SA CANDIDATURE A LA LÉGISLATIVE 107 < L
semble qu’ils aient pris ce dernier parti et choisi, pour l’opposer à notre pasteur, Pierre Ramel, né à Cahors en 1761, avocat, puis procureur général syndic de l'administration départementale ‘, frère de Jean-Pierre Ramel, le futur commandant de la garde des Cinq- -Cents au 18 fructidor. Les papiers de Ramel sont aujourd’hui perdus, mais érudit quercynois bien connu, M. Greil, nous a communiqué l’épréuve d'une notice biographique faite par la famille de Ramel en 1856 pour. le Mémorial Historique, et c’est cette notice, en l’espèce le document le plus probant, qui désigne Ramel comme le candidat opposé à Saint-André par les adversaires des démocrates ?.
Un incident avait, dès les premiers jours du mois d'août, aigri les esprits, un pamphlet anonyme avait été répandu à profusion contre Ramel sous le titre de « Adresse aux citoyens du département du Lot », le procureur général syndic y était accusé de s’être entendu dans les mois de mars et avril précédents avec une compagnie de spéculateurs fondée pour l'acquisition des biens nationaux, il se serait engagé à favoriser les achats de cette société dans le département du Lot moyennant un huitième des bénéfices *. La compagnie avait effectivement fait à Ramel des offres dans ce sens, mais le procureur général syndic avait mis de suite la commune de Cahors au courant de l'affaire et transcrit sur les registres municipaux tous les documents la concernant ‘; d’ailleurs, le 19 avril, la négociation avait été rompue . Ce pamphlet était donc une odieuse manœuvre, il venait, semble-t-il, après des tentatives de violences contre Ramelf, il indigna le Conseil général de la commune de Cahors qui, le 5 août, y répondit par une réfutation solennelle et le dénonça au mépris de tous les corps administratifs et clubs patriotiques du département, ainsi qu’à
laccusateur public *. Ramel l’aftribua à ses ennemis et à « partie du
département du Lot $ » : la partie du département du Lot hoslile aux administrateurs de Cahors était évidemment Montauban. Peut-
1. « Pierre Ramel, né à Cahors en 1761, avocat au Parlement de Toulouse, puis . membre des assemblées provinciales du Quercy, procureur-général syndie, député à la Législative en 1791 » (Mémorial historique, notice donnée par la famille de Ramel, collect. Greil à Cahors). Nous retrouverons Ramel.
2, « Dans les comices du Lot le concurrent, soutenu par le parti démagogique, était Jeanbon Saint-André successivement négociant, ministre protestant, homme de loi » (ibid.). Voy. plus loin la lettre très sèche écrite par le club de Montauban à Ramel.