‹ Le Contrôle électroencéphalographique des Anesthésies générales de longue durée en Chirurgie thoraciqueChapitre 51 sur 65 · V. - Tracé de réveil · texte numérisé non relu

V. - Tracé de réveil

Si l'opéré va très bien, ce tracé est absolument semblable au tracé de la période préanesthésique {cf. Tableau Il, fig. 3).

Les anesthésiques employés soit par voie intraveineuse, soit par inhalation déterminent des modifications électriques différentes selon le degré de saturation des cellules nerveuses par ceux-ci.

— Action du nesdonal.

Quel que soit le rythme de base initial des sujets, le nesdonal injecté à une dose très diluée tel qu'on l'emploie pour les narco-

analyses, provoque l'apparition de rythmes rapides autour de

14-16 c/s. Ces rythmes semblent apparaître en frontal d'abord avec une courte précession, et ceux-ci persistent pendant toute la durée de la narco-analyse #1 l'on poursuit l'injection à la même cadence. Le passage progressif de la phase consciente à une période où le malade ne répond plus aux questions ne s'accompagne pas de changements de rythmes particuliers. ù

Le nesdonal injecté selon la méthode employée en chirurgie provoque l'apparition de pointes à 12-14 c/s dans toutes les dérivations (cf. Tableau |). Cette période est d'autant plus courte que le nesdonal est injecté plus rapidement. De même, la période des ondes lentes et l'importance des phases de suppression semblent liées à la dose et à la vitesse d'injection du nesdonal. Après la période des ondes lentes et des phases de suppression, les rythmes se réorganisent dans l'ordre inverse pour constituer une activité

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autour de 10-12 c/s. Dans les interventions où seul le nesdonal a été employé, nous avons constaté la longue persistance de cette activité.

— Action du protoxyde d'azote.

De même, le protoxyde d'azote à un taux très faible provoque l'apparition de rythmes plus rapides autour de 14-16 c/s. Cette activité électrique prédomine d'abord en frontal pour envahir ensuite toutes les dérivations peu de temps après (cf. Tableau lil). L'administration de protoxyde à un taux voisin de 100 % détermine l'apparition d'ondes lentes dans toutes les dérivations (cf. Tableau ||). |

De même, l'inhalation de gaz anesthésiques tels que éther, trilène où cyclopropane s'accompagne de rythmes très rapides et lorsque le taux augmente, on observe des oñdes plus ou moins lentes selon les anesthésiques [cf. Tableau IV).

Du point de vue électrique, l'aspect de nos tracés et les con-’ clusions que nous pouvons en tirer, s'accordent parfaitement avec les descriptions faites par les auteurs américains d'uné part, et par Schneider et Woringer, d'autre part.

Mais la détermination de stades cliniques précis de l'anesthésie correspondant à des aspects électriques spécifiques, tels que les ont décrits Courtin, Bickford et Faulconner dans une anesthésie progressive à l'éther, n'est pas possible avec le nesdonal. En effet, cet anesthésique starter puissant, employé à cette dose et à cette vitesse d'injection, plonge le malade en quelques secondes

à un stade avancé de l'anesthésie.

D'ailleurs, l'anesthésiste ne suit pas l'enchaînement progressif des différents stades, cela lui est impossible étant donné leurs successions très rapides. Et comme l'on ne peut pas savoir exactement à quel moment le malade est suffisamment imprégné de nesdonal pour pratiquer une intubation sans danger, on recherche toujours la dose provoquant l'apnée.

Or, nous pensons, avec les auteurs français et américains, que la période de suppression concomitante de l'apnée est néfaste pour l'organisme et doit vraisemblablement représenter un surdosage anesthésique.

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TABLEAU Ne III Ces. deux figures représentent deux aspects du tracé E.E.G. selon: le pourcentage de Protoxyde d'azote inhalé. Les rythmes rapides de la figure {1} se transforment en ondes lentes de la figure (2)

lorsqu'on élève le taux de 50 à 100 %..

Sur la figure (2] on remarque la rapidité de l'action de l'oxygène qui provoque en b secondes un changement de rythmes complet.

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Ces deux figures représentent maintenant l'aspect du tracé E.E.G. selon le pourcentage d'Ether inhalé. Sur la figure (1) on remarque des rythmes très rapides semblables à ceux dus au Protoxyde

d'azote, au Trilène ou au Cyclopropane.

La figure (2) donne une idée de l'activité cérébrale au cours d'une narcose à l'éther.

Les tracés des tableaux Il et IV proviennent du laboratoire E.E.G. du Dr Schneider (Colmar).

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Mais grâce à l'E.E.G., nous pouvons l'éviter: en suivant le développement des ondes lentes précédant la phase de suppression et la période d'apnée, nous pouvons déterminer la dose de nesdonal strictement nécessaire pour pratiquer l'intubation.

D'autre part, au cours de l'anesthésie au protoxyde d'azote, qui dure en moyenne 2 à 3 heures, il est important de connaître la qualité de celle-ci. Le protoxyde est un anesthésique faible et un taux de 40 à 60 %, maintient le malade à un stade très proche. du réveil. De plus, les signes cliniques correspondant à la période de transition entre un sommeil léger et le réveil sont difficiles à observer. A l'opposé, le surdosage de protoxyde, lié à l'état du malade, ne provoque que tardivement des signes cliniques facilement décelables.

Même au cours d'une anesthésie bien conduite il existe donc de grandes oscillations de la narcose avec des phases de sommeil anesthésique très superficiel pendant lesquels certaines manœuvres chirurgicales ne sont pas sans danger.

Mais le tracé E.E.G. très sensible à l'action et aux différences de pourcentage du protoxyde d'azote nous apporte le moyen de maintenir l'anesthésie à un niveau constant et nous permet de prévenir à temos l'anesthésiste d'un réveil inopportun de son malade.

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