août 1791 (p. 180, 2 Reg. du club
Jeanbon aurait voulu que ces opérations fussent retardées; le 12 août, il avait insisté au club dans ce sens et cherché à faire peser sur l'administration du département par la société, un de ses partisans réitérait, le 21, cette proposition, vu « la circonstance orageuse », disait-il ‘. Nous avons dans ces quelques mots la raison des appréhensions de Jeanbon Saint-André, il craignait que les électeurs ne fussent impressionnés par l'affaire du Champ de Mars et la réaction qui avait suivi contre les démocrates. Il n’obtint pas le délai demandé; le 25 août, les électeurs arrivèrent à Cahors ?.
Le Lot avait dix députés à élire, il était de toute probabilité que Cahors, le chef-lieu, et le Haut-Quercy qui occupait les deux tiers du département, prétendraient disposer du plus grand nombre des sièges, tandis que les électeurs de Montauban et des petites villes du Bas Quercy réclameraient pour eux-mêmes. Montauban, dépouillée en 1790 de la primauté au profit de Cahors, jalousait extrêmement son heureuse rivale et ne voulait pas abdiquer ce qui lui restait d'influence. Elle avait déjà un candidal, et un candidat qui s’imposait, M. Dupuy-Montbrun. Colonel de la garde nationale au 10 mai, il avait failli être enveloppé dans le massacre, était allé ensuite en dénoncer les auteurs à Paris, s'était montré aux Jacobins * et occupait une situation incontestée. Mais Jeanbon se présentait à côté de lui comme deuxième candidat, il était patronné par le club de Montauban, il avait affirmé, dès le 3 avril, sa candidature contre le haut commerce montalbanais, s'était fait nommer électeur au lendemain du jour où il avait triomphé dans le club des hauts bourgeois, et soutenait qu’un tondeur de draps valait autant qu’un fabricant *. Or, les électeurs envoyés par Montauban à Cahors appartenaient surtout à la bourgeoisie : allaient-ils voter pour Jeanbon malgré son attitude à ieur égard ou reporter leurs voix sur un candidat de Cahors? Il