ACTE DEUXIEME
GODEFROID
Le conducteur du train, où tu as embrassé une d ame, avant-hier. . .
Hein ?
GODEFROID
En revenant de Nancy, avec moi !
GEORGES, à part.
Il a de l'aplomb !...
GODEFROID
Oh! Inutile de nier!.. Je viens de tout avouera M. Labordave : je n'ai pas envie de perdre ma place pour toi!...
LABORDAVE.
Non, j'expliquerai l'erreur ; je m'en charge!..
GODEFROID
Ah!.. Quand on m'y reprendra à voyager avec toi!...
GEORGES, à part.
Et ne pouvoir rien dire!...
LABORDAVE.
Allons!.. Pardonnez-lui!...
GODEFROID
Non!... Je suis indigné!... Embrasser une femme, qu'on ne connaît pas... quand on en aime une autre! .. Car il en aime une autre !..
GEORGES, regardant, inquiet, autour de lui
Mais tais-toi!... Ce n'est pas la peine de crier si fort!. .
Il n'y a pas de mal à cela, cher monsieur ; et je
vous souhaite sincèrement d'être aussi heureux en ménage que votre frère.
GEORGES
Aussi heureux?...
LABORDAVE.
Quand je suis entré, je les ai surpris, sa femme et lui,, qui couraient l'un après l'autre., connue de jeunes amoureux !
GEORGES, mécontent.
Ah!.. Vraiment?.. Ils couraient?
GODEFROID
Oui, nous courions! Ça t'étonne?..
GEORGES
Non, non! (a part.) Paraît que ça marche!... Ah!... mais... J'en ai assez de ces manières-là, j'en ai assez!...
LUCIENNE, entrant du fond, gauche.
Mon père vous attend, monsieur; si vous voulez bien me suivre?...
LABORDAVE.
Tout à vos ordres, madame!...
Il sort avec elle, par lo fond, à gaucho..