‹ Le controleur des wagons-lits; comédie en trois actesChapitre 9 sur 112 · ACTE PREMIER H · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER H

LUCIENNE

Comment?

MADAME MONTPÉPIN, ironique.

Autre chose, maintenant!...

MONTPÉPIN.

Du temps de ce pauvre Clodomir, ton. premier, tu te montrais yerveuse, coquette, fringante!... Avec Godefroid, tu te laisses aller, tu te négliges...

LUCIENNE

Mais, papa...

MONTPÉPIN.

Tu manques d'éclat, de montant, de froufrou, de

chic!...

Heureusement que nous avons du temps à perdre !..

MONTPÉPIN.

Mais tais-toi, Phryné!... (a Lucienne.) Sais-tu quel est le plus grand ennemi de l'amour? C'est l'habitude!

MADAME MONTPÉPIN.

L'habitude de quoi?

MONTPÉPIN.

Pour une femme, vois-tu, conserver un mari est autrement difficile que de le conquérir.

MADAME MONTPÉPIN.

Si tu avais plusieurs filles à caser!...

MONTPÉPIN.

Veux-tu te taire, oui ou non ? (a Lucienne.) Les armes de la femme sont la beauté, la grâce, le charme, l'élégance!... Or, en amour, la lutte est continue : on n'a jamais partie gagnée... -et la femme, qui désarme, est perdue!

MADAME MONTPÉPIN, à part.

Quel serin!...

MONTPÉPIN.

Elle doit combattre chaque jour et coucher chaque nuit sur ses positions!...

Si tu dis des indécences, maintenant!..

MONTPÉPIN.

Cette image, empruntée au langage militaire...

MADAME MONTPÉPIN.

Je te défends de tenir à ma fille des propos de corps de garde !

MONTPÉPIN, exaspéré.

Ah! Flûte!... J'y renonce!... Allez donc causer sérieusement, avec une pareille pie-horgne!...

MADAME MONTPÉPIN.

Pie-borgne!...

MONTPÉPIN.

Tu ne comprends jamais rien, rien, rien... et il faut que tu te mêles de tout!... (a Lucienne.) Enfin, ma fille, je t'ai avertie, je t'ai prévenue... fais-en ton profit!... Tiens!... Jadis, du temps de Glodomir, tu avais une coiffure, qui fallait à merveille...

LUCIENNE

Elle me prenait une heure, chaque matin.

MONTPÉPIN.

Ce n'était pas du temps perdu!... Aujourd'hui, tu te coiffes en deux minutes, au petit bonheui !... Si tu crois que tu y gagnes!... C'est comme la toilette; tu en changeais souvent, peut-être trop!... Maintenant,

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