LUCIENNE, GODEFROID
GODEFROID, saluant.
Madame!...
LUCIENNE
Monsieur !...
GODEFROID, d'un ton légèrement irrité, agressif.
C'est à M.Montpépin, que je désire parler.
LUCIENNE
Mon père n'est pas ici, monsieur...
GODEFROID
Ahl C'est regrettable.
Mais... ne puis-je le remplacer ?
Elle lui fait signe de s'asseoir.
GODEFROID, s'asseyant.
Je l'ignore, madame 1... Je viens demander à M. Montpépin l'explication de certains faits, qui m'étonnent; je viens exiger de lui la clef d'une énigme, qui commence à m'agacer singulièrement.
LUCIENNE
Je ne comprends pas.
GODEFROID
C'est bien M. Montpépin, qui est allé, cet aprèsmidi, à la compagnie des wagons-lits?
LUCIENNE
En effet.
GODEFROID
C'est bien lui, qui a vu M. Labordave, notre chef de l'exploitation, et qui lui a laissé cette carte : « Aristide Montpépin, 44, rue des Acacias, à Auteuil?... »
LUCIENNE
Oui, monsieur.
GODEFROID
Alors, madame, pourriez-vous me dire pourquoi M. Montpépin s'est présenté comme étant mon beaupère, à moi, qui ne suis pas marié ?
LUCIENNE, embarrassée.
Mon Dieu, monsieur...
GODEFROID
Pourquoi il a donné sur mon compte un tas de détails, absolument faux, du reste? Pourquoi il a invité un monsieur à venir me voir ici, chez lui, à Auteuil... quand, moi, je demeure à Montmartre?...
LUCIENNE
Je crois, monsieur, qu'il n'y a dans tout ceci qu'une erreur bien simple et bien excusable...
GODEFROID
Vraiment?
LUC! ENNE
Elle provient d'une similitude de noms. Mon mari est, comme vous, monsieur, contrôleur des wagonslits et...