" messidor an 11, parla démission du citoyen Brielle. — Comment se fout les admissions? Les admissions se sont faites, avant le 9 thermidor, sur la présentation du commandant de la musique par l'Administration de police et garde nationale, sous l'inspection immédiate de laquelle la musique de la Garde nationale était placée; depuis le 9 thermidor, aucunes admissions n'ont été faites. Avant celle époque, lorsqu'il y a eu lieu à concours, les candidats se présentaient et exécutaient séparément devant neuf professeurs, dont la majorité était choisie dans le genre de l'instrument , et le complément parmi ceux qui réunissaient le plus de connaissances relatives. — Choix tics pièces exécutées dans les fêtes publiques. La musique pour les fêtes publiques a toujours été soumise avant l' exécution . soil à f administration de police, soit à celle des travaux publics, commune de Paris, dans les premières fêtes civiques, soit au Comité de salut public, depuis le mois de germinal jusqu'au 9 thermidor, soil enfin au Comité d'instruction publique ou à la Commission d'instruction publique depuis le 9 thermidor. Des décrets de la Convention nationale ont parfois désigné les auteurs.
Lorsque la Musique de la garde nationale ou l'Institut recevaient des poèmes des autorités ci-dessus dénommées, L'administration confiait la composition de la musique à Gossec, à Méhul. à Lesueur, à Chernbini.
' \u surplus, c'est l'amour des arts et le patriotisme, qui depuis cinq années ont dirigé le marché de l'Institut; ce sont ses membres qui ont osé célébrer les premières fêtes civiques. Sans organisation . l'Institut a soutenu l'art de la musique abandonnée, il a consacré tous ses moyens à l'exécution des fêtes nationales, toutes ont dû leur éclat à la musique.
Enfin, les résultats prouvent incontestablement que tontes les mesures employées par l'Institut ont été bonnes. Le principal est la réunion la plus complète des meilleurs artistes en tous genres formant actuellement l'Institut national, dont la souche n'était, au 1 4 juillet 1789, que les débris du corps de musique du régiment des gardes françaises. i\ot\. Tous les autres éclaircissements peuvent se trouver dans le compte rendu par l'Institut à la Commission de
l'instruction publique, le 9 frimaire, et nous observerons crue l'administration de l'Institut n'administre l'association des artistes musiciens qui est une maison de commerce indépendante de l'Institut. Les Administrateurs de l'Institut national de musique :
Gossec. Chéri bixi. Pagniez, Sarrette, Frédéric Duyernoï, Mehdl, Devienne, Delcambre.
Pour copie conforme : Gingcenk.
[Arch. nat., F'7, 1068.]
CÇIV. PROJET D'ORGANISATION DE L'INSTITUT NATIONAL DE MUSIQUE DONT L'ÉTABLISSEMENT A ETE DÉCRÈTE PAR LA
CONVENTION NATIONALE. PROPOSE UX COMITES DE SALIT PUBLIC ET DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE , PAR LA REUNION DES VRTISTES MUSICIENS DE LA GARDE NATIONALE PARISIENNE.
Cet établissement, considéré sous deux rapports : instruction publique et exécution dans les fêtes publiques nationales el concerts pour le peuple, est composé :
D'une administration chargée de la police générale de l'Institut, de l'ordonnance du service des fêtes nationales, de l'ordonnance des concerts pour le peuple, de l'exécution des lois et arrêtés relatifs à l'Institut. Cette administration est formée par des membres pris dans le sein de l'Institut et nommés par lui; elle est d'ailleurs subordonnée à la surveillance immédiate de la Commission d'instruction publique.
lin secrétaire, un maître de musique compositeur el quatre adjoints compositeurs, chargés de la surveillance de l'enseignement;
Un premier clarinette conduisant l'orchestre, ia4 musiciens professeurs , \\\\ bibliothécaire , un copiste.
Sous le l'apport de l'instruction publique, l'institul se divise en h sections principales, savoir :
Section 1"' : Solfège, sous la surveillance d'un adjoint compositeur. Celte section se divise en théorie raisonnée et pratique, démontrée en 18 classes dans chacune desquelles sont instruits 10 élèves. Nombre des professeurs et des classes : 18: des (-lèves : 180.
Section 2e : Instruments, sous la surveillance d'un adjoint compositeur el du premier clarinette chargé de la conduite des répétitions de cette section. La section des instruments se divise par genre et nature d'instrument, soit à vent, suit ii cordes, en 97 classes, savoir : Flutte : 8 professeurs et classes, .'là élèves; clarinette : 26 professeurs, 10/i élèves; hautbois : o professeurs, 2^1 élèves: cor 1" : 6 professeurs, 2^1 élèves: cor 2' : (5 professeurs, 2/1 élèves; trompette : h professeurs, 16 élèves; buccini : 1 professeur, h élèves: trombone : 1 professeur, k élèves; basson : 18 professeurs. 79 ('lèves; serpent • 6 professeurs. 9^1 («lèves; rontrebasson : 1 professeur, h élèves; instruments militaires tels que cimbales, tambour, grosse caisse, etc. : t professeur. 19 élèves; violon : h professeurs, 32 élèves; basse : 3 professeurs. •>.'i élèves; contrebasse : 1 professeur. 8 ('-lèves: clavecin : h professeurs, 3g élèves.
Section 3e : Chant, sous la surveillance d'un adjoint compositeur: cette section se divise en vocalisation (3 professeurs et classes, 3o élèves), chant simple (3 professeurs et classes, 2'i élèves) el chant déclamé {'S professeurs et classes. 1 8 élèves).
Section 4" : Composition , sous la direction du maître de musique compositeur et sous la surveillance d'un adjoint compositeur. Cette section se divise en cours de théorie, de pratique el d'accompagnement. Le cours de théorie forme une classe professée par le maître de musique. Le cours de pratique est professé par 3 adjoints compositeurs donnant aux élèves des programmes en différents genres, el faisant dans leur démonstration l'application des principes du cours de théorie. Le cours d'accompagnement est professé par un adjoint compositeur; dans cette classe, 8 à 10 élèves