‹ Le Contrôle de la guérison des blennorragiesChapitre 8 sur 43 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ce n’est pas seulement animé de l'esprit scientifique que nous avons conduit notre travail, mai. enflammé de l’idée, depuis longtemps mürie, qu'il nous fallait être un soldat, fût-ce le plus humble, dans la croisade qu’a prèchée NŒGGERATH le précurseur contre l’« ennemi latent, cent fois plus terrible que la syphilis ».

Trop peu lont suivi, et les faits sont là pourtant, traduits en statistiques d’une éloquence tragique :

75 hommes adultes sur 100 ont été contagionnés (Morrow. 137):

De 60 à 80 pour 100 de ces individus présumés guéris sont encore porteurs de germes gonococciques (LEBRETON, 98).

Sur 1000 hommes mariés, 800 sont capables d’inoculer leur compagne (NŒGGERATH, 141).

90 pour 100 des femmes mariées à des sujets blennorragiens sont contaminées : 49 pour 100 d’entre elles restent stériles ; (NŒGGERATH) 49 pour 100 selon NEISSER.

Sur 310 femmes mariées depuis plus d’un an, sans grossesse, 235 sont unies à d'anciens blennorragiens, 210 sont infectées (VEDELER, 182).

80 pour 100 des cas gynécologiques dépendent de la blennorragie; «les neuf dixièmes des cas de cette affection existent dispersés dans toutes les classes sociales en dehors des mauvais lieux » et c'est la maladie la plus commune des femmes mariées. (HoLLiDAY, 72).

Nous avons éntassé les résultats brutaux de toutes ces statistiques pour bien montrer qu'il est indispensable, non seu-

1° Les numéros qui suivent les noms d'auteurs renvoient à l'index bibliographique.

RCE LES

lement de connaître toutes les épreuves de guérison de la blennorragie, mais encore de les faire subir aux malades, depuis la plus vulgaire jusqu’à la plus scientifique.

JULLIEN écrivait (86) : « J’ai toujours pensé que les mariages dangereux tenaient beaucoup plus au laisser faire des médecins qu’à l’opiniâtreté coupable des jeunes gens destinés à en devenir les premières victimes ». Certains ont trouvé exagérés les chiffres cités plus haut. Le seraient-ils, il n'importe. fl vaut mieux que certains médecins se montrent trop sévères, alors que d’autres ne le sont pas assez, et écrivent des phrases semblables à celle-ci : « [1 faut tout d’abord expliquer et faire comprendre aux malades que leur affection est peu grave, surtout qu’ils ne sont pas trop contagieux, que les filaments représentent gour nous une forme de guérison ou tout au moins un pas vers la guérison... (CATHELIN, 27).

Si Ricorp redoutait de rencontrer au paradis les blennorragiens qu’il n'avait pu guérir, les médecins sceptiques, insouciants ou mal informés ne devraient-ils pas craindre d’être escortés aux Enfers par la troupe gémissante des jeunes femmes qu'ils ont condamnées à la souffrance, à la stérilité ou même à la mort?

Nous ne nous illusionnons pas sur la portée de notre travail: il en faudra beaucoup d’autres, issus d'auteurs plus autorisés, pour arrêter enfin le massacre des innocentes. Bientôt, appliquant les idées que nous avons exprimées ici, nous serons trop bien payé de nos peines si nous parvenons à réaliser quelques sauvetages, et nous apporterons pour nous aider dans cette tâche, à défaut d’une grande érudition, une ferme et ardente convi-tion.

Définitions et plan.

Avant de permettre à un blennorragien présumé guéri de reprendre la vie normale et de se marier, il faut contrôler sa guérison. Nous allons passer en revue, en les considérant surtout d’un point de vue pratique, les différents moyens d'investigation qui sont à la disposition du médecin.

Nous nous occuperons spécialement des infections chroniques et latentes de l’urètre masculin et de ses annexes : elles constituent la plus grande part des cas observés en clientèle si nous n'insistons pas sur les gonococcies aiguës arrivées à leur période terminale, c’est que toutes les mêmes épreuves leur sont applicables, et plus aisément.

Une blennorragie est guérie quand :

19 Il n’v a plus de symptômes, subjectifs et objectifs, indiquant l’existence d’un foyer.

29 Quand l'agent causal de la maladie a disparu.

En d’autres termes, il y a une guérison clinique et une guérison bactériologique.

Partant de ces définitions, nous diviserons notre exposé en deux parties :

La première sera consacrée aux méthodes chniques de con trôle de la guérison ;

La deuxième traitera des examens de laboratoire, bactériologiques et biologiques.

Enfin, ayant choisi les meilleures parmi les épreuves étudiées, nous nous efforcerons de fixer la marche à suivre pour arriver à la certitude, autant qu'il est possible en médecine,

PRÉMIÈRE PARTIE

Contrôle de la guérison par l’examen clinique

Nous allons décrire l'examen d’un malade inconnu par l’urologiste à qui il est venu demander s’il peut se marier. La méthode sera la même pour un sujet déjà suivi, avec cette dif-

. férence que l’opérateur, possédant d'avance beaucoup de renseignements et pouvant juger par comparaison, aura une tâche plus facile.

Cette étude comportera les paragraphes suivants :

Paragraphe 1: Interrogatoire.

— 2: Inspection.

— 3 Examen des urines.

— 4: Palpation et cathétérisme explorateur.

—- 4: Toucher rectal, expression

prostato-vésiculaire.

— 6: Examen endoscopique.

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